Sorti juste avant que Roland-Garros ne débute, Tennis World Tour a fait du pied aux amoureux de la raquette au moment opportun. Une sortie empressée qui empêche le titre de réellement convaincre, celui-ci peinant à marquer des points, à quel que niveau que ce soit.

Tennis World Tour

Dès le lancement de Tennis World Tour, on s’aperçoit qu’il est incomplet. Promis pour plus tard, le mode online est aux abonnés absents, tout comme la possibilité de jouer en double. Il nous reste donc les très classiques mode carrière, mode exhibition ainsi que l’Académie de tennis pour nous permettre de taper de la balle comme il se doit.

Pour y jouer avec un ami, le mode exhibition reste la seule solution, permettant de se lancer dans un match rapide ou de créer un tournoi en mode local, avec ses propres règles. L’Académie n’est rien de moins qu’un mode entraînement, regroupant des tutoriels ainsi que des exercices plus avancés qui se débloqueront au fil du mode carrière. C’est donc dans ce dernier que le joueur trouvera le cœur de Tennis World Tour.

Un mode carrière assez complet

Passée une création de joueur des plus basiques (une dizaine de modèles prédéfinis, sans possibilité de modifier les traits du visage, ni la coupe de cheveux), il faudra gérer un calendrier d’évènements rassemblant tournois, matchs d’exhibition, entrainements et activités diverses (dont des phases de repos, une jauge de fatigue étant à prendre en compte) et ce, dans le but de monter dans le classement mondial.

Un déroulement classique, qui se fait au fil des saisons (avec la possibilité de participer à un seul de ces événements par mois !) lors duquel le joueur accumule de l’argent ainsi que de l’expérience. Des points de compétences sont également remportés et sont à dispatcher entre l’attaque, la défense et le service-volée, et des aptitudes spéciales se débloquent au fur et à mesure. Celles-ci se présentent sous forme de cartes qui offrent des bonus permanents ou temporaires. Le joueur dispose ainsi d’une sorte de deck avec 5 emplacements pour y placer ses compétences favorites, qui montent elles-mêmes en niveau au fil des matchs. Un aspect plutôt original qui différencie quelque peu Tennis World Tour des autres jeux de simulation de tennis. Ajoutez à cela le choix d’un coach, d’un agent et bien sûr de votre équipement et vous obtenez un mode carrière dans l’ensemble plutôt bien fourni.

Le jeu dispose d’un casting de 31 joueurs et joueuses sous licence, dont Roger Federer, David Goffin, Angélique Kerber, Caroline Wozniacki ou encore Gaël Monfils. La majorité sont masculins (24) et ni Nadal ni Djokovic ne sont ici présents. A noter d’ailleurs que Tennis World Tour, dans sa version initiale de lancement tout du moins, ne comprend pas de tournoi officiel. Bigben a néanmoins communiqué récemment qu’il avait signé un accord avec la Fédération Française de Tennis pour intégrer Roland-Garros et ses courts dans un futur proche (mais on ignore si cela sera payant ou non).

Tennis World Tour

Un gameplay à la ramasse

Mais pour pouvoir en profiter pleinement, il faudrait que les tennisman et tenniswoman répondent au doigt et à l’œil du joueur. Or, tant les animations que le gameplay manquent de souplesse. Le jeu est à ce point déséquilibré qu’il semble avoir abandonné la notion de timing, pourtant primordiale au tennis. Pour frapper la balle et la placer là où on le souhaite, Tennis World Tour demande de charger chaque coup en laissant son doigt appuyé sur le bouton du coup choisi, ce qui influe également sur la puissance de ce coup. Vous aurez beau tourner le stick directionnel à fond dans une direction, si vous n’avez pas suffisamment chargé votre petite jauge, la balle restera en milieu de terrain. Cela demande un petit temps d’adaptation mais le hic, c’est que même lorsque la méthode est acquise, vous n’aurez toujours pas l’impression de contrôler parfaitement votre joueur.

Exemple : il arrive fréquemment que l’on frappe la balle en étant parfaitement sur ses appuis avec un résultat peu puissant alors qu’à contrario on peut renvoyer un revers hyper puissant en position de faiblesse. Pas très réaliste. Et ce n’est là qu’un exemple, le jeu n’en faisant régulièrement qu’à sa tête en stoppant parfois brusquement la course de votre joueur en plein sprint, en refusant de frapper la balle alors qu’elle était pourtant à votre portée ou en balançant un coup que vous n’aviez pas choisi.

Tennis World Tour(2)

Une ambiance mortelle sur le court

Ce manque de souplesse et de précision se fait également ressentir dans les animations des personnages qui manquent globalement de fluidité et offrent des déplacements saccadés qui font peine à voir. Sans oublier l’animation d’avant-service lancée automatiquement qui ne peut pas être interrompue, et qui recommence à chaque fois que vous vous déplacez sur votre ligne de fond. Le genre de détail qui agace fortement !

Ajoutez à cela un public pour ainsi dire figé, qui nous ramène carrément à deux-trois générations de moteurs graphiques en arrière, une ambiance sonore en provenance d’un autre espace-temps (commentaires répétitifs et ringards, public désynchronisé) et une modélisation des joueurs correcte mais limitée, et vous obtenez un titre fort peu excitant qui sent la sortie précipitée. Et pour cause : le patron de Bigben Interactive a avoué que le développement n’était bouclé qu’à 20% à seulement quelques semaines de la sortie. Plutôt que d’attendre pour avoir un résultat convaincant, il a néanmoins sorti le jeu pour ne pas perdre le bénéfice des campagnes marketing engagées.

Résultat : le joueur essuie aujourd’hui les plâtres avec en main un jeu de tennis aussi peu excitant qu’une messe funéraire. Et même si des mises à jour ont été promises pour peaufiner le jeu et y ajouter notamment le mode online, on a tout de même du mal à le voir devenir au fil des patchs un bon représentant du genre tant la version ici présente parait bâclée.

Les + :

– Un mode carrière assez complet
– Les compétences à placer dans deck
– Plutôt facile à prendre en mains

Les – :

– Pas de online ni de double au lancement
– Une gestion des hitboxes douteuse
– Un moteur graphique pas à la hauteur
– Le manque de fluidité global
– Pas de tournois officiels
– L’ambiance sonore monotone

Conclusion

Pas très folichon côté contenu malgré une mode carrière assez fourni (pas de online ni de tournois officiels au lancement), Tennis World Tour reste dans le bas du classement en ce qui concerne son gameplay et ses animations. Problèmes de flottements, hitboxes mal gérées, bugs en tous genres, personnages globalement rigides et comportement parfois aléatoire, Tennis World Tour s’avère très rapidement frustrant. Plusieurs éléments nous renvoient même une à deux générations en arrière, ce qui ne nous donne qu’une seule envie : ressortir ce bon vieux Top Spin 4 (en tous points supérieur à Tennis World Tour) qui reste, sept ans après sa sortie, toujours la référence en termes de simulation de tennis. Jeu, set et match !

10/20