Les gens ont été déconnectés des objets du quotidien”. Roldan Descamps, cofondateur de la startup, nous explique comment Mekanika est née. Pour eux, les gens veulent “reprendre le contrôle” sur leurs objets. Ici, reprendre le contrôle se traduit simplement par construire ses outils soi-même.

Une bibliothèque d’outils

Sur le papier, Mekanika vous propose d’apprendre à créer vous-même les outils dont vous avez besoin. La startup belge vend du savoir, mais aussi et surtout des outils. En ligne, une bibliothèque vous propose des guides d’assemblage, des didacticiels vidéo, mais aussi des conseils pour votre création.
Avec des fichiers open source et des conseils de construction gratuits, Mekanika veut permettre à tout le monde d’avoir “accès aux outils dont ils ont besoin”.

Dans la pratique, l’utilisateur pourra commander son kit en ligne et se faire livrer à domicile. Outils en main, il pourra suivre les guides d’assemblage. En cas de problème, l’utilisateur peut se pencher sur les fichiers de conseil qui sont également en ligne.

Plus concrètement, la startup belge n’en est qu’à ses débuts. Le catalogue proposera un unique kit de fabrication dès le 1er décembre, à 199 euros. Il est dédié à la construction d’une presse à sérigraphie, pour de l’impression textile. Parallèlement au kit de fabrication, un kit d’accessoires sera disponible à 149 euros. Ce kit proposera l’ensemble des éléments nécessaires pour réaliser ses pochoirs et ses impressions.

Mais les créateurs de la startup espèrent plus.

Une première étape

Cette première vente de kits est un moment important pour la startup : “On pourra savoir si c’est ok pour chercher des fonds ensuite”, nous avoue Roldan Descamps.

Le projet est pour l’instant autofinancé. Maxime Gravet et Martin Duchêne, les deux autres cofondateurs (ils sont trois au total) sont respectivement ingénieur et designer. Lors de projets précédents, ils se rendent compte qu’ils n’ont pas les outils nécessaires et décident de les créer plutôt que de les acheter. Mekanika est donc née de leur propre expérience : “Maxime et Martin se sont dit que d’autres personnes auraient aimé pouvoir construire leurs outils de leurs propres mains“. Mais tout le monde n’est pas ingénieur, ils planchent alors sur cette idée de “kit”, prêt à l’emploi.

Créée en 2018, la startup belge a pour unique objectif le développement de ces outils adaptables et abordables pour “aider tous les inventeurs à concrétiser leurs idées”.

Revenir à l’échelle individuelle

Assumant un Do It Yourself avec le poing levé, Mekanika et son concept ne se limitent pas à la satisfaction de confectionner ses machines soi-même. Reprendre le contrôle c’est tenter de contrer l’échelle de l’industrie pour revenir à une échelle individuelle. Roldan Descamps le souligne à plusieurs reprises, on parle ici d’éviter “d’acheter à l’autre bout du monde avec des conditions de production sociale et environnementale pas possible”.

Mekanika joue aussi l’entraide et la collaboration. Roldan Descamps nous parle des fab labs, entendez laboratoire de fabrication, ces lieux ouverts à tous pour expérimenter ou fabriquer différents types d’objets. “Les fab labs, on voit plus qu’avant” selon lui. Le cofondateur de la startup imagine l’expérience d’un utilisateur qui aurait téléchargé des fichiers de découpe. Il pourrait selon lui se rendre dans un fablab pour concrétiser son projet.