Les autorités belges souhaitent soutenir le développement d’un réseau offrant un point d’accès à 100 mbps sur l’ensemble du territoire à l’horizon 2020. Les 13 mesures prêtent, au mieux, à sourire.

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Le réseau de fibres de la SNCB

Certes, l’initiative est louable. Le SPF Économie a publié aujourd’hui un « plan national de déploiement du réseau internet à haut et très haut débit » dont l’objectif est de sensibiliser les opérateurs mais également les institutions publiques, les entreprises et les consommateurs  aux bienfaits de connexions directes à l’internet ultra-rapide. Les zones urbaines et développées étant déjà servies, la cible se porte sur les coins ruraux et technologiquement moins favorisés. Toutefois, l’ensemble des mesures dégagées sont, à tout le moins, peu convaincantes.

Dans un premier temps, le service fédéral aimerait inviter l’IBPT à dresser une base de données du très haut débit, un socle pour qu’un comité d’orientation organise une pratique d’échange et de coordination entre les différents niveaux de pouvoir public et les opérateurs. Des groupes de réflexion seront mis sur pied et une conférence annuelle fera le point sur l’avancement du projet. Un site web récoltera les avis des concernés et des conventions cadre seront rédigées pour déterminer le taux de couverture à atteindre.

Après cette usine à gaz, le SPF imagine le recours à des technologies alternatives telles que la 4G pour les zones réellement reculées. Sachant qu’une clause de la licence LTE attribuée à Mobistar force l’entreprise à privilégier une série de communes rurales, ce point semble déjà réglé et donc tout à fait caduque. Qui plus est, ses concurrents Proximus et Base affichent régulièrement la volonté de couvrir toute la population en 4G le plus rapidement possible.

S’ensuivent ensuite l’élaboration de guides pratiques, l’installation de guichets uniques, l’édition d’informations auprès des acteurs concernés et une coordination améliorée des travaux nécessaires.

Le caractère le plus ubuesque de ce plan vient certainement du fait que les treize mesures ont été concoctées sur base d’une étude de marché qui établit la Belgique à la seconde place des pays européens pour le taux de couverture du très haut débit. Fin 2012, plus de 95% des foyers disposaient du loisir à se connecter à internet à 30 mbps ou plus. Il reste certainement des points noirs mais les quelques soucis de couverture peuvent se résoudre à l’aide d’une licence contraignante, à l’instar de ce que l’IBPT a produit pour la 4G.

La fibre connectée à la maison est également un projet en cours de développement chez les opérateurs avec un objectif commercial dans les prochains mois. Mais, finalement, pourquoi rédiger un tel plan national alors que les réseaux présents à Bruxelles et en Wallonie appartiennent à des entreprises dont l’actionnariat est public ? Les conseils d’administration de Belgacom et de Voo (Tecteo) ne peuvent-ils pas simplement insister sur l’importance de couvrir les zones blanches ?

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