Quelque peu dépassé par les évolutions dans l’industrie du numérique avec la montée en puissance du cloud, IBM décide de racheter un ténor de l’open source. La multinationale américaine mettra la main sur Red Hat pour 34 milliards de dollars, la plus grosse transaction jamais conclue par le groupe.

Qui est Red Hat?

Comment IBM peut mettre autant d’argent dans une entreprise qui peut paraître si nébuleuse aux yeux de certains? Coup de projecteur sur Red Hat. L’entreprise fondée en 1993 s’est imposée en tant que leader du développement de logiciels en open source.

Si l’open source consiste bel et bien à laisser tout un chacun télécharger, utiliser et modifier des logiciels à sa guise, ce n’est pas moins un segment rentable du marché informatique. Quand d’autres firmes vendent leur logiciel, ou le loue sur le cloud via un système d’abonnement, Red Hat loue ses services d’accompagnement. Cela va de l’installation à la formation en passant par la maintenance.

C’est avec ce modèle que la multinationale est parvenue à se hisser au premier rang des fournisseurs mondiaux de logiciels libres pour les entreprises. Entre autres faits d’armes, l’éditeur est à l’origine du système d’exploitation Red Hat Linux.

Quelle situation pour IBM?

Leader mondial de l’informatique dans les années 80, la société est progressivement dépassée par la concurrence puis par l’évolution de l’informatique vers le cloud. Ce rachat, c’est tant Red Hat qui devrait en tirer les bénéfices qu’IBM.

Hier, acteur principal de la conception matérielle, c’est aujourd’hui vers les services aux entreprises que le géant s’est tourné. Le groupe en déclin veut s’ouvrir aux solutions open source en profitant de l’expérience de son imposant bébé en la matière.

Pourquoi ce rachat?

IBM ambitionne de devenir le premier fournisseur mondial de cloud hybride. Autrement dit, créer les ponts entre clouds publics et privés. Selon la firme américaine, 80% de la charge de travail des entreprises ne peut pas encore migrer vers le cloud en raison de la nature fermée du marché de l’informatique dématérialisée.

Pour Ginni Rometty, PDG du groupe informatique, “l’acquisition de Red Hat va changer la donne. Cela change tout sur le marché du cloud“. Elle assure qu'”IBM va devenir le premier fournisseur mondial de cloud hybride“.

Tandis que Red Hat enregistre croissance de 21% en 2017, son futur propriétaire est en revanche sur une pente descendante. Une fois racheté, le distributeur de logiciel libres garderait toutefois une certaine indépendance au sein de l’équipe de cloud hybride d’IBM.

À raison de 190$ par action, la multinationale déboursera 34 milliards de dollars pour finaliser cette acquisition, celle-ci ne sera actée que dans le courant du premier semestre 2019.