Un an seulement après Assassin’s Creed Origins, Ubisoft nous livre déjà un nouvel opus de sa série culte. Une suite sans grande surprise cette fois, puisqu’Odyssey s’inscrit dans la continuité directe d’Origins. Exit l’Egypte toutefois et direction la Grèce Antique pour cet épisode qui tentera de faire revivre la guerre de Sparte aux joueurs. 

L’attente n’aura pas été bien longue cette année, pour les fans de la série Assassin’s Creed. 11 mois seulement après Origins, Ubisoft nous livre déjà sa suite directe, Odyssey, dont le développement avait démarré en parallèle d’Origins. Pas de mauvaise surprise toutefois puisque le développement du titre a été pris en main par une autre équipe et le jeu n’est donc pas sorti à la hâte. 

Pour autant, il ne faut pas s’attendre ici à une recette fort différente de celle d’Origins. Odyssey a cette particularité unique : le titre a été développé séparément du précédent volet, mais les équipes d’Origins ont collaboré étroitement avec celles d’Odyssey. Par conséquent, les deux jeux partagent les mêmes mécanismes de jeu. 

Pas de grosse surprise donc à l’horizon pour ceux qui avaient déjà parcouru Origins de long en large. Le principal élément différenciateur entre les deux volets, c’est bien sûr la localisation des jeux. Si Origins nous proposait de découvrir l’Egypte Antique, son successeur nous plonge lui en pleine guerre de Sparte. Direction donc la Grèce Antique pour une épopée digne des contes de l’Illiade et de l’Odyssée. 

Propulsé en pleine guerre du Péloponnèse, le joueur découvrira les enjeux de la guerre qui oppose les villes de Sparte et d’Athènes. Dans la peau d’Alexios – ou de Kassandra -, il partira à la découverte des îles grecques, à pied, à cheval ou à bord d’un navire de guerre. Ce long voyage lui fera découvrir de nombreuses contrées et rencontrer de personnages historiques comme Socrate ou Périclès. Plus encore que par le passé, Assassin’s Creed s’inspire de la mythologie, qu’il intègre de façon intelligente à ses arcs narratifs, par le biais de quêtes annexes. 

Inspiré, son scénario propose de nombreux embranchements qui fermeront ou ouvriront les portes de nouvelles quêtes liées aux choix du joueur. Une progression par paliers qui forcera le joueur à parcourir plusieurs fois le jeu pour découvrir les nombreuses fins et arcs narratifs qui lui sont proposés. Cette approche permet surtout à Ubisoft de gonfler artificiellement la durée de vie de son jeu, pourtant déjà très solide. Il faudra en moyenne compter une cinquantaine d’heures de jeu pour en faire le tour. Après quoi, les joueurs pourront se lancer dans les nombreuses extensions du jeu. Seront ainsi proposées au cours des prochains mois : des quêtes annexes “gratuites” et des extensions complètes introduisant de nouveaux arcs narratifs. Inutile de le préciser : le contenu du jeu est très solide et les joueurs devraient en avoir largement pour leur argent. 

Plus long que son ancêtre, Odyssey propose également une expérience de jeu plus authentique. Difficile de ne pas céder aux charmes de la Grèce Antique, ses paysages bucoliques, ses personnages attachants et son univers rempli de mystères. 

On regrettera toutefois le maintien des séquences dans l’Animus, souvent très mollassonnes, et qui n’ajoutent strictement rien à l’intrigue du jeu. En dépit des critiques, Ubisoft s’entête à poursuivre ses “voyages dans le temps”, qui dénaturent complètement l’expérience et cassent régulièrement le rythme de jeu. 

La véritable richesse d’Odyssey, c’est surtout sa capacité à proposer une expérience de jeu unique au joueur. Chaque choix aura ici un impact sur la trame scénaristique, avec à la clé des conséquences mineures ou majeures sur l’intrigue. Tout au long de l’aventure, vos choix impacteront la trame principale. Les personnages secondaires feront par ailleurs souvent références à vos décisions, ce qui ne fait que renforcer le sentiment d’immersion du joueur. 

Autre atout d’Odyssey : sa capacité à surprendre le joueur en permanence. Dans Odyssey, le joueur incarne un mercenaire qui parcourt un univers rempli de dangers. Il croisera tout au cours de l’aventure d’autres mercenaires, qui tenteront occasionnellement de l’éliminer. La réputation du joueur aura ici un impact majeur sur sa progression dans l’aventure. Liquider d’autres mercenaires lui permettra d’ailleurs de grimper rapidement dans les classements. 

Une autre quête annexe le poussera à traquer les membres d’un culte. Chaque membre éliminé lui permettra de recueillir de précieux nouveaux indices sur la localisation des autres membres, et avancer ainsi progressivement dans son “nettoyage”. 

Pour le reste, Ubisoft mélange brillamment les genres. S’éloignant toujours davantage du jeu d’infiltration, Assassin’s Creed lorgne aujourd’hui ouvertement du côté des action-RPG. Dans Odyssey, la confrontation directe est souvent incontournable. S’il est toujours possible d’éliminer ses adversaires silencieusement, les séquences d’infiltration sont beaucoup moins nombreuses que par le passé. Ceux qui avaient lâché la franchise en cours de route risquent donc d’être agréablement surpris… Car à plus d’un titre, Assassin’s Creed se rapproche aujourd’hui davantage d’un Witcher que d’un Thief. 

Dans Odyssey, le joueur aura le droit de choisir son propre style de jeu, en privilégiant par exemple le combat au corps à corps ou au contraire l’infiltration. Globalement, le jeu propose toutefois plus de combats que par le passé. L’esquive jouera d’ailleurs un rôle central dans les affrontements et le joueur devra faire preuve de stratégie pour vaincre les adversaires les plus coriaces, en évitant les attaques meurtrières et en mettant à contribution ses nombreuses aptitudes spéciales. 

S’il n’innove pas beaucoup, Odyssey affine une recette très efficace. Ubisoft alterne brillamment les séquences de jeu, enchainant exploration, combats de boss, affrontements, assassinats, dialogues et traques avec un savoir-faire impressionnant. Mieux encore : les temps de chargement ont totalement disparu. Le joueur peut donc explorer librement ce vaste univers, sans être jamais gêné dans sa progression. Une jolie prouesse technique. 

Au final, difficile d’être déçu par ce volet, riche en contenu, d’une beauté à couper le souffle et qui nous ouvre les portes d’un monde captivant. Quelques rares bugs viendront troubler la progression du joueur. Pour le reste, seul l’I.A. et la complexité du gameplay gêneront réellement le joueur. La recette explorée par Ubisoft est aujourd’hui presque parfaite. Et si Odyssey manque quelque peu de créativité, il propose une expérience de jeu d’une richesse inégalée et s’impose comme l’un des meilleurs volets de la saga. 

Conclusion

Après un Assassin’s Creed Origins mémorable, Ubisoft signe une suite presqu’en tout point supérieure à son ainée. Une recette parfaitement exploitée aujourd’hui par l’éditeur qui nous livre ni plus ni moins que le meilleur épisode de la franchise. D’une beauté à couper le souffle, riche en contenu, et d’une efficacité redoutable, Odyssey est un jeu qui captivera les passionnés d’Histoire et de mythologie. Au final, on ne lui regrettera que son héritage aux anciens épisodes de la franchise (l’animus et le système d’infiltration vieillissant), qui ternissent légèrement un tableau de maître.

 

Assassin's Creed Odyssey

9

Gameplay

8.0/10

Contenu

9.0/10

Graphismes

9.5/10

Bande son

9.0/10

Finition

9.5/10

Les + :

  • Une durée de vie phénoménale
  • La Grèce Antique, d’une beauté à couper le souffle
  • Un gameplay affiné, avec le temps
  • Un scénario riche
  • Le rythme de jeu

Les - :

  • L’I.A. moyenne des adversaires
  • Les séquences de l’Animus
  • Quelques petits bugs