Le fabricant allemand de télés haut-de-gamme Loewe joue sa survie

Loewe, le dernier fabricant important de téléviseurs haut-de-gamme allemand, lutte pour sa survie dans un secteur marqué depuis des années par la domination de groupes asiatiques.

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Loewe existera-t-il encore dans un an? “Je me pose la question chaque matin. Pour l’heure, je réponds encore oui“, veut croire le patron du groupe quasi-centenaire Matthias Harsch, interrogé par le magazine Der Spiegel paru lundi.

Mais l’avenir du groupe bavarois est loin d’être assuré et les nuages ne font que s’accumuler sur cette marque pourtant réputée de téléviseurs. Collectionnant les pertes depuis des années, le groupe encore dans le rouge début 2013, a déjà rogné la moitié de son capital.

Mi-juillet, Loewe, créé par deux frères en 1923 à Berlin, a décidé de se mettre à l’abri de ses créanciers en faisant appel à la justice. La procédure lancée, moins radicale qu’un dépôt de bilan, lui permet pendant trois mois d’échapper aux réclamations de ses créanciers tout en laissant sa direction aux manettes, le temps de chercher des investisseurs prêts à mettre de l’argent frais pour relancer le groupe.

Au Spiegel, M. Harsch a affirmé mener des discussions avec des investisseurs en Asie. Il a cité, parmi les partenaires les plus probables, des fabricants de télévisions chinois tels que TCL, Changhong, Skyworth et Hisense.

Ce partenaire “livrerait l’essentiel des composants -les processeurs, les circuits imprimés, les écrans”, a-t-il expliqué.

C’est donc d’Asie que Loewe attend le salut alors que beaucoup de ses maux y trouvent leur origine. Déjà, lors d’une crise précédente, c’est le japonais Sharp qui était venu à sa rescousse, en prenant 30% du capital. Mais, abonné également aux pertes, celui-ci n’est aujourd’hui pas en état d’aider davantage.

Positionné uniquement sur l’équipement haut-de-gamme (téléviseurs, systèmes d’enceintes, lecteurs DVD), Loewe souffre à la fois de la vive concurrence asiatique meilleure marché et d’un marché de l’équipement télé qui commence à saturer, beaucoup de foyers disposant désormais d’une télévision écran plat et n’étant pas forcément prêt à dépenser beaucoup dans un nouvel appareil.

Ce qui pousse Loewe à vouloir se repositionner et développer “une nouvelle stratégie de prix”, pour “proposer à l’avenir des appareils aussi dans l’entrée de gamme du marché premium”.

Les mésaventures de Loewe reflètent l’évolution d’un secteur de la fabrication dé téléviseurs autrefois très florissant en Allemagne mais qui s’est réduit à peau de chagrin.

Seuls rescapés aux côtés de Loewe, les sociétés Metz et Technisat, noms moins connus et petits poucets par rapport à des géants comme Samsung ou Panasonic.

Si la marque existe toujours, Grundig a elle été rachetée il y a quelques années par la maison mère de la marque turque Beko. Telefunken n’est quasiment plus présente dans les téléviseurs et Blaupunkt, ancienne filiale de Bosch et plus connue pour ses autoradios, fabrique en Malaisie.

La guerre des prix est énorme. La compétition a prodigieusement grossi ces dix dernières années, exercée avant tout par les nouveaux fabricants asiatiques. Pendant un temps, on a essayé de compenser par la vente d’écrans toujours plus grands mais c’est clair qu’il y a d’importantes surcapacités sur le marché“, a expliqué récemment dans la presse le patron de Metz, Norbert Kotzbauer, qui mise sur la niche du très haut-de-gamme pour survivre.

Au cours des trois mois à venir, Loewe, dont l’action a fondu de plus de 60% en un an, a l’intention d’accélérer sa restructuration pour se rendre plus attractif. Depuis le début de l’année, le groupe a déjà réduit d’un cinquième ses effectifs, descendus à 800 salariés. Une stratégie que la direction doit défendre devant ses actionnaires lors de son assemblée générale le 31 juillet.

AFP

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