Les députés européens se sont penchés sur la question des robots à usage militaire afin de statuer sur le sujet « avant qu’il ne soit trop tard ».

Si le commun des mortels est plus habitué à entendre parler des bienfaits de la robotique, les équipes de recherche dans le domaine ne s’orientent pas toutes vers l’amélioration des conditions de vie. Il existe aujourd’hui plusieurs départements de recherche en robotique avec des finalités bien plus sombres. Dans les zones de conflits, on peut déjà voir évoluer des machines d’attaque terrestres et volantes. Des usages qui font réagir les dirigeants des grandes organisations internationales.

Les députés européens se sont d’ailleurs penchés sur le sujet, estimant que seuls les êtres humains pouvaient avoir la responsabilité « des décisions relatives à la vie ou à la mort ». Le vote concernant ces armes robotiques a été relativement tranché avec 546 votes pour les interdire, 47 contre et 73 abstentions. La résolution est donc adoptée et elle précise que « les machines ne peuvent pas prendre des décisions comme les hommes ».

Parmi ces robots tueurs, on compte à la fois les drones qui peuvent porter des charges explosives, des robots, des « missiles capables de sélectionner leurs cibles ou de machines d’apprentissage dotées de compétences cognitives permettant de décider qui attaquer, quand et à quel endroit ». Il est vrai que le recours à ce genre de machine soulève des questions d’une part éthiques puisqu’elles sont contrôlées par des humains, mais aussi juridiques puisque justement, elles sont contrôlées à distance. Qui serait le responsable en cas d’attaque mortelle ? Pour l’instant, les robots totalement autonomes ne sont pas encore disponibles, mais il reste préférable de statuer avant leur arrivée.

Avant que ce genre d’interrogation ne se pose, les députés ont voté et tentent d’étendre cette interdiction à l’international. Les députés espèrent voir l’ensemble des différentes assemblées de l’Union européenne statuer sur une position commune à ce moment afin de s’exprimer d’une seule et unique voix sur le sujet. Pour l’instant, les États-Unis et la Russie notamment ne semblent pas motivés à rallier la cause.

En temps de guerre et de conflits armés, il existe des lois qui doivent être mises à jour en fonction des technologies. Ainsi, selon la clause de Martens, du nom d’un délégué russe, votée en 1899 lors de la Convention de La Haye, la coutume veut qu’en l’absence de dispositions plus spécifiques sur des moyens de guerre, la sauvegarde des « lois de l’humanité et des exigences de la conscience publique » prime. Ainsi, les nouvelles technologies de combat doivent être jugées et les lois misent à jour selon cette sauvegarde.