Le ministre de l’Intérieur présente le système de contrôle et de surveillance par caméras comme une nécessité. Le gouvernement et l’administration français s’inspirent du modèle chinois pour tenter de développer un réseau de caméras à reconnaissance faciale.

Caméra de surveillance

Le “réseau céleste“, un réseau de 20 millions de caméras déployées en Chine et qui analysent jour et nuit le visage des passants des grandes villes, intéresse les autorités françaises. Cet outil de surveillance est capable de déterminer avec précision l’âge, l’habillement, le sexe, le type de voiture des passants, et de déclencher une alarme lorsqu’un criminel recherché est détecté.

La France est championne en termes de surveillance numérique : boîtes noires chez les fournisseurs d’accès internet, logiciels de morpho-analyse intelligents, sondes sur les câbles immergés en mer, systèmes d’interception des communications silencieux, autant d’équipements dont bénéficient la police et les services de renseignements. Gérard Collomb annonce la modernisation de ces services.

Pour le ministre français de l’Intérieur, cette évolution passe par la reconnaissance faciale : “En matière d’exploitation des images et d’identification des personnes, on a encore une grande marge de progression. L’intelligence artificielle doit permettre, par exemple, de repérer dans la foule des individus au comportement bizarre“. Le gouvernement veut pouvoir contrer les manifestations violentes à l’aide de technologies prédictives, de caméras capables de détecter les individus au comportement suspect.

Un tel système pose de nombreuses questions pour les défenseurs de la liberté et des Droits de l’Homme : comment se baser sur des prédictions pour arrêter une personne qui n’a encore rien commis de répréhensible ? Peut-on accepter que les données biométriques soient relevées ? Et s’assurer qu’elles ne serviront pas à d’autres fins ? Des questions que la Chine ne s’est pas posée pour implanter son réseau de surveillance, et que la France s’apprête à imiter.