Huit ans après avoir cessé ses activités sur le sol chinois, Google s’apprêterait à faire son grand retour avec un nouveau moteur de recherche adapté aux “exigences locales”.

Selon “The Intercept”, Google s’apprêterait à faire son grand retour sur le sol chinois avec un moteur de recherche “censuré”.

Pas encore finalisé, le projet “Dragonfly” serait en développement depuis début 2017 à Mountain View.

Ce moteur de recherche “censuré” filtrerait les sites internet et les mots clés interdits par le gouvernement chinois, pour s’adapter à la législation locale.

Bloqué en Chine depuis maintenant huit ans, Google Search n’est accessible au sein du territoire qu’en utilisant un système de VPN. De nombreux autres services et sites internet font également l’objet d’un blocage, à l’image de Facebook ou Twitter. La plupart du temps, les Chinois se tournent vers des alternatives locales, comme Baidu (le Google made in China), QQ (le WhatsApp chinois) ou Weibo (le Twitter chinois).

Pour toucher le marché chinois, les acteurs internationaux sont donc contraints de s’adapter à la législation locale et de censurer une grosse partie de leur contenu – ou renoncer à ce marché gigantesque.

“Les projets de ce moteur de recherche censuré ne sont pas finis” écrit le Wall Street Journal, citant des sources anonymes.

Selon le lanceur d’alerte qui a communiqué l’information au journal The Intercept, le nouveau moteur de recherche développé par Google spécifiquement pour la Chine pourrait servir de modèle pour d’autres moteurs de recherche locaux, adaptés à d’autres marchés, sur lesquels Google n’est pas encore présent. “Ce qui est fait en Chine deviendra un Template pour les autres nations.”

Si Google n’a pas confirmé l’information pour le moment, sa démarche est déjà très critiquée par les organisations internationales, qui y voient un “précédent terrible”, à l’image d’Amnesty International. “Le fait que le plus gros moteur de recherche de la planète s’accorde avec la censure du gouvernement chinois envoie un signal très négatif” explique Patrick Poon, chercheur chez Amnesty International. La décision de Google d’accepter de collaborer avec le gouvernement chinois pourrait en effet pousser davantage d’acteurs à collaborer avec la Chine pour une plus grande censure du web, mais également avec d’autres gouvernements qui ont pour habitude de contrôler l’information, comme l’Iran, la Syrie ou la Turquie.