L’Académie chinoise des sciences à Beijing envisage de construire la première station scientifique sous-marine entièrement gérée de façon autonome.

Le projet se nomme Hadès et ressemblerait presque à une ville sous-marine digne de l’Atlantide. Selon le South China Morning Post, les scientifiques et ingénieurs de Beijing devraient créer la base dans les fosses océaniques comprises entre 6000 et 11.000 mètres. A l’image d’une station spatiale, la base sous-marine disposera de plate-formes d’amarrage.

Le défi pour les ingénieurs en charge du projet est de développer des matériaux capables de résister à la pression de l’eau à de telles profondeurs. Un projet d’envergure estimé par les scientifiques à 1,1 milliard de yuans (environ 140 millions d’euros), voire davantage. En effet, à une telle profondeur, les hautes pressions, l’érosion, la géologie instable et les tremblements de terre pourraient menacer toutes les structures situées dans les fonds marins.“Cela peut être plus difficile que de construire une station spatiale. Aucun autre pays n’a déjà fait cela auparavant”, ont déclaré les scientifiques.

La base fonctionnera en totale autonomie grâce à l’intelligence artificielle, envoyant des robots sous-marins pour sonder les profondeurs, enregistrer les formes de vie et collecter des minéraux. La station analysera tout cela seule et enverra ses rapports à la surface via des câbles la reliant à un navire ou à une plateforme.

La mer de Chine méridionale est envisagée pour accueillir cette base, le lieu comportant suffisamment d’activités géologiques pour les études scientifiques, sans être trop actives afin d’éviter des dégâts causés par une éruption ou un glissement de terrain.

Dans cette même zone, la Chine voudrait également construire 20 centrales nucléaires flottantes, dont la première devrait être active d’ici 2020. Le but est là de soutenir les activités commerciales et militaires, rendant ainsi “la Chine plus forte et plus avancée technologiquement.”, selon l’un des chercheurs au Hadal Science and Technology Research Centre de Shanghai. Celui-ci ajoute que ce projet “stimulera les sciences des matériaux, stimulera l’innovation et rendra la fabrication chinoise plus compétitive. Cela fera de la Chine un leader mondial dans certains domaines critiques”.