Et si l’oiseau Twitter se faisait voler la vedette par le mammouth de Mastodon ? Ce réseau social alternatif a de quoi séduire les internautes.

Il n’est pas rare de voir apparaitre de nouveaux réseaux sociaux. Des tentatives qui tournent parfois court, mais dans le cas de Mastodon, cela pourrait peut-être être différent. En réalité, le mammouth n’est pas tout jeune puisqu’il a été lancé en octobre 2016, par un jeune allemand de 24 ans, Eugen Rochko. Jusqu’ici, le réseau social est pourtant presque passé inaperçu à côté des vrais mastodontes du web: Facebook, Twitter ou Instagram.

Pourtant, il pourrait tirer son épingle du jeu puisqu’il incarne tout ce que les autres ne sont pas. Mastodon pourrait surtout faire de l’ombre à Twitter, son principe le rapproche beaucoup de l’oiseau bleu. Enfin presque. Le mammouth se distingue des réseaux sociaux populaires par le fait qu’il se veut libre, décentralisé et open source.

Crédit : Christopher Mineses/Mashable – Mastodon

En effet, le code source du site est ouvert à tout un chacun. Les internautes qui s’y connectent ne sont pas soumis aux conditions d’utilisation d’une multinationale, mais peuvent devenir des administrateurs à part entière en développant leur propre version de Mastodon. Comme on peut le lire dans la description du site, les plus habiles pourront s’approprier le code du réseau social, le modifier, développer sa propre version de Mastodon et la partager avec d’autres utilisateurs. Les différentes versions du réseau social mammouth forment des communautés autonomes, organisées par thématiques, humour ou autres, mais restent reliées entre elles sur le fil d’actualité global.

Le fondateur du réseau fait l’analogie de sa création avec l’échange d’e-mail envoyé depuis des fournisseurs différents. « Il y a différentes manières de décentraliser quelque chose; dans ce cas, Mastodon est le type “fédéré” », explique Eugen Rochko. « Pensez email, pas BitTorrent. Il existe différents serveurs … les utilisateurs ont un compte sur l’un d’eux, mais peuvent interagir et se suivre indépendamment de leur compte. »

Ainsi, les données des utilisateurs risquent moins d’être récupérées par une seule entité puisque le réseau n’est pas centralisé. Une bonne alternative à l’oiseau bleu donc, souvent critiqué pour son manque de protection des données personnelles de ses utilisateurs justement.

Une meilleure organisation visuelle

La particularité de ce réseau social tient également dans la manière dont il présente son fil d’actualité. À l’opposé de Twitter, Mastodon permet à ses utilisateurs de s’abonner à différentes conversations. Au lieu d’avoir un seul fil d’actualité mêlant tout et n’importe quoi, l’utilisateur de Mastodon peut suivre différents salons, des fils d’actualités plus limités que l’on rejoint par affinité. Notre tableau de bord peut ainsi comporter plusieurs fils d’actualité, les locaux et le global.

Il existe donc une multitude de serveurs Mastodon que tout le monde peut rejoindre et participer à la discussion avec les autres abonnés. S’il est possible de se concentrer sur un fil en particulier, l’ensemble des « pouets » – l’équivalent des tweets – se retrouve sur le fil d’actualité global.

Une croissance à prévoir

L’instance principale, mastodon.social, n’accueille plus de nouveau inscrit. Avec ses quelque 243,300 membres, le serveur avait eu un peu de mal à suivre. C’est là où l’aspect décentralisé se montre une nouvelle fois intéressant puisque les nouveaux venus peuvent se retrouver sur les autres versions de Mastodon. Le groupe le plus peuplé, pawoo.net, compte 409.000 membres.

L’aspect communautaire est important pour les actuels utilisateurs, notamment par le fait que chacun puisse lancer sa propre version et donc superviser son propre contenu. Les membres peuvent devenir les modérateurs des différentes instances, afin d’assurer la bonne entente de chacun et éviter les débordements. La communauté joue un rôle important donc.

Mais beaucoup se demande si l’arrivée prochaine de nouveaux utilisateurs ne va pas changer l’ambiance qui règne sur le réseau. Il est également question que les marques envahissent les fils d’actualité, comme sur Twitter, malgré l’annonce que Mastodon n’est pas un réseau commercial. À voir si les marques arriveront tout de même à s’imposer.

Un fonctionnement propre

Autre particularité, les « pouets » peuvent contenir jusqu’à 500 caractères et peuvent même être masqués. L’utilité de la chose est de pouvoir prévenir les autres internautes du contenu sensible de son message : violence, nudité, propos politiques, jeu de mots pourri. Informés, les autres utilisateurs pourront, s’ils le souhaitent, afficher le contenu du message en cliquant dessus.

Chaque instance, en plus d’une description, peut être personnalisée. Les visuels, le nombre d’abonnés possibles, la langue officielle, ceux qui se lancent dans l’ouverture d’une nouvelle page peuvent cadrer plusieurs aspects et regrouper une communauté propre.

C’est une bouffée d’air frais dans le monde très fermé des réseaux sociaux, mais arrivera-t-il à devenir un incontournable ? Mastodon va-t-il détrôner Twitter et ses 335 millions d’utilisateurs à travers le monde ? Difficile à croire. On peut tout de même imaginer que réseau s’adresse à une communauté à part, un réseau social dédié à un public de niche.