Plus que jamais, le harcèlement sexuel est au centre des discussions. Suite à l’éclatement de l’affaire Weinstein, les langues se sont déliées et le phénomène autrefois passé sous silence s’avère bien plus présent qu’on ne l’imagine. Pour mieux comprendre le calvaire des femmes harcelées, Guillaume Clère a imaginé une expérience immersive.

Quand la technologie se met au service de la sensibilisation, ça donne “La Traque”. Guillaume Clère, spécialiste des productions audiovisuelles a travaillé en collaboration avec la journaliste Pauline Verduzier et le comédien Pierre de Lengaigne pour construire plusieurs univers avec le harcèlement sexuel pour seul fil rouge.

Le réalisateur de cette expérience s’est basé sur des récits de femmes victimes pour les différentes histoires qu’il a reconstruites. C’est aussi le cas du pilote que nos confrères de Numerama ont notamment eu l’occasion d’essayer.

Ce dernier permet de s’immerger pendant sept minutes dans l’enfer du quotidien d’une femme au travail. On enfile un casque de réalité virtuelle et nous voilà plongés dans cet univers peu enviable. Abordée par un collègue un peu trop insistant, la demoiselle qu’on incarne subira les assauts de plus en plus récurrents de cet homme.

De simples clins d’oeil, l’histoire vire rapidement au cauchemar avec des menaces et une oppression de plus en plus physique. C’est là que réside tout l’intérêt d’une telle expérience : les femmes victimes de harcèlement sexuel se disent souvent impuissantes face à la situation. En tant que spectateur, celui qui porte le casque est tout autant incapable d’agir sur les événements qui se déroulent autour de lui.

Plus qu’une expérience qui ne laisse pas indifférent, “La Traque” se veut un outil pour comprendre ce que certains ne vivent pas. En cette qualité, une campagne de financement a été ouverte sur KissKissBankBank afin d’étoffer le répertoire d’histoires et de pouvoir le distribuer aux particuliers, aux entreprises et aux associations de lutte contre le harcèlement.