La messagerie Snapchat va officiellement s’ouvrir aux applications extérieures mais promet de limiter au minimum les données personnelles auxquelles elles peuvent accéder, un sujet très sensible depuis le scandale Facebook/Cambridge Analytica.

Crédit photo : AFP
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Snap, sa maison mère, a lancé jeudi une boîte à outils pour développeurs –baptisée Snap Kit– pour leur permettre de rendre leurs applications compatibles avec Snapchat, ce qui suppose de leur donner accès à certaines données, comme le font déjà les autres réseaux sociaux ou groupes technologiques.

Les utilisateurs de Snapchat pourront ainsi par exemple se connecter à d’autres sites et applications via leur compte, en cliquant sur “S’inscrire avec Snapchat” comme cela est déjà possible avec Facebook.

Une multitude d’applications proposent en effet de “S’inscrire avec Facebook”, un moyen rapide d’accéder à une application mais qui suppose que celui-ci aura accès à certaines données du compte de l’utilisateur (date de naissance, contacts …). Ce système permet au réseau social d’être omniprésent sur internet.

Mais Snap assure ne pas vouloir “réduire les attentes en termes de confidentialité” et de sécurité, a indiqué à l’AFP Jacob Andreou, en charge des produits chez Snap, qui affirme que Snap Kit était déjà engagé bien avant le scandale autour de la fuite de données de dizaines de millions d’utilisateurs vers la firme Cambridge Analytica via une application extérieure de tests psychologiques.

Ce scandale retentissant avait mis en lumière le fait que beaucoup d’applications ou sites internet avaient pu ou pouvaient avoir accès à de nombreuses données d’utilisateurs, sans toujours les contrôles adéquats.

Snap, qui cumule les pertes financières, a donc assorti “Snap Kit” de nombreuses précautions: les utilisateurs ne pourront partager au maximum que leur pseudo et leur avatar (“Bitmoji”) pour s’inscrire à une autre application. Snap promet aussi d’examiner avec soin toutes les applications avant de les autoriser.

“Nous voulons êtres sûrs d’intégrer sécurité et confidentialité dans la conception même” des outils, a insisté Katherine Tassi, responsable juridique adjointe en charge des produits et de la confidentialité.

Snapchat avait subi en 2014 un gros piratage touchant ses utilisateurs dont les pseudos et numéros de téléphone s’étaient retrouvés sur internet en raison d’une faille de sécurité, ce qui avait contribué à lui donner l’image d’une application un peu trop vulnérable.

Snap compte notamment sur ces nouvelles fonctionnalités pour attirer de nouveaux utilisateurs et les fidéliser.