KickTable vend votre passion

Cette startup belge veut amener les gens d’une même ville à partager leurs expériences de vie et leurs hobbies. L’idée est belle, mais sera-t-elle rentable ?

Vous êtes un passionné de Djembé ? Un fan de pêche à la truite ? Vous êtes parti vivre cinq ans dans le désert ? Alors, vous intéressez peut-être KickTable. “L’idée nous est venue sur les bancs de la Vlerick School of Management”, explique George Henry de Frahan, co-fondateur. “Comme tous les aspirants-entrepreneurs, nous cherchions un problème à résoudre et nous nous sommes inspirés de notre vécu. Comme tous les jeunes, nous allions boire un verre toujours aux mêmes endroits comme la place Flagey mais nous ne connaissions pas grand-chose d’autre à Bruxelles. Il manquait une solution pour découvrir la ville et ce qui s’y passe, mener une vie urbaine plus authentique et plus diversifiée.” Dans un premier temps, les fondateurs réfléchissent à une application iPhone basée sur la géolocalisation. “Mais comme nous ne sommes pas des geeks, l’idée se révélait trop ardue à concrétiser. Nous avons alors commencé par organiser des apéros et des dîners où des personnes venaient partager leur passion, leur hobby avec les convives. Puis, nous sommes revenus à l’Internet avec l’idée d’une sorte de place de marché qui mettrait les gens en relation, avec KickTable comme intermédiaire.”

Les expériences proposées par KickTable sont multiples : découvrir la fabrication du pain artisanal, s’initier aux joutes d’improvisation théâtrale, déguster des vins bio… “La base de KickTable, c’est le partage d’une expérience”, souligne George Henry de Frahan. “Les premiers utilisateurs nous disent que nous sommes un peu l’anti-Groupon parce que nous ne vendons pas de biens matériels. A la place, nous offrons quelque chose d’unique, une rencontre qui marque l’esprit et suscite des souvenirs.” Bref, une approche assez haut de gamme, presque anti-consumériste qui vise davantage les bobos urbains et branchés qu’un public de masse comme beaucoup de sites d’achat groupé.

Mais c’est également là où réside la difficulté du modèle économique : à l’opposé des sites de “Social Shopping”, KickTable se positionne dans une niche très locale et très communautaire qui ne permet probablement pas de générer autant d’effet d’échelle et de “repeat business” que Groupon, Groupolitan ou LivingSocial. Par définition, chaque rencontre amenée par la plate-forme est une expérience singulière qu’on “consomme” une seule fois et qu’on peut difficilement dupliquer dans d’autres villes. Or, “nous sommes dans un business de volume. Il faut atteindre une certaine masse critique pour que nous soyons rentables”, concède notre interlocuteur, qui précise prendre 15% de commission sur le prix que vous devez payer pour participer à une expérience

La startup a démarré ses activités simultanément à Bruxelles et Londres. “Londres sera notre centre opérationnel. Pour une startup, c’est un meilleur endroit pour accéder à certaines ressources et lever du capital.” La perfide Albion plutôt que les plats-pays: un choix qui fait directement écho à notre récent éditorial sur la stratégie choisie par les politiques francophones pour développer l’innovation et l’économie numériques en région wallonne…

Si KickTable est financée pour l’instant sur fonds propres, ses trois fondateurs affirment cependant avoir été sélectionnés par un programme européen d’accompagnement pour les créateurs de startups, ce qui pourrait aboutir à une première levée de fonds. Wait and see…

Le site Internet de KickTable.

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