Pour éviter de se voler dans les plumes, les différents fabricants évitent de trop gonfler les frais de licence pour les brevets en leur possession. Avec l’ouverture imminente du marché des smartphones compatibles 5G, Nokia a annoncé publiquement le montant de sa redevance : 3€.

Ce montant correspond à plusieurs brevets relatifs à la future norme réseau, mais il n’est pas le seul à peser dans la balance des fabricants. Ericsson a établi une redevance de 2,50 ou 5$ selon le prix du téléphone 5G. Qualcomm se base quant à lui sur un pourcentage sur le prix du téléphone : 2,275% pour un appareil monomode, 3,25% sur un multimode, avec un maximum de 400$ pour chaque téléphone. Cela porterait à 13$ le montant maximal que Qualcomm pourra exiger sur un appareil avec support 5G, plus faible qu’auparavant sur les licences 4G. Les prix élevés appliqués par Qualcomm ont mis Apple en rogne, toujours en procès avec le fabricant de composantes électroniques à ce sujet.

Finalisée en juin dernier, la norme 5G possède encore dans son sac d’autres contributeurs majeurs comme Samsung et Huawei. Chacune de ces entreprises était tenue de collaborer pour mettre la 5G en place tout en ayant le droit d’obtenir une licence pour leurs contributions. Toutes n’ont pas encore annoncé le montant de leur redevance. Il est à noter que le montant total de ces redevances est en réalité souvent inférieur au prix annoncé, les fabricants négociant en coulisse un montant plus faible sur une production massive.

Éviter de reproduire les mêmes erreurs

Le coût total des licences est estimé en moyenne à 9,60$ (8,30€) dans le prix des smartphones 4G. Toutefois, ce chiffre pourrait être plus élevé, la combinaison des brevets pour la 4G étant si complexe qu’elle pourrait peser environ 10% du prix de gros d’un téléphone.

Nokia joue la carte de la diplomatie en divulguant ouvertement les frais pour les brevets 5G qu’il appliquera. Grâce à leur faible montant, la firme finlandaise devrait calmer les esprits échauffés par l’affaire Qualcomm et laisser la voie dégagée vers le réseau 5G. De son côté, Huawei annonçait au travers de son PDG Eric Xu que la société “s’en tiendra au principe FRAND (convention internationale qui vise à appliquer des coûts de licences raisonnables et non-discriminatoires, ndlr) et fera tout son possible pour réduire les frais de licence pour les brevets 5G“.