La croissance de Facebook se poursuit, tant en nombre d’utilisateurs que de recettes publicitaires, mais lui coûte de plus en plus cher. Le prix d’une vision à long terme, a réaffirmé mercredi son PDG fondateur Mark Zuckerberg.

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«Si nous voulions seulement gagner de l’argent, nous pourrions mettre toute notre énergie à améliorer la publicité pour les gens aux Etats-Unis et dans les autres marchés les plus développés. Mais ce n’est pas la seule chose qui nous intéresse», a-t-il expliqué lors de la traditionnelle téléconférence trimestrielle de présentation des résultats aux analystes.

Il était interrogé sur l’intérêt des diverses initiatives de Facebook pour améliorer l’accès internet dans les zones défavorisées d’Afrique ou d’Asie, qu’il a défendues au nom de sa «mission de connecter le monde».

Cela créera peut-être à long terme «une bonne opportunité de faire des affaires», a-t-il quand même noté. «Quand ces pays seront plus connectés, que leurs économies croîtront (…) avec le temps, nous obtiendrons des compensations», a-t-il assuré.

Le long terme, c’est ce que Facebook met en avant pour justifier ses grosses dépenses de l’an dernier: il a fait des acquisitions (la messagerie mobile WhatsApp pour 22 milliards de dollars et le spécialiste de la réalité virtuelle Oculus pour 2 milliards), embauché (les effectifs ont augmenté de 45% en un an à 9200 salariés) et amélioré ses services de publicité en ligne.

Ce dernier point paye déjà, puisque Facebook s’est adjugé l’an dernier 7,75% des dépenses publicitaires en ligne mondiales, et même 18,4% du marché de la seule publicité destinée aux appareils mobiles, selon la société de recherche eMarketer. Seul le géant internet Google fait mieux, avec respectivement 31,1% et 40,5%.

Facebook souligne avoir dépassé pour la première fois la barre des 3 milliards de dollars de recettes publicitaires trimestrielles, et celle des 2 milliards pour ses seules recettes mobiles.

Quant à WhatsApp, qui vient de dépasser les 700 millions d’utilisateurs, ou à la filiale de partage de photos Instagram, qui pointe à 300 millions, «ils atteindront un niveau où ils contribueront de manière plutôt importante à notre activité», promet Mark Zuckerberg. Qui juge toutefois «important de faire ça bien et de ne pas se précipiter».

Le réseau social en ligne américain Facebook a annoncé mercredi avoir presque doublé son bénéfice net à 2,9 milliards de dollars (2,6 milliards de francs) l’an dernier. Son nombre d’utilisateurs et les revenus tirés de la publicité mobile continuent d’augmenter.

Le chiffre d’affaires a quant à lui bondi de 58% à 12,5 milliards de dollars sur l’ensemble de l’année.

Facebook a vu sa croissance légèrement ralentir au dernier trimestre, avec un bénéfice net en hausse de 34% à 696 millions et des revenus en hausse de «seulement» 49% à 3,9 milliards de dollars, un niveau qui reste légèrement meilleur que les 3,8 milliards attendus.

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