Montres, bracelets, lunettes, parapluies, valises, tous ces objets sont désormais, comme nous, connectés. Simples accessoires de mode ou vraie utilité ?

Crédit photo: Belga
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Il y a quelques semaines, Barcelone accueillait le traditionnel rendez-vous annuel des fans de technologie, le Mobile World Congress.

Alors que l’on s’attendait surtout à pléthore d’annonces concernant les nouveaux smartphones à ne pas rater, on a également pu y découvrir une masse d’objets dits “connectés”, et principalement des bracelets. Chaque constructeur y est allé de son gadget. Moto 360 pour la firme américaine ou encore Huawei Watch pour les Chinois, les modèles ne manquent pas.

Plus récemment, et parce que chaque marque se doit de concurrencer les autres, Apple a également dévoilé sa nouvelle montre, l’Apple Watch, lors d’une Keynote.

Fait plus surprenant, c’est la probable construction d’une voiture électrique autonome, dont Apple serait le conducteur du projet. Bloomberg a en effet déclaré, citant des sources proches du dossier, que la marque à la pomme aurait affecté une équipe de 200 personnes sur le dossier, et qu’elle serait en train de rechercher des experts de le technologie et du design automobile, afin de commercialiser d’ici 2020 une voiture sans pilote et 100% électrique. Cette information n’a cependant pas encore été confirmée par la firme de Cupertino.

Ayant appris l’information, la firme chinoise AliBaba, connue pour ses services de vente en ligne, a elle aussi annoncé qu’elle souhaitait se lancer dans la production d’une voiture connectée. Cette voiture aura recours aux services du cloud et à l’utilisation des données informatiques, facilitant ainsi la conduite.

Phénomène grandissant

Il est donc clair que, depuis quelques mois, la tendance est au « wearable », ces accessoires devenus gadgets, reliés en permanence à nos téléphones. Outre le côté fashion, ceux-ci ont une autre finalité, variant selon l’objet.

Grâce aux LG G Watch et autre Google Watch, vous connaîtrez vos pulsations cardiaques, le nombre de pas que vous faites chaque jour, ou encore votre tension. Les lunettes, quant à elles, vous permettent de surfer sur internet sans avoir à utiliser un ordinateur. Au cas où vous n’en auriez pas encore assez, voici venu le temps du « tout connecté ».

Si vous partez en vacances, n’hésitez pas à vous procurer la Pluggage ou encore la Bluesmart. Il s’agit de valises connectées qui permettent d’être localisées, afin d’éviter le stress de la perte de bagages.

Plusieurs enjeux

Qui dit technologie dit collecte de données. C’est l’un des objectifs de ces nouveaux accessoires tendances. « Les entreprises commercialisent ces objets avec comme but de pouvoir collecter en temps réel des données sur leurs consommateurs : les déplacements, les achats, états d’âme comme physiques… Ces données servent à cibler ou tracer les consommateurs pour leur proposer des offres marketing toujours au plus près de ce qu’ils font ou ce qu’ils sont. », nous explique Claire Lobet-Maris, professeure de sociologie à l’UNamur.

Ces données sont également partagées entre les utilisateurs eux-mêmes. C’est la tendance du « quantified self », la mesure de soi. Ainsi, les détenteurs de la même application sportive pourront comparer leurs performances et se fixer des challenges personnels. Là aussi, si « l’entre-soi » semble régner, derrière ces systèmes, il y a toute une organisation commerciale qui organise l’exploitation marketing de celles-ci. La donnée est véritablement devenue le nouveau capital de notre économie de l’information.

Mais tous ces systèmes ont comme effets pervers d’entamer un autre capital très précieux pour la vie en société, à savoir l’attention des individus. En effet, « en étant connectés en permanence, on est sans cesse dans l’attente de quelque chose, qu’il s’agisse d’un like sur Facebook ou d’un tweet. C’est un peu comme si on était tous en attente de reconnaissance, d’exister pour quelqu’un, et cela, malheureusement et paradoxalement, fragilise notre capacité d’être attentif ‘humainement’ aux autres et au monde qui nous entourent… », poursuit Claire Lobet-Maris.

Un monde tout connecté ?

Tendance du moment pour certains, nécessités pour d’autres, reste à voir si ceux-ci auront le succès qu’on leur promet, et si nous ne finirons pas par nous retrouver dans un monde où tout est connecté.

Alexandre Demarbre (St.)