En fin de vie, la 3DS ne reçoit quasiment plus de réelles exclusivités si ce n’est des portages comme le récent Captain Toad ou des best of comme Mario Party : The Top 100 et ce WarioWare Gold qui arrive en pleine canicule pour espérer apporter un peu de « fraîcheur » – toute relative quand on évoque Wario – à la console 100% portable de Nintendo.

Depuis 2003, le vilain Wario est la vedette de la franchise WarioWare lancée à l’époque sur Game Boy Advance. Cette série dispense à chaque nouveau titre une compilation de mini-jeux aux graphismes épurés, à terminer (et comprendre) dans un laps de temps très court.

L’un des épisodes les plus réussis est WarioWare Touched ! sorti en 2005 sur Nintendo DS qui faisait office de vitrine quant aux capacités de l’écran tactile et du stylet de la console portable. Ces deux fonctionnalités sont une fois de plus ici mises à contribution, tout comme la croix directionnelle et le bouton A ainsi que le micro et également le gyroscope de la Nintendo 3DS.

En moins de 5 secondes, il faut à chaque fois accomplir des objectifs loufoques tels que renifler une goutte qui tombe du nez d’une demoiselle en pianotant le bouton A, découper des fruits à l’aide du stylet ou encore arracher un sparadrap en faisant basculer la console.

Le prétexte, ou l’histoire si vous préférez, pour rassembler les mini-jeux met cette fois en avant Wario qui, pour pouvoir s’acheter à manger, organise un tournoi de jeux vidéo auprès de ses amis qui devront chacun verser 10.000 pièces pour pouvoir y participer (clin d’œil à l’eSport). L’occasion est idéale pour retrouver des personnages iconiques de la série tels que Jimmy T, Mona ou encore la ténébreuse Ashley, chacun ayant une thématique particulière (sport, vie quotidienne, univers Nintendo, fantastique, etc.).

Comme à l’accoutumée, des scénettes déjantées interviennent entre chaque série de mini-jeux, avec toutefois ici l’apparition de doublages particulièrement agaçants. De même, les petites histoires mises en scène sont loin d’être mémorables et ne vont pas assez loin dans le délire. Mais WarioWare n’a jamais véritablement été réputé pour son scénario mais plutôt pour son rythme effréné et ses jeux totalement débiles faisant appel aux réflexes, souvent primitifs, du joueur. Les graphismes sont d’ailleurs au diapason avec des visuels parfois de mauvais goût, souvent simplistes, allant du simple trait au rendu photoréaliste.

En tout, WarioWare Gold dispose de 300 micro-jeux étalés entre un mode Histoire à la durée de vie relativement courte (2h), des défis (un contre-la-montre, un mode duel ou encore un mode survival) et une poignée de jeux à débloquer dans un Gashapon (une machine distribuant des œufs en plastique comprenant des jouets) grâce aux pièces régulièrement obtenues en cas de succès. Hélas, la grande majorité de ces jeux sont identiques ou sont des recyclages des meilleurs jeux présents dans les précédents volets. Les habitués de la série n’auront donc pas grand-chose de neuf à se mettre sous la dent.

De plus, une fois tous les mini-jeux débloqués, le joueur pourra débloquer, toujours en dépensant ses pièces, des musiques, des vidéos à doubler soi-même, des informations ou encore des cartes à collectionner dont l’intérêt est limité. Une finalité pas bien intéressante en soi, puisqu’il suffit juste de dépenser ses pièces pour obtenir des lots rarement captivants.

Les + :

  • 300 mini-jeux plus déjantés les uns que les autres
  • Belle exploitation des gimmicks de la 3DS

Les – :

  • Les doublages agaçants
  • Les scénettes manquent globalement de créativité
  • Trop de recyclage parmi les mini-jeux
  • Mode Histoire trop court
  • Intérêt limité une fois tous les jeux (rapidement) débloqués

Conclusion

Tout comme le récent Mario Party : The Top 100, WarioWare Gold fait davantage office de recyclage que de véritable nouveau jeu. Il divertit le temps de quelques très courtes parties en affichant toujours un ton déluré et un rythme effréné tout en exploitant joliment les diverses capacités de la 3DS (croix-bouton, stylet, gyroscope, micro). Mais l’originalité n’est plus aussi prégnante que par le passé et l’intérêt s’essouffle vite devant le manque de variété (surtout pour les connaisseurs) et de challenge général.

11/20