Après la version PC sortie en juin, le studio hongrois Neocore en collaboration avec Bigben Interactive nous livre cette fois la version consoles de son hack’n slash prenant place dans l’univers culte de Warhammer 40.000. Pour les non-initiés, Warhammer 40.000 est à l’origine un jeu de plateau avec figurines (à peindre soi-même) produit par Games Workshop situé dans un monde dystopique voguant entre science-fiction et fantasy. Un univers riche qui a engendré depuis les années 90 de nombreux jeux vidéo, allant du pur titre de stratégie en temps réel au jeu de tir en vue subjective, en passant par le jeu massivement multijoueur à la troisième personne. Une fois n’est pas coutume, il s’agit cette fois d’un hack’n slash dans le plus pur style Diablo qui nous est proposé. La purification au forceps Cet action-RPG en “monde ouvert” (on y reviendra) prend place durant le 41ème millénaire et plonge le joueur dans le secteur de Caligari, une zone spatiale infestée par le Chaos. Dans la peau d’un Inquisiteur (au choix : le Croisé aux attaques à distance, l’Assassin spécialiste du corps à corps ou le bourrin Psyker), vous devez alors explorer plusieurs planètes dans le but ultime de purifier les démons, en accomplissant ainsi la volonté de l’Empereur. Et quand on parle de purifier, il faut entendre par là exploser des créatures en mille morceaux. Le titre ne fait en effet pas dans la dentelle et enfile les massacres comme des perles. L’environnement est sombre, les décors sont parsemés de fluides et autres substances organiques peu ragoutantes et votre avatar fait couler le sang plutôt que d’apporter la bonne parole. La forteresse/monastère que l’on explore dans le mode solo s’apparente d’ailleurs plus à une boucherie qu’à un lieu de recueillement. On pourra néanmoins y trouver de nombreuses informations sur l’univers Warhammer, le titre étant respectueux dans son imagerie gothique et assez généreux pour étoffer le lore. Warhammer 40.000 martyrs Voilà donc le décor et les intentions plantées. Dans les faits, malheureusement, Warhammer 40.000 : Inquisitor – Martyr va faire souffrir le joueur (le titre à rallonge nous avait prévenu, pourtant). Le gameplay, tout d’abord, peine à convaincre à cause d’un ciblage des ennemis très aléatoire. Selon la position de la caméra, on se retrouve en effet régulièrement à attaquer la mauvaise cible, ce qui est surtout gênant lors des affrontements de boss, toujours entourés de multiples créatures. Majoritairement, on passe son temps à pianoter sans cesse sur les boutons d’attaques et d’aptitudes spéciales offertes par l’équipement. C’est en effet ce dernier qui définit les coups et il faudra donc passer du temps dans l’inventaire avant de se lancer dans une mission. Malheureusement, les menus manquent de clarté et sont incroyablement monotones, ce qui ne donne franchement pas envie d’y traîner, d’autant que les objets obtenus, même si ils sont très nombreux, ont tendance à tous se ressembler au bout d’un moment. Ce sentiment de répétitivité se ressent d’ailleurs également dans le bestiaire et les différentes missions à effectuer (se faire un chemin entre les créatures pour trouver des indices, repousser des vagues d’ennemis consécutives, libérer des otages et…c’est à-peu-près tout). On enchaîne tout cela assez nonchalamment dans le but d’obtenir un peu d’XP nécessaire pour faire sensiblement évoluer son personnage. Neocore, à qui l’on doit pour rappel l’autre hack’n slash un peu mou du genou Van Helsing, a eu la bonne idée d’ajouter un système de couverture pour tenter d’apporter de la diversité à son titre mais, hélas, celui-ci n’est pas toujours très efficace et l’approche violente sera la plupart du temps à privilégier. Pour l’aspect tactique on repassera donc, le joueur devant se contenter de choisir entre les attaques à distance ou le corps à corps, voire la fuite. Le Diablo-dislike Massacre de hordes de démons, loot en pagaille et personnalisation à gogo, Warhammer 40.000 : Inquisitor – Martyr s’inspire de Diablo 3 et d’autres cadors du genre hack’n slash, mais le fait sans panache, et même de manière un peu bâclée. Tandis que le mode solo embarque des niveaux linéaires, les autres modes (dont de la coopération en ligne et en local) bénéficient de niveaux générés aléatoirement. Mais ne vous y trompez pas : la sensation de redite reste là aussi prégnante et la mention de « monde ouvert type bac à sable » s’apparente in fine à un honteux mensonge marketing. Le titre s’avère en réalité assez dirigiste, demandant d’accomplir dans chaque niveau un objectif principal (et parfois un ou deux secondaires) avant de retourner au vaisseau-bercail. La seule « liberté » pour le joueur est en fait de pouvoir naviguer entre les différentes planètes pour choisir ses quêtes. Pour couronner le tour, il faudra également passer outre des ralentissements omniprésents lorsque les ennemis sont trop nombreux à l’écran. Vraiment pas l’idéal quand on a le statut de hack’n slash. Conclusion Hormis l’univers Warhammer qui fera persévérer les plus fans jusqu’au bout du titre, on voit mal comment les amateurs de hack’n slash trouveront ici leur bonheur. Diablo-like sans originalité, Warhammer 40.000 : Inquisitor – Martyr est d’une monotonie et d’une répétitivité absolues. Promettant un monde ouvert de type bac à sable, il lance même une sacrée dose de poudre aux yeux à ses joueurs puisqu’il s’avère au final très linéaire. Enfin, les nombreux bugs et ralentissements lorsque les ennemis envahissent l’écran auront raison des plus indulgents. Un véritable rendez-vous manqué pour la saga Warhammer.