Le jeu vidéo sur PC a-t-il toujours un avenir?

D’après Microsoft, le PC Gaming n’est pas mort, bien au contraire. Néanmoins, le système est en train d’évoluer et de se diversifier, cherchant son identité propre, avec d’un côté le modèle free-to-play, et de l’autre, le modèle payant. Plus que jamais, le géant de Redmond semble vouloir expérimenter le domaine des jeux téléchargeables, délaissant définitivement le support physique?

Lors du Spring Showcase que Microsoft a tenu à San Francisco, en Californie, nous avons eu l’occasion de parler un peu du PC Gaming avec l’équipe responsable de Microsoft Flight, premier épisode free-to-play de la célèbre série de jeux de simulation aérienne. Il est ressorti de l’interview que Microsoft continue de supporter activement les partenaires avec qui le géant de Redmond s’est engagé à faire des affaires, qu’il s’agisse du studio responsable de Microsoft Flight ou de celui derrière Age of Empires.

Assez étrangement cependant, un seul titre était présenté au Spring Showcase : Microsoft Flight, contre une dizaine de titres Windows Phone et une cinquantaine de jeux Xbox 360. Plus que jamais, nous avons eu l’impression que Microsoft délaissait le PC Gaming pour se consacrer quasi-exclusivement au jeu sur consoles de jeu et smartphones. Lors de notre entretien avec l’Executive Producer de Microsoft Flight, nous avons eu quelques éclaircissements sur la situation. Le responsable en question semblait en tout cas plutôt satisfait de sa relation avec Microsoft Games, précisant que le secteur était en train d’évoluer et de se diversifier, notamment avec l’arrivée massive de titres téléchargeables, free-to-play et bardés de DLC payants. C’est d’ailleurs ce même modèle que Microsoft a choisi pour la plupart de ses dernières productions, qu’il s’agisse d’Age of Empires, qui rencontre un succès plutôt modéré côté téléchargement semble-t-il, mais qui est parvenu à susciter un certain intérêt chez la communauté, ou de Microsoft Flight, qui représente vraisemblablement une nouvelle expérience pour Microsoft. Plus que jamais, Redmond semble tâter le terrain, tenter de nouvelles approches du PC Gaming pour voir si le marché est capable d’évoluer et si Microsoft doit toujours s’y investir ou le délaisser pour les consoles de salon.

Le modèle Free-to-Play à l’essai

Officiellement cependant, tout semble aller pour le mieux. Microsoft apporte un gros support à l’équipe de Microsoft Flight, qui représente certainement la plus grosse tentative du géant de se lancer dans le domaine Free-to-Play, et qui est censé générer de gros revenus grâce aux nombreux DLC prévus. Le titre, qui était lancé la semaine dernière, bénéficie d’une réalisation graphique superbe et offre comme aire de jeu gratuite Hawaii. Pour acquérir de nouvelles aires de jeux, comme l’Alaska, qui représente le premier DLC du jeu, les utilisateurs devront dépenser une poignée d’euros et ainsi de suite, le jeu gagnant toujours plus de contenu au fil des mois. Bien sûr, il va de soi que l’évolution de Microsoft Flight dépendra de son succès, et l’avenir du free-to-play chez Microsoft également. Pour l’heure en tout cas, “Microsoft n’a rien à annoncer.” Quant à Age of Empires, il semblerait que la franchise soit parvenue à changer d’orientation et représente une “expérience réussie” pour Microsoft, qui observe sans doute de très près les résultats de son jeu de stratégie évolutif, le but étant de séduire un public beaucoup plus large, à l’image des jeux de Zynga sur Facebook par exemple. “Rendre Microsoft Flight gratuit faisait partie de la vision de Microsoft de rendre son titre plus populaire auprès d’une nouvelle audience, beaucoup plus large” nous a expliqué l’Executive Producer du jeu. “En théorie, n’importe qui peut télécharger le jeu et l’essayer.

Différentes visions du PC Gaming

Il y a une dizaine d’années, il n’y avait qu’un seul type de business model” nous a expliqué l’Executive Producer de Microsoft Flight, soulignant que depuis, les choses ont beaucoup évolué et le marché est toujours en train de se chercher. “A la fin de la journée, je constate qu’il y a tout de même beaucoup plus de joueurs sur PC que sur n’importe quelle autre plate-forme“, ce qui en fait en théorie un marché beaucoup plus large. “Je pense que le PC Gaming est toujours bien vivant, il s’est juste énormément diversifié”  conclut-il.

Pour ce qui est de Microsoft en tout cas, le support physique sur PC semble dépassé. Cela se voit depuis quelques années dans les supermarchés avec des linéaires de plus en plus petits consacrés au PC Gaming. Le succès de réseaux comme Steam ou d’OnLive aux Etats-Unis donne une nouvelle approche du genre, qui se digitalise de plus en plus.

Outre des prix plus bas, la digitalisation du jeu vidéo apporte également de nouvelles tentatives de faire du business, que cela soit avec du contenu téléchargeable payant, des jeux free-to-play (gratuits) basés sur de la publicité ingame, sur un système d’achat ingame ou sur des abonnements mensuels. Pour l’heure, aucune approche ne semble prendre l’avantage sur les autres, même si le système d’abonnement a déjà gagné ses lettres de noblesse pour les jeux massivement multijoueur et l’achat in-app pour les titres jouables depuis un navigateur. Le marché reste donc ouvert aux nouveautés et très loin d’avoir atteint la maturité qu’on comptait apercevoir à l’aube de 2010.

La digitalisation comme seule solution?

La grande tendance qui ressort, c’est bien entendu la digitalisation du contenu, poussée par les applications et jeux téléchargeables sur smartphones, les prix au rabais sur Steam et l’arrivée de titre Indie de qualité sur consoles de salon. Le mouvement gagne en ampleur, au point que certains éditeurs comme Capcom espèrent faire 50% de leur chiffre d’affaire sur le marché digital d’ici 2015. Sur ordinateurs, les chiffres pourraient même être beaucoup plus élevés, au point d’atteindre les 90% de revenus provenant des ventes digitales. C’est déjà le cas de certains studios qui ont décidé de délaisser définitivement le support physique.

L’ennui, c’est que tous les marchés ne sont pas au même point. Si les Etats-Unis ont définitivement opté pour le digital, certains pays européens notamment freinent la consommation. C’est notamment le cas des pays “latins” qui sont moins friands de téléchargement que leurs voisins du nord. Dans de telles conditions, il faut s’attendre à conserver un marché assez segmenté pour quelques années encore, jusqu’à une digitalisation complète du PC-Gaming d’ici quelques années. Une conséquence inévitable selon de nombreux éditeurs qui investissent de plus en plus dans ce secteur, quitte à frustrer les quelques irréductibles collectionneurs friands d’éditions Collector. Cette lente transition devrait en tout cas permettre au PC Gaming de survivre au raz de marée des consoles de jeu et à se différencier de ce principal concurrent.

Reste que les clés de l’avenir du PC Gaming restent entre les mains de quelques géants de l’industrie seulement, qui décideront de son avenir. Qu’il s’agisse de Valve et sa plate-forme de téléchargement Steam, très populaire, d’OnLive, le système de Cloud Gaming qui cartonne aux Etats-Unis ou des Games for Windows, qui se cherchent depuis quelques années, le jeu sur ordinateurs a encore une multitude d’évolutions possibles en dépit des ventes d’ordinateurs en baisse et du marché ascendant des tablettes, qui s’impose de plus en plus comme un substitut du PC destiné au grand public. Assurément, les prochaines années seront décisives pour le support, et les quelques expériences menées par Microsoft en 2012 pourraient en révéler beaucoup sur l’avenir du PC-Gaming.

Propos et vidéo recueillis par Etienne Froment pour Geeko.

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