Au début du mois, le Bureau du Commissaire à l’Enfance du Royaume-Uni a livré un rapport inquiétant sur l’exposition de la vie privée des enfants sur le web. Avant ses 13 ans, un jeune aura en moyenne été affiché dans 1300 photos et vidéos en ligne par ses géniteurs.

Le Children’s Commissioner’s Office tire la sonnette d’alarme : les parents devraient mieux contrôler les contenus qu’ils déposent en ligne au sujet de leurs enfants. L’étude intitulée “Who knows what about me?”, comprenez “Qui sait quoi à propos de moi?”, indique que l’omniprésence du numérique dans la vie des jeunes est une fenêtre ouverte sur leur vie privée.

Cela commence dès le plus jeune âge avec les jouets connectés, les caméras de surveillance pour bébé et les parents actifs sur les réseaux sociaux. Le rapport indique que deux vols d’identité de jeunes sur trois seront commis à cause des informations livrées par leurs père et mère d’ici 2030.

70.000 publications à 18 ans

À l’adolescence, les enfants s’exposent bien plus d’eux-mêmes : la moitié des enfants âgés entre 11 et 12 ans sont présents sur au moins un réseau social, bien que la majorité d’entre eux soient supposés inaccessibles avant 13 ans. Deux enfants de 11 ans sur cinq possèdent déjà leur propre smartphone et la moitié dispose d’une tablette. Passé cet âge, les ados postent en moyenne 26 fois par jour des contenus sur les réseaux. Autrement dit, un total de près de 70.000 publications à la majorité.

Au-delà de la sphère privée, la récolte de données se poursuit dans le milieu médical ou encore scolaire.

Les risques d’une telle présence des enfants sur le web sont déjà connus. Entre le harcèlement et le vol d’identité, un adolescent sur huit affirmait il y a sept ans avoir déjà vécu une utilisation néfaste de ses données personnels dans l’année.

Quels risques à long terme?

La Commissaire à l’Enfance pousse la réflexion plus loin. Pour Anne Longfield, les dangers de cette exposition à long terme sont encore méconnus. On est en droit de se demander si les résultats scolaires d’un enfant de quatre ans joueront un rôle pour son admission à l’université ou encore si les habitudes de consommation des parents influenceront la publicité ciblée vers les enfants.

Pour se prémunir de ces risques, quelques conseils sont émis par le Bureau, tant aux enfants qu’aux parents. Pour les uns, il est conseillé de ne pas dévoiler ses informations sur le premier site venu ou d’éteindre son enceinte connectée quand elle n’est pas nécessaire. Pour les autres, il est recommandé de ne pas poster de photos de ses enfants dévoilant leur adresse ou leur nom, de sélectionner ses objets connectés avec soin ou encore d’en modifier leurs codes d’accès.