Le service de vidéo à la demande made in France ne se portait déjà plus très bien ces dernières semaines. Maxime Saada, président du directoire du groupe Canal Plus, a annoncé l’enterrement de CanalPlay.

L’incontournable Netflix a littéralement inondé le marché du streaming. Films, séries, documentaires à gogo sur plusieurs supports pour un abonnement pour un prix tournant autour de 10 euros par mois ? La formule est pourtant identique à CanalPlay, mais le rouleau compresseur américain détruit tout sur son passage.

En à peine deux ans, CanalPlay a vu son nombre d’abonnés divisé par quatre, passant de 800.000 à 200.000. Maxime Saada explique les raisons de cet échec par l’arrivée de ces nouveaux acteurs du streaming et une interdiction de développer du contenu exclusif : “Nous n’avions plus l’opportunité d’avoir des exclusivités face à Netflix et Amazon“, s’est-il désolé. L’injonction n’a été levée qu’en juin 2017. “En deux ans, on a été rayé de la carte sur ce marché qui est en train de se substituer à la télévision.

Canalplay a pris un retard considérable

En réalité, la majorité des exclusivités de Netflix et Amazon sont des séries que ces plateformes produisent elles-mêmes. L’argument ne pèse donc pas seul dans la balance. L’explication du déclin de Canal réside aussi dans le retard que le média français a pris face à cette nouvelle concurrence, qui a réagi tardivement sur le coût de ses abonnements.

Il est toutefois important de préciser que les plateformes de streaming internationales jouissent d’un double avantage : elles n’ont aucune obligation de création sur le territoire dans lequel elles diffusent leurs programmes, et pratiquent une optimisation fiscale intense.

Quant à CanalPlay, son heure n’a pas encore sonné. Canal Plus parle d’un raccrochage “dans les prochains mois“. L’avenir des abonnés est encore incertain mais il est “probable qu’ils intègrent d’une manière ou d’une autre myCanal“, un service qui regroupe toutes les offres Canal Plus sur ordinateur, tablettes et smartphones.