Simplicité et convergence, nouveaux mots-clés de Sony

Pour contrer ses concurrents et redorer son blason, le géant japonais ne promet aucune révolution. Seulement des appareils qui communiquent entre eux. Enfin.

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Sony est en rénovation. Affaiblie par l’affaire du piratage de sa plate-forme de jeu en ligne, bousculée dans son jardin par Samsung et Apple, la marque japonaise cherche, de son propre aveu, “à se réinventer”. Premier acte de cette transformation : le rachat des parts d’Ericsson dans la joint-venture qui unissait auparavant ces deux acteurs. Désormais, les téléphones portables intelligents (smartphones) seront uniquement estampillés “Sony”. De même la plate-forme de téléchargement Curiosity a été rebaptisée “Sony Entertainment Network” pour plus de lisibilité.

Deuxième phase : modifier la perception d’une marque active aussi bien dans le jeu vidéo que dans la télévision, la téléphonie mobile, les caméras, la hi-fi ou le cinéma. Pour relier ces activités entre elles, connectivité et transparence sont les nouveaux maîtres-mots de la communication du constructeur. “J’en ai rêvé, Sony l’a fait… enfin”, serait-on tenté d’écrire. “Les utilisateurs veulent avant tout qu’on simplifie leur vie numérique en leur permettant de partager plus facilement leurs photos, vidéos, expériences de jeu… d’un appareil à l’autre”, souligne David Mignot, responsable de Sony Mobile outre-Quiévrain. “Ils nous demandent que ces actions soient aussi simples qu’un jeu d’enfants.”

Et le management de Sony d’égrener les exemples pour prouver que la marque est bien à la pointe dans cette course à l’intégration entre contenants et contenus. Tandis que les tablettes et les smartphones Xperia permettent de transférer films, son, images, vidéos… sur une télévision Bravia, la nouvelle console portable Vita autorise le joueur à affronter ses amis connectés via une PlayStation. Dans la même veine, la gamme Xperia a adopté les NFC, ces “tags” qui interagissent avec d’autres appareils pour déclencher des actions spécifiques (exemple : j’entre dans la voiture et mon smartphone lance le bluetooth et le GPS). Sur le front des contenus, les deux fers de lance du Sony Entertainment Network sont “Music Unlimited et “Video Unlimited”, deux catalogues qui comptent, selon Sony, parmi les plus étendus du marché du téléchargement légal (tous deux arrivent bientôt en Belgique).

Cette description vous rappelle étrangement celle d’Apple et d’iTunes ? Bien sûr. Et Sony ne cache pas que la marque à la pomme est devenue son plus redoutable concurrent. “Nous avons plusieurs atouts”, commente Philippe Citroën, directeur général de Sony France. “Tout d’abord, nous sommes présents sur les quatre écrans : le smartphone, la tablette, le PC et la télévision. Ensuite, nous avons une forte spécialité dans les jeux vidéos et l’imagerie numérique. Enfin, nous avons un réservoir de contenus, qu’il s’agisse de la musique ou de la vidéo à la demande. Nous offrons de multiples possibilités en fonction du style de vie du consommateur.” Sans oublier que Sony insiste sur l’aspect “ouvert” de sa technologie, qui permet à l’utilisateur de partager ses données avec d’autres terminaux qui ne sont pas nécessairement issus de la gamme du constructeur. Une allusion à peine voilée à Apple et son écosystème plus fermé

Ainsi se positionne le Sony cuvée 2012 : un discours plus humble, moins révolutionnaire et basé sur la promesse qu’enfin, les appareils vont communiquer entre eux pour un plus grand confort d’utilisation. En somme, Sony veut montrer que la convergence fonctionne. La révolution, elle, a déjà eu lieu il y a plus de quinze ans. Elle se nomme Internet et oblige, aujourd’hui, le géant japonais à se réinventer.

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