Dans une interview qu’il a accordée au magazine français Le Point, pour la sortie en français de son livre “Freedom”, l’écrivain américain Jonathan Franzen n’est pas tendre avec les réseaux sociaux et, forcément, leurs utilisateurs.

Interrogé sur l’utilité du roman “dans un monde qui a maintenant YouTube, Twitter et les films en 3D ?”, l’auteur des “Corrections” répond : Est-ce utile de ne pas être stupide, comme presque tout ce que l’on retrouve sur YouTube ou Twitter ? J’écris pour une petite – mais pas insignifiante – partie de l’humanité qui ne se satisfait pas des distractions et des simplifications. Le roman a la capacité d’aider ces personnes dont je me soucie à se sentir moins seules. Et plus nous vivrons dans un monde dominé par Twitter, plus les gens qui pensent que tout cela est idiot auront besoin de romans.


La nuance figure probablement dans le “presque”. Pour le reste, on vous laisse le soin d’apprécier le jugement et le raccourci qui assimilent l’air de rien Twitter aux “simplifications” et à de la “distraction“, laissant au seul roman la capacité de profondeur. Reste à savoir ce dont on parle quand on parle de “roman” dans l’esprit de Franzen.

A contrario, on osera la question suivante : vu l’état de santé du monde de l’édition, le nombre de gens qui “pensent que tout cela est idiot” n’est-il pas – précisément – en diminution?
On trahit ses propos? Pas autant que si, les considérant comme ‘idiots’, on s’étonnait qu’ils n’aient été émis sur twitter en premier lieu. Ce qui revient à dire que ni Franzen ni quiconque d’autre n’a besoin de Twitter pour énoncer des monstruosités. Le papier (celui du magazine Le Point), le web (lepoint.fr) y suffisent, avant que les réseaux sociaux s’en emparent. Ou non.
(C.Pt)

L’interview du Point

Màj 21h53 : on notera que Jonathan Franzen parle en connaissance de cause quand il traite de Twitter, puisqu’un compte à son nom a été ouvert sur le site @freedomnovel.

Sur ce qu’on y apprend et sous réserve qu’il soit bien, en personne, derrière ce compte : l’écrivain a téléchargé Flight Simulator et joue à Angry Birds. Evidemment, pas de quoi contribuer à l’édification des masses.