“L’apprentissage profond”, alias “Deep learning” dans sa version originale est un livre qui sortira en version française le 18 octobre prochain. Outre son titre, ce sont ses quelque 800 pages qui ont été traduites… par une intelligence artificielle.

Il s’agira donc du premier ouvrage traduit par une IA au monde. Il ne pouvait en être autrement pour “Deep learning”, considéré par Elon Musk comme “le seul livre compréhensible sur le sujet“. L’IA a été conçue par la société experte en intelligence artificielle Quantmetry et la startup allemande spécialisée dans la traduction DeepL.

Quant à l’ouvrage, il s’agit d’une référence dans l’univers de l’apprentissage profond. Publié en 2016 au États-Unis, Deep learning a été co-écrit par l’ancien employé de Google Brain Ian Goodfellow, les chercheurs Yoshua Bengio et Aaron Courville.

Traduire un livre aussi technique que Deep learning ne représente pas le même niveau de difficulté que de traduire un roman, notamment pour les figures, les graphiques et les formules mathématiques“, explique Jérémy Harroch, le PDG de Quantmetry.

C’est pourquoi l’entreprise a fait appel à DeepL, considéré le meilleur traducteur automatique du marché par Jérémy Horroch et son directeur scientifique, Nicolas Bousquet. DeepL fonctionne lui-même sur un système basé sur le deep learning. L’association des deux entreprises a donné naissance à un outil, après plus de cent jours de travail. Il a notamment été nécessaire de créer un code pour traduire les graphiques du bouquin.

Moins de temps, moins d’argent

Il n’a ensuite fallu que douze heures au programme pour traduire intégralement le livre, avant d’être relu par quatre experts – humains, cette fois. Les résultats sont concluants, d’après Jérémy Harroch : “85% du texte est resté tel que traduit par l’IA. Les corrections ont donc été marginales“.

La traduction par l’IA représente un gain de temps et d’argent considérable. La traduction humaine aurait nécessité une dizaine de spécialiste du sujet, au moins une année de travail et un coût bien supérieur. Nicolas Bousquet estime que le gain de temps et d’argent s’élève à environ 80%.

En revanche, l’IA n’est pas adaptée à la traduction d’ouvrages littéraires, Quantmetry prévoit de la mettre à disposition de tous pour simplifier la traduction d’articles scientifiques et de thèses.