Le site de la candidature à la présidentielle 2012 de François Hollande renvoie vers le site de l’UMP… et l’annonce d’un chômeur à la recherche d’un emploi.

Le buzz n’est pas nouveau. D’ailleurs le site français Marianne 2 en parlait déjà en 2009.  De nombreux “anonymes” (entre guillemets car certains peuvent se retrouver grâce à whois)ont pris un malin plaisir à s’approprier des noms de domaines reliant les noms de famille des personnalités politiques, comme Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius ou Ségolène Royal, à l’année 2012, voire 2017.

Concernant le site hollande2012.fr, il a été créé le 18 septembre 2007. A l’approche des présidentielles 2012 et de sa récente victoire à la primaire socialiste, il a refait surface et fait le buzz.

Ce qui n’est pas propice pour le candidat, après les bourdes des dernières semaines du parti socialiste. Il en va d’une campagne des “Jeunes avec François Hollande” (JFH), vantant la jeunesse socialiste, utilisant une photo de jeunes soutenant Nicolas Sarkozy, immortalisée en 2007. Cette photo a été changée peu après. Ou encore un communiqué envoyé par Paul Quilès, ancien ministre français des télécommunications (1988 à 1991), annonçant la victoire de François Hollande, aux partisans socialistes alors que les sympathisants du PS étaient encore en train de voter. Ce qui avait bien fait rire la tweetosphère avec le hashtag #àlaQuilès.

Le site, qui est modifié en permanence, ressemblait à ceci vers 16h.

L’auteur, qui avait déjà fait le buzz en 2008, se présentait à l’époque au site Zataz, comme “n’étant pas de l’UMP, pas un proche de Nicolas Sarkozy, juste un Français qui n’aime pas les méthodes et la politique de François Hollande.” Sur hollande2012.fr, il se dit “actuellement au chômage, à la recherche d’un emploi, dans les domaines du marketing, de la communication et de l’analyse technique et graphique”.

Une pratique courante : le cybersquattage

“Cette pratique de cybersquattage”, explique aujourd’hui dans son blog Vincent Feltesse, coordinateur de la campagne sur internet de François Hollande, “consiste à réserver un nom de domaine représentant une marque ou une personne dans le but de lui revendre, à la façon d’un chantage, ou d’en abuser, par exemple en créant une redirection vers le site d’un concurrent.”

“La personne qui réservé le nom de domaine”, continue-t-il, “a probablement eu une stratégie de réservation massive de noms de domaines, qu’elle a conservés dormant pendant toutes ces années. Ce cybersquatteur a décidé dans la nuit d’hier d’activer ce domaine et de le faire pointer vers le site de l’UMP. Ses motivations ont pu être diverses, blague potache ou bien véritable acte de parasitisme mais dans tous les cas, il s’agit d’un abus dans l’utilisation des noms de domaine. L’AFNIC, organisme qui organise en France l’utilisation et la réservation des noms de domaine en .fr joue régulièrement le rôle d’arbitre dans ces situations d’utilisation détournées et nous avons très tôt saisi cet organisme. C’est pourquoi, afin de mettre fin à ce squat, nous avons décidé de saisir le juge des référés afin de récupérer ce domaine.”

Voilà maintenant l’auteur prévenu. Celui-ci semble cependant ne pas vouloir “gêner le débat politique des présidentielles 2012”.  Il déclare qu’il “libérera le nom de domaine et le remettra à François Hollande”. De rajouter sur une note humoristique, “Qui sait, peut-être a-t-il un emploi à me proposer ?”

Pas sûr que l’équipe de campagne du candidat socialiste le prenne de la même manière…
(Update 17h53 : on ne semble pas mieux loti côté UMP et FN, comme le relève un autre internaute, qui a réservé les noms de domaine ump2012.fr et lepen2012.fr, et rappelle en page d’accueil des sites la définition du mot “crédibilité” : “À l’heure où le web occupe une place majeure dans la vie quotidienne des français, comment peut-on espérer avoir la moindre crédibilité en étant assez “déconnecté” du monde moderne pour ne pas penser à réserver un nom de domaine au moins quelques mois à l’avance en France.”

FHG (St.)