Interrogé sur l’avenir du web, Eric Schmidt, ex-patron de Google et d’Alphabet, estime que le contrôle croissant exercé par la Chine déchirera Internet en deux parties.

À l’occasion d’un événement couvert par la CNBC, l’économiste Tyler Cowen a demandé à Eric Schmidt quelles étaient les chances d’avoir un internet divisé en plusieurs réseaux d’ici dix ou quinze ans. L’ancien patron de Google envisage, non pas l’éclatement, mais “la bifurcation vers un Internet mené par la Chine d’une part et vers un Internet non-chinois mené par les USA d’autre part“.

L’économie du numérique en Chine est proportionnellement plus important qu’aux Etats-Unis, souligne Eric Schmidt. “Les services qui sont créés, la taille de leurs entreprises. Les richesses qui sont créées. Tout cela est phénoménal.

Dans le cadre de la globalisation, la Chine est tout aussi légitime que les Etats-Unis pour mener le web, selon lui. “Je pense que nous allons vers un leadership fantastique des produits et services chinois. Il y a un vrai danger qu’ils soient contrôlés par un régime ou même censurés“, s’inquiète-t-il tout de même.

Le chemin emprunté par Google déplaît

L’ex-PDG pointe le projet de “Nouvelle route de la soie” qui consiste à adopter les standards Internet appliqués par l’Empire du Milieu. Un projet auquel Google semble vouloir se conformer, l’actuel patron de Google, Sundar Pichai, ayant annoncé le projet Dragonfly consistant à censurer le moteur de recherche pour être disponible sur le sol chinois.

De cette manière, Google pourrait enfin inonder de ses services un marché qui lui était jusqu’alors fermé. Le projet Dragonfly n’a pas trouvé que des alliés au sein de la Silicon Valley. Quelques centaines d’employés de la firme américaine ont rédigé une lettre demandant d’être mieux informés à ce sujet et soulignant les problèmes moraux et éthiques du projet.