Une cage qui permettrait aux employés de se déplacer et d’être protégés des chutes de cartons.

Alors qu’ils se penchaient sur un plan détaillant le fonctionnement d’une enceinte Amazon Echo, deux chercheurs ont fait la découverte d’un brevet posé en 2016 par le géant de l’e-commerce américain : une cage métallique pouvant accueillir un employé. Mauvaise nouvelle pour Amazon, qui fait récemment face à des accusations de mauvaises conditions de travail dans ses entrepôts.

« Dissimulé parmi les milliers de brevets détenus par Amazon accessibles au public, le brevet américain n° 9 980 157 illustre de façon extraordinaire l’aliénation des travailleurs, un tournant décisif dans la relation entre les humains et les machines », expliquent les chercheurs. Le schéma tiré du brevet illustre une cage dans laquelle un employé d’Amazon semble pouvoir entrer. Cette cage pourrait être aussi mobile que n’importe quelle autre marchandise et serait déplacée à l’aide d’un système motorisé. Les salariés pourraient ainsi être déplacés aux quatre coins de l’entrepôt.

« Le travailleur devient une pièce d’un ballet mécanique, tenu droit dans une cage qui dicte et contraint son mouvement », ajoutent les chercheurs. Selon Amazon, le but n’est évidemment pas d’enfermer les travailleurs, mais de les protéger face à l’automatisation croissante de ses entrepôts. En effet, la firme estimait qu’il serait plus sûr de déplacer les employés dans des cages afin d’éviter les blessures liées aux collisions avec les robots. Les entrepôts d’Amazon utilisent en effet beaucoup de robots qui aident pour les différentes tâches de logistique.

Si l’objectif d’Amazon n’était pas forcément malsain, le brevet a fait office de pain bénit pour les deux chercheurs spécialisés dans l’éthique de l’IA, qui ont directement vu dans celui-ci « l’aliénation des travailleurs ». Leur papier fait depuis le buzz, forçant Amazon à répondre.

« Parfois, même les mauvaises idées sont brevetées. Cela n’a jamais été utilisé et nous n’avons aucun projet d’utilisation de ce système. Nous avons depuis imaginé une bien meilleure solution : des vestes spéciales qui, portées par nos salariés, stoppent les robots en activité qui se trouvent à proximité », a déclaré Dave Clark, responsable opérationnel d’Amazon.

Ce buzz intervient au mauvais moment, puisque les conditions de travail dans l’entreprise ont été médiatisées en avril dernier, quand un journaliste du Sun a expliqué que des employés avaient été obligés d’uriner dans des bouteilles en plastiques pour arriver à tenir la cadence imposée par Amazon. La société avait contesté cette situation.