Imaginez que vous reveniez chez vous le soir. Votre disque dur a enregistré l’émission TV sur votre thème favori que vous n’aviez pas repéré dans le programme de la journée…Imaginez que votre abonnement à votre club de football arrive à expiration. Votre ordinateur vous signale que de nouvelles places, mieux situées par rapport à l’arrière des buts, sont disponibles en prévente. Votre système sait que vous préférez cette position car, en outre, elle se trouve plus près du parking…

Imaginez que l’un de vos clients en Afrique du sud pose tout à coup beaucoup de questions au sujet d’un élément de sécurité sur la machine que vous lui avez vendue voici sept mois. Votre téléphone portable vous signale pro-activement les meilleures promotions actuelles offertes sur les vols pour Johannesbourg. Vous pouvez ainsi planifier un voyage à la période la moins coûteuse, en réservant suffisamment tôt…

Bienvenue dans l’ère du “Web intelligent“. Cette nouvelle ère, c’est l’âge où les outils technologiques anticipent vos besoins, grâce à l’énorme augmentation du volume d’information disponible et à la multiplication des connexions entre des millions de bases de données.

Le Web proactif, un nouveau tournant

“Jusqu’ici, internet était réactif. Les futurs services vont devenir plus pro-actifs, pose Gregory Renard, CTO de la société franco-belge Wygwam, en charge de l’innovation. Avec le web intelligent, nous sommes à un tournant, un tournant aussi important que celui qui, il y a plus de quinze ans, a vu naître l’internet!”

Wygwam, fondée voici huit ans, est à l’origine une entreprise de services informatiques, spécialisée dans les technologies Microsoft. Depuis plusieurs années, l’activité de services informatiques finance le développement de nouvelles recherches et d’un service d’architecture d’innovation, XBrainLab.

Le web intelligent appartient au champ d’exploration stratégiques de Wygwam et XBrainLab, dans les années à venir.

Google Guru et Apple-Siri soulignent l’émergence du Web intelligent

Pour Gregory Renard, deux événements montrent qu’une nouvelle étape est en train d’être franchie :

Siri est un assistant personnel que l’on télécharge sur son iPhone. Il tente d’utiliser la langage naturel et permet de trouver des réponses à des questions comme : “Où se trouve le taxi le plus proche ?” Google Guru repose, quant à lui, sur un principe proche de celui de Siri . L’utilisateur pose vocalement une question, via Google Talk, telle que “Quel temps fera-t-il demain à Rome?” Le système se charge d’apporter automatiquement la réponse.

“Nous sommes, bien sûr au début, commente Grégory Renard, mais ces deux opérations, apparemment anodines, sont en réalité des faits marquants. A travers elles, on s’aperçoit que le potentiel en termes de développement de nouveaux services commerciaux est tout simplement gigantesque !”

Le système qui nous connaît de mieux en mieux grâce aux réseaux sociaux

Très bien. Cela dit, ne parle-t-on pas depuis longtemps de ces services intelligents qui répondent aux questions les plus complexes comme le ferait un être humain ?

“Ce qui fait la différence, c’est l’abondance de données aujourd’hui disponibles, rétorque Grégory Renard. A commencer par les données personnelles que beaucoup d’entre nous partagent à présent directement sur les réseaux sociaux. Nous donnons à voir nos goûts, nos habitudes, nos préférences, celles de nos amis, le type de relations que nous nouons avec eux mais aussi avec des partenaires sur le plan professionnel. Ces données personnelles permettent au système de mieux nous connaître et donc de pouvoir mieux anticiper nos besoins particuliers“.

Les résultats vont donc devenir de plus en plus efficaces.

L’apparition progressive du Web intelligent est une nouvelle charnière dans l’Histoire d’internet, estime-t-on chez XBrainLab.

“Le World Wide Web était apparu au début des années 90, constate Gregory Renard. Puis, vers 1998, Google a commencé à structurer l’information sur le Net. Dix ans plus tard, Facebook nous permet de voir notre graphe social et de bâtir de nouveaux services sur celui-ci. Le Web intelligent est le chapitre suivant.”

Croisement avec des millions de nouvelles bases de données ouvertes

Ce n’est qu’un début. Les possibilités annoncées par le Web intelligent seront demain décuplées par la création, l’ouverture et l’accès à des millions de nouvelles bases de données digitales, souligne-t-on chez XBrainLab. Au niveau des pouvoirs publics, d’abord.

Les gouvernements locaux ou nationaux, à travers l’approche diteopen data” (exemple, ici, à Paris), commencent à mettre à disposition, dans certains pays, d’énormes quantités d’information non personnelle.

Les données de géolocalisation ou les données commerciales en tout genre (nouveaux produits, promotions, stocks, etc.) sont d’autres types de données qui abondent, désormais.

En croisant ces informations avec l’analyse de nos préférences personnelles, des systèmes sophistiqués peuvent aujourd’hui anticiper nos besoins et enrichir considérablement les services qui nous sont prodigués.

D’énormes gains de temps à une époque où le temps manque tant

Cette marche rapide ne risque-t-elle pas, à un moment, de rendre le web trop intrusif ? A la longue, n’aurons-nous pas l’impression de céder notre libre arbitre à ces nouveaux outils ?

“Il convient de rester très vigilant, opine Grégory Renard. Nous devons faire attention à ne pas nous livrer totalement. Cela dit, comme on l’a dit, avec le temps, ces services intelligents vont devenir tellement efficaces, qu’ils deviendront sans doute irrésistibles. Il sera de plus en plus difficile de choisir, de soi même, de les désactiver.”

“Grâce à internet, l’information est devenue une commodité, poursuit Grégory Renard. Ce qui nous manque le plus, c’est du temps. Or, ces nouveaux services pro-actifs vont nous permettre de gagner énormément de temps dans notre vie privée et notre vie professionnelle… Il sera difficile de résister à cela…”

De nouveaux métiers…

L’impact devrait être également économique.

Si Google et d’autres outils nous ont offert d’énormes gains de productivité en matière de recherche d’information, les futurs outils intelligents devraient amener d’énorme gains de productivité dans des tâches demandant une certaine “reflexion limitée”, en général liée à une connaissance particulière. L’exemple le plus classique qui vient à l’esprit est celui d’une secrétaire. Mais aussi, pourquoi pas, un conseiller en vin, un conseiller pour le choix d’un gîte rural, un support d’installation, etc…

“Les outils intelligents vont démocratiser l’accès à une forme d’assistance qui n’était jusqu’ici réservée qu’à certains professionnels et particuliers plus aisés“, distingue le CTO de Wygwam.

Certains métiers risquent de disparaître. Mais d’autres, aussi, pourront naître, grâce à toutes ces nouvelles opportunités.

“Le web intelligent amènera la création de dizaines de nouveaux métiers, pointe Grégory Renard. Et il permettra d’améliorer la valeur ajoutée de certains autres métiers existants.”

1 COMMENTAIRE

  1. c’est plutôt l’art de se faire espionner et spammer et avoir encore l’audace de dire “CECI EST UNE INNOVATION!!”…

    cessez de nous prendre pour des crétins finis svp.

    • Tout à fait d’accord. Il faudrait peut-être prendre un peu de recul et ne pas faire de copier-coller des communiqués de presse des entreprises… et genre, je ne sais pas, faire un travail journalistique dessus ?

    • Euh… en fait c justement PAS du web sémantique le web 3.0, enfin si j’ai bien compris. C un web d’intelligence basé sur la connaissance du contexte, la connaissance des sujets et des objets.
      La sémantique est le propre de l’homme. Toutes les recherches en sémantique depuis des années font choux blanc. Toujours la même chose : on est obligé de déployer une puissance de calcul pas possible pour que la machine comprenne des nuances qu’un enfant de 8 ans appréhende sans pb. Le web sémantique est juste un gros échec, tout comme la plupart des recherches en IA.
      Nous n’avons pas le début du commencement d’une véritable IA, le web sémantique est forcément limité, nous reste à se contenter de mettre un peu d’intelligence dans les services…