Voici un petit jeu indépendant qui veut mettre en avant une partie du folklore russe en proposant une expérience relaxante, à mille lieues des productions pétaradantes que l’on peut trouver habituellement sur consoles.

The Mooseman est pour ainsi dire un jeu local. Développé par des concepteurs originaires de la ville de Perm, il veut faire découvrir au joueur les mythes anciens de cette ville russe sur base des collections muséales de la cité.

On y apprend que le monde fut créé par Yen, un dieu éclos de l’œuf d’un canard, et qu’il comprend le monde inférieur où se trouvent les profondeurs ténébreuses du vaste océan, le monde du milieu où évoluent les hommes, et le monde supérieur où se trouvaient les dieux anciens.

Lors d’une longue ligne droite (le level design ne joue que sur le plan latéral), on traverse ces mondes prenant la forme d’esquisses en 2D dans la peau d’un Homme-élan (le Mooseman du titre) qui peut voir le monde réel et les esprits invisibles aux yeux des hommes. Ainsi, le gameplay s’appuie sur cette faculté de switcher entre vue « normale » et vue des esprits afin de résoudre les énigmes et vaincre les ennemis qui se dressent sur la route.

On se déplace de gauche à droite (votre personnage se déplaçant en marchant) et l’on appuie sur une touche pour passer d’un monde à l’autre. Deux autres touches (les gâchettes L et R pour les besoins de ce test effectué sur Switch – mais le titre est aussi dispo sur PC, PS4, Xbox One et mobiles) servent aussi à observer les artefacts qui sont à collecter en chemin et à activer des totems recélant les histoires des mythes finno-ougriens ici mis en avant.

Ces contes sont formés de nombreux récits panthéistes mettant en avant les animaux (ours, loups, oiseaux,…), les traditions et la création de l’homme. Le jeu adopte un rythme volontairement lent (impossible de courir) et pacifiste (on passe plus son temps à éviter les « ennemis » qu’à leur tirer dessus) pour laisser le temps au joueur de lire ces récits folkloriques et d’admirer la direction artistique originale choisie, qui arbore un rendu “dessiné à la craie”, donnant essentiellement dans les tons noirs et blancs (avec quelques notes bleues et rouges par-ci par-là). L’ambiance est plutôt réussie et offre au passage des environnements assez variés.

Malheureusement, l’intérêt est au final assez limité. Les énigmes sont très basiques (faire apparaître/disparaître des éléments en changeant de monde, activer des mécanismes en passant dessus) et demanderont rarement plusieurs essais avant d’être résolues. Le gameplay s’avère donc bien trop simpliste, la progression trop monotone et la rejouabilité assez faible. The Mooseman se termine en effet en une bonne heure, au terme de laquelle on aura collecté 75% des artefacts à trouver. Pour 6,99 € sur consoles (le jeu est proposé en free-to-play avec achats in-app sur mobiles), ça reste une expérience bien trop limitée.

Les + :

  • La volonté de mettre en avant un folklore méconnu
  • Une direction artistique marquée
  • L’ambiance zen

Les – :

  • Durée de vie ultra-courte
  • Un gameplay peu varié
  • Des énigmes trop simples
  • Des textes parfois non traduits

Conclusion

C’est davantage une expérience contemplative aux vertus historiques qu’une aventure trépidante que nous propose The Mooseman. La traversée, qui se fait littéralement en ligne droite, ne prendra qu’une bonne heure et, à moins d’être un féru de folklore nordique, on ne sera pas tenté d’y revenir pour atteindre le 100%. Reste une direction artistique unique et une atmosphère zen capables de vous déconnecter brièvement du quotidien.

11/20