Robots, drones et automatisation viennent remplacer les fermiers dans une exploitation en Angleterre.

C’est une première, une ferme qui se trouve dans le comté du Shropshire, entre Birmingham et le Pays de Galle, accueille le projet Hands Free Hectare, où tous les travaux sont réalisés par des machines sans intervention humaine. Ce projet est né de la collaboration entre l’université britannique Harper-Adams et la société Precision Decisions. La ferme vient de compléter sa deuxième récolte.

« Notre projet visait à prouver qu’il n’existe aucun obstacle technologique pour qu’un domaine agricole soit exploité sans intervention humaine directe sur le terrain », explique Martin Abell, ingénieur chez Precision Decisions. Le partenariat a débuté l’année passée, où la première récolte d’orge avait été effectuée. Devant cette idée prometteuse, les autorités ont d’ailleurs investi à hauteur de 200.000 livres sterling.

Pour réaliser les tâches comme le semis, la récolte et le contrôle qualité, la ferme dispose d’une armée de machines composées de drones et de véhicules autonomes. Ceux-ci sont entièrement automatisés, même si un humain peut reprendre instantanément le contrôle si un problème survenait. « La moissonneuse-batteuse utilise des systèmes très similaires à ceux que nous avons établis sur le tracteur utilisé pour les travaux précédents, des semis aux traitements. Un grand nombre de capteurs permet de déplacer et contrôler tout le système », explique Martin Abell, qui pilote le site.

Hands Free Hectare se targue également d’être meilleur pour les sols : les machines utilisées pour le projet sont plus légères que les moissonneuses batteuses d’aujourd’hui et permettent d’aboutir à un meilleur rendement tout en ménageant la terre. Grâce aux machines, des quantités très précises de produits ont pu être appliquées sur les sols, limitant ainsi les pertes.

Si l’on peut y voir une avancée technologique considérable, la démarche laisse évidemment planer beaucoup de doutes pour les agriculteurs. À cela, Kit Franklin, un des cofondateurs du projet, répond : « L’activité humaine n’est pas simplement supprimée, mais bien transformée : les agriculteurs pourraient se consacrer à la surveillance de leur culture, en devenant analystes et gestionnaires de flottes robotiques ».

Pour Andy Haldane, économiste en chef de la banque centrale britannique, l’industrie agricole se prépare à accueillir la « quatrième révolution industrielle », où les machines remplaceront les humains, aussi bien pour prendre les décisions que pour faire le travail. Il prévoit également que durant les prochaines décennies, 50% des emplois seront perdus en conséquence de l’utilisation des nouvelles technologies.