Acclamé par les critiques, Nier Automata débarque plus d’un an après sa sortie sur PS4 et PC sur la console de Microsoft, dans une version “intégrale” qui nous est livrée à petit prix. Une bonne raison de craquer? 

Il aura fallu attendre plus d’un an aux propriétaires de la Xbox One pour enfin pouvoir goûter aux joies de Nier Automata sur leur console. Le jeu de Platinum Games, encensé par les critiques, figurait en effet parmi les exclusivités temporaires du catalogue de la PS4. Pour se faire pardonner du retard, Square-Enix nous livre une édition intégrale qui comprend les quelques contenus additionnels du jeu – rien de très excitant malheureusement puisqu’il s’agit principalement d’apparences de pods et d’accessoires inédits, mais pas que puisqu’on retrouve également 3 nouveaux défis de combat en arènes. C’est peu pour justifier la nouvelle appellation “Become as gods Edition”, mais l’ajout n’en reste pas moins appréciable.

Autre bonne surprise : le prix du jeu est en légère baisse. Vous le retrouverez en version numérique à 49,99€, contre 59,99€ au moment de sa sortie sur PS4.

Pour le reste, pas de gros changement à noter : le titre est aussi fluide sur Xbox que sur PS4, les graphismes ont certes un peu vieilli mais le titre n’en reste pas moins attractif au regard avec son univers graphique si particulier, et la prise en main reste excellente avec une mannette Xbox One.

Si Nier Automata prend place dans le même univers que le premier volet, les ressemblances entre les deux jeux s’arrêtent là. PlatinumGames est reparti d’une feuille blanche pour ce second volet, en faisant le pari (audacieux) de miser sur un gameplay mixant différents genres. A mi-chemin entre le jeu de rôle, le beat them all et le shoot them up, Nier Automata immerge le joueur dans un univers enchanteur, digne des plus grands films de science-fiction.

La trame scénaristique du jeu se déroule plusieurs milliers d’années après le premier volet. Dans cet univers futuriste, les machines ont pris le contrôle de la planète et poussé les humains à s’enfuir sur la lune. N’admettant pas leur défaite, les êtres humains ont conçu une armée de cyborgs, qui sont régulièrement envoyés sur Terre pour tenter d’anéantir la menace. Le joueur débutera ainsi l’aventure dans la peau de 2B, une cyborg capable d’anéantir une armée d’ennemis en agitant ses sabres et en utilisant un petit robot pour mitrailler ses adversaires à distance.

Les premières minutes de jeu sont déconcertantes. D’une part, parce que Nier Automata plonge le joueur dans un univers futuriste auquel les fans du premier volet n’étaient pas habitués. D’autre part, parce que le joueur débute aux commandes d’un vaisseau lancé à toute vitesse, qu’il doit contrôler sur un plan en deux dimensions. Aussi improbable que cela puisse paraître, le studio de développement a choisi d’intégrer des séquences de shoot them up dans la plus pure tradition des Ikaruga et autres Raiden dans son jeu, et la recette fonctionne plutôt bien… D’autant plus que ces séquences sont divisées en trois catégories. Durant les séquences de shoot them up classiques, le joueur devra se contenter d’éviter les tirs des ennemis tout en éliminant ses opposants à grands coups de blasters. Durant les séquences de twin-stick shooter, la vitesse sera beaucoup plus limitée et le joueur devra choisir quelles cibles abattre en premier s’il espère survivre. Enfin, des séquences de vol en 3D, durant lesquelles il faudra éviter des obstacles viendront également diversifier le gameplay.

Passé cette introduction, les joueurs reprendront rapidement leurs marques. Car pour l’essentiel du jeu, Nier reprend le gameplay des action-RPG traditionnels. Le joueur devra passer d’une salle à l’autre en éradiquant à chaque fois des groupes de robots, jusqu’à un boss qui exigera de tirer parti des faiblesses de son adversaire. La richesse du jeu vient surtout de la grande diversité au niveau des séquences de jeu, qui mixent habilement affrontements, ballets aériens, plates-formes et exploration.

Passé la première heure de jeu, le joueur découvrira que Nier Automata n’est pas qu’un simple beat them all mais un RPG qui se joue en “open-world”. Certes, open-world est peut-être ici un mot mal employé, dans la mesure où les décors sont loin d’être aussi vastes que dans un Horizon Zero Dawn. Toutefois, ils ont le mérite d’offrir une approche un peu moins linéaire de l’aventure. On aurait en revanche apprécié devoir faire moins d’allers-retours…

A cela s’ajoutent une foule de bonnes idées, du scénario alambiqué qui donne accès à plus de 26 fins différentes (et offre ainsi une réelle replay-value) au concept de HUD évolutif, qui intégrera de nouveaux éléments à chaque nouvelle puce ajoutée à sa collection, pour ajouter une jauge d’expérience, des dégâts occasionnés et bien plus encore, en passant par une bande sonore tout bonnement extraordinaire.

Comme dans tous les jeux de PlatinumGames, l’accent est également fortement mis sur le dynamisme des combats, qui ressemblent davantage à de fantastiques ballets aériens qu’à de simples affrontements. Le jeu donne dès les premières minutes de jeu une impression de toute puissance jouissive au joueur. Toutefois, on n’omettra pas de préciser que si les affrontements sont un régal, le titre montre vite ses limites en termes de technicité. Car c’est sans doute là le plus gros défaut de Nier Automata, si le jeu de PlatinumGames touche un peu à tous les genres, il n’excelle dans aucun domaine. Les affrontements sont certes très impressionnants mais le gameplay demeure très (trop?) accessible – vous n’aurez d’ailleurs aucune difficulté à le parcourir en difficile! Les décors sont certes vastes mais étonnamment, l’aventure reste très linéaire. Quant aux séquences de gameplay plus originales, inspirées de shoot them up ou de jeux de plates-formes, elles permettent certes de diversifier les séquences de jeu, mais elles n’en demeurent pas moins redondantes et font finalement davantage office de bouche-trou que de véritable révolution. Au final, si le constat est donc globalement très positif, Nier Automata ne parvient pas tout à fait à convaincre. Et ce, malgré de très bonnes idées. La faut sans doute à un budget trop limité, qui a empêché les développeurs de peaufiner un titre sans doute trop ambitieux. Toutefois, ne nous voilons pas la face. Si Nier Automata est un titre qui est par nature imparfait, il n’en demeure pas moins un excellent divertissement et une formidable expérience.

Le bilan est identique en ce qui concerne la technique. D’une rare fluidité, le jeu est également plutôt joli. Toutefois, ses décors restent très pauvres et si les chorégraphies aériennes et les affrontements ont une pêche infernale, on se surprend à regretter le manque de diversité au niveau des décors, souvent très ternes et pas très vivants. La bande-sonore est en revanche un petit délice à déguster sans modération, et qui donne au jeu une identité propre.

Les + :

  • Un portage soigné
  • Un gameplay varié
  • Quelques DLC inclus
  • Un prix correct (49,99€)
  • 26 fins différentes!
  • Un scénario réussi
  • Quelques très bonnes idées

Les – :

  • Visuellement pas très joli
  • Des décors ternes et redondants
  • Un monde ouvert assez petit

Conclusion

A défaut d’être parfait, Nier Automata n’en reste pas moins un très bon jeu d’aventure et un excellent défouloir. Nerveux, le jeu de PlatinumGames tire toute sa richesse de son gameplay qui mélange brillamment plusieurs styles. Son incroyable bande-sonore, ses multiples fins et son scénario alambiqué en font également un jeu que l’on dégustera sans modération. Si le constat est globalement très positif, on regrettera tout de même que d’un point de vue technique, PlatinumGames n’ait pas fait plus d’efforts, que les décors soient aussi ternes et répétitifs, et que le gameplay ne soit pas aussi technique qu’on l’aurait espéré. En l’état, reste un très bon divertissement qui a le mérite de sortir des sentiers battus pour offrir une expérience de jeu vraiment unique, qui mérite à elle seule le détour…

16/20