Facebook a indiqué mardi que sa “Cour suprême”, qui aura le dernier mot dans les litiges concernant la suppression de contenus problématiques, devrait être opérationnelle dans les mois à venir, et serait dirigée par un Britannique activiste des droits humains.

Le réseau social a assuré, dans un billet de blog, que ce comité serait indépendant, et déciderait de supprimer des contenus ou de les laisser en ligne sur Facebook et Instagram.

Il sera dirigé par Thomas Hughes, ancien directeur exécutif d’Article 19, une organisation de défense des libertés.

Facebook avait publié en septembre sa charte pour ce comité de surveillance.

Les statuts, publiés mardi, donnent au public un délai de 15 jours pour lui adresser une réclamation concernant les publications supprimées de Facebook ou Instagram, à condition d’avoir épuisé tous les autres appels.

La décision du comité interviendra dans les 90 jours, et Facebook devra agir en conséquence.

“Compte tenu du nombre important de décisions prises par Facebook, ainsi que du temps nécessaire pour étudier chaque cas, nous attendons du comité qu’il choisisse ceux qui sont les plus susceptibles de guider Facebook dans ses futures décisions et politiques”, a commenté le réseau social californien.

Le comité se concentrera initialement sur les litiges liés à du contenu supprimé, avant d’élargir son action aux plaintes qui concernent les publications controversées autorisées à rester sur la plateforme, selon Facebook.

Le comité comptera jusqu’à 40 membres chargés d’examiner les appels dans un panel dirigé par trois coprésidents.

Les trois premiers coprésidents seront nommés par Facebook, par le conseil d’administration et les administrateurs du panel.

L’idée d’un conseil de surveillance, sorte de “Cour suprême” composée de personnalités indépendantes, avait été évoquée par le patron de Facebook Mark Zuckerberg en avril 2018, et devait initialement être mise en place fin 2019.

Facebook multiplie les initiatives pour restaurer la confiance des autorités et de ses utilisateurs après une série de scandales liés à des contenus haineux ou des campagnes de désinformation.

Le réseau social, utilisé par plus de 2 milliards de personnes dans le monde, cherche à empêcher la publication et le partage d’articles et d’images considérés comme inappropriés selon sa propre charte, tout en prenant garde à respecter la liberté d’expression.

Il a ainsi récemment confirmé que les publicités politiques, même mensongères, ne seraient pas censurées, s’attirant une nouvelle salve de condamnations en pleine campagne présidentielle américaine.