Disponible depuis le 29 mai sur PC, PS4 et Xbox One, Moonlighter est un action RPG aux composantes de rogue-like qui met le joueur dans la peau d’un marchand qui se rêve aventurier. Action, aventure et commerce sont au programme de ce titre tout en pixels qui va vous donner du fil à retordre.

Jeu indé issu du studio espagnol Digital Sun, Moonlighter nous plonge dans le quotidien de Will, un marchand qui rêve de devenir un héros. Le jour, il gère sa petite boutique située dans le village marchand de Rynoka, qui permet aux aventuriers de passage de s’équiper. La nuit, il part explorer les donjons pour s’approvisionner en matériaux et accessoires qu’il pourra revendre au sein de son échoppe. Ainsi, Will participe à la prospérité du village en lui redonnant sa gloire d’antan (il sera aussi question d’inviter d’autres commerçants à s’y installer).

Le juste prix

Gérer son commerce demande de définir les prix des objets mis en vente et de récolter suffisamment de fonds pour pouvoir à nouveau partir à l’aventure (en améliorant son équipement, notamment) et faire grandir son établissement. Les phases de revente, qui s’assimilent un peu à un mini-jeu, ne se résument pas seulement à rester derrière le comptoir et à encaisser l’argent, mais également à observer les réactions des clients afin d’ajuster ses prix. Cela se matérialise par un smiley de satisfaction au-dessus d’eux (dépité, dubitatif, satisfait, enchanté) qui définira si la vente a une chance d’aboutir ou non.

N’ayant aucune information sur la valeur d’un objet nouvellement acquis, il faut à chaque fois tâtonner en proposant un prix et, au fur et à mesure que l’on en découvre la valeur, adapter ses offres pour se faire un maximum d’argent. Oui, Moonlighter est un jeu relativement cupide !

Donjons et frustrations

Les donjons forment quant à eux la partie aventure/combat du titre, et ont la particularité d’être générés de manière procédurale. Équipé d’armes améliorables et de potions (à ne surtout pas oublier !), il faut donc s’aventurer de salle en salle dans l’espoir d’arriver jusqu’au boss, le vaincre et pouvoir accéder au donjon suivant (au nombre de 4 + un final). Le loot et la difficulté sont au rendez-vous puisque, d’une part, de nombreux matériaux et objets sont à récupérer pour votre commerce et, d’autre part, le challenge est présent avec une barre d’énergie qui peut rapidement fondre comme neige au soleil face aux nombreux ennemis dont il faudra apprendre les patterns pour espérer survivre.

Si vous êtes là pour le pillage pur et dur, vous pouvez grâce au médaillon de fuite quitter les lieux à tout moment afin de stocker votre butin (et donc le sauvegarder) dans votre boutique. Par contre, si vous persévérez jusqu’au bout, vous prenez le risque de mourir et d’ainsi perdre tout ce qui a été ramassé. Si cela se produit, c’est retour au premier niveau ou retour au village, en perdant définitivement les ¾ de son butin. Autant dire qu’être trop gourmand sera souvent punitif, d’autant que le jeu, un brin sadique, vous envoie un énorme slime vert invincible qui vous tue au moindre contact si vous passez trop de temps dans le donjon.

Range ton sac !

Les phases d’exploration des donjons demandent donc de faire des choix cornéliens d’autant que le héros dispose d’un sac à dos aux emplacements limités (une vingtaine). Il sera fréquent de laisser derrière soi des objets tout comme il sera indispensable de placer chaque élément à la bonne place. En effet, les objets possèdent pour la plupart leur propre contrainte et doivent être placés judicieusement au sein du sac. A placer obligatoirement en haut ou sur les côtés, supprimant l’objet qui se trouve à sa droite, envoyant un item situé à sa gauche dans la boutique, donnant un malus à son voisin, ils poussent à opter pour un empilement réfléchi et offrent au passage leur lot de frustrations.

Pour se rappeler de la valeur de chaque chose, un carnet reprenant les prix et la popularité des éléments déjà vendus est à disposition. Tout cela se fait très aisément grâce à une interface assez pratique, mais demandera de passer un certain temps rien qu’à organiser son inventaire. Vous voilà prévenus.

Live, work, die, repeat

Le système de combat est quant à lui des plus basiques avec une attaque et une esquive sous forme de roulade dont il faut user et abuser. Diverses armes et armures (ainsi que des potions et charmes) peuvent être achetés (mais cela à un coût relativement élevé), mais tout cela reste assez sommaire.

Si le mélange entre phases d’exploration, combats et gestion est adroitement mis en place, il en résulte malheureusement une exécution un peu trop mécanique où l’on répète les mêmes actions (loot, vente/récolte d’argent, amélioration d’équipements et du magasin, et de nouveau exploration) dans des allers-retours incessants entre les donjons et le village qui ne sont que trop rarement coupés par d’autres évènements ou activités.

Pour apporter un peu plus de variété (également du côté du bestiaire, un peu répétitif), Digital Sun a prévu jusqu’à la fin de l’année des mises à jour (à compter de ce mois de juillet) qui ajouteront de nouvelles configurations aux donjons, un new game+, de nouveaux objets et ennemis ainsi que des éléments de décoration pour Halloween. Nul doute qu’on y retournera à ces occasions puisque Moonlighter est dans l’ensemble une vraie réussite tant au niveau du fond que de la forme.

Les + :

  • Du bel ouvrage tout en pixel art
  • Un mélange original entre gestion, combats et exploration
  • Une gestion de l’inventaire très poussée
  • Jolie bande-son

Les – :

  • Une difficulté qui peut rebuter
  • Combats et craft basiques
  • Une évolution un peu trop mécanique
  • Quelques petits bugs par-ci par-là

Conclusion

Quelque part entre Zelda et The Binding of Isaac, Moonlighter est la petite pépite indé du moment pour adeptes de rogue-like en mal de challenge. Mêlant exploration, combats, gestion et vente, le titre s’avère original et plutôt bien équilibré entre ses différentes phases de gameplay. Malgré une certaine répétitivité, son univers visuel et sonore enchantent et invitent à une seconde exploration, d’autant que le titre commence dès ce mois de juillet à se parer de mises à jour bienvenues.

14/20