Test – Detroit Become Human : un chef d’oeuvre de la science-fiction sur PS4

Par posté le 5 juin 2018

Attendu au tournant, le nouveau jeu de David Cage ne déçoit pas…

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Après Fahrenheit, Heavy Rain et Beyond Two Souls, le studio français Quantic Dream nous livre sa dernière création sur PS4. Attendu au tournant, Detroit Become Human faisait rêver les passionnés de science-fiction depuis plusieurs années, et s’était même transformé en une véritable arlésienne sur la plate-forme de Sony.

Et, fort heureusement, le jeu de David Cage ne déçoit pas. Bien au contraire même puisqu’il s’agit ni plus ni moins que d’un chef d’œuvre de la science-fiction. Reprenant dans les grandes lignes l’univers d’I, Robot, Detroit propose une plongée dans un monde futuriste dans lequel les androïdes font désormais partie intégrante du paysage. Fidèle à ses habitudes, David Cage nous livre une œuvre à mi-chemin entre le jeu vidéo et le film d’animation, en laissant toutefois une plus grande part de liberté dans l’action que dans les précédents jeux de son studio.

Plongé dans la ville de Detroit en l’an 2038, le joueur découvre une société radicalement différente de la nôtre, dans laquelle les robots – ou androïdes – ont progressivement remplacé les humains pour les tâches les plus ingrates.

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Dans cet univers parallèle, la ville de Detroit est devenue le coeur névralgique de Cyberlife, le premier producteur d’androïdes au monde. Autrefois désertée, la mégalopole s’est transformée en une ville avant-gardiste, dans laquelle les robots partagent le quotidien des êtres humains. Là où Quantic Dream marque des points, c’est justement dans le fait que le studio français ne s’est pas contenté de nous livrer un simple jeu de science-fiction, mais nous fait découvrir tous les enjeux de cette société, dans laquelle de nombreux humains se sont vus relégués au rôle de simples figurants, incapables de trouver un travail, démunis face aux multinationales, et surtout très en colère contre un système qui leur a tout volé.

Autre point fort de Detroit, le jeu nous fait découvrir son scénario à travers plusieurs personnages centraux, qui se passent le flambeau d’un chapitre à l’autre, et nous permettent d’explorer plusieurs formes de narrations, de plusieurs points de vue. Seul élément commun à tous ces androïdes : ils se découvrent tous une personnalité qui les pousse à entrer en contradiction avec le code qui régit leur comportement.

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Solide, le scénario du jeu prend du temps à s’installer et explore surtout différentes lignes narratrices, mêlant habilement thriller, enquête criminelle et analyse sociétale. Beaucoup plus riche qu’il n’y paraît, le jeu évite donc brillamment le cliché du blockbuster bête et méchant. Si la qualité d’écriture n’est pas irréprochable – on regrette tout de même quelques clichés et raccourcis un peu trop faciles -, l’œuvre dans son ensemble n’en reste pas moins très convaincante et ouvre plusieurs pistes d’analyse. Car oui, l’univers qui nous est présenté dans Detroit pourrait très bien être le notre d’ici 30 ans. Quantic Dream a véritablement soigné ses détails et n’a pas hésité à aller très loin en multipliant les clins d’oeil. On notera d’ailleurs que même si le joueur contrôle des androïdes, les personnages qu’il incarnera durant l’aventure présentent tous un certain charisme, à l’inverse – malheureusement – de la plupart des humains rencontrés.

Dans la pratique, ce qui impressionne le plus c’est le nombre de choix auxquels le joueur est confronté, et qui pourront lourdement influencer le scénario. Car dans Detroit, chaque choix a des conséquences, des dialogues aux actions, et le joueur pourra analyser chacune de ces décisions en fin de partie en naviguant à travers l’interface lui présentant les différents embranchements scénaristiques. Tout ceci offre au jeu de Quantic Dream une excellente rejouabilité, en plus de permettre au joueur de “personnaliser” son expérience.

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Et si une grosse partie des séquences de jeu impliquent des QTE et des dialogues, Detroit se révèle un tantinet plus ludique que les précédents projets du studio, en ajoutant par exemple des séquences d’enquête qui permettront de débloquer plusieurs embranchement scénaristiques. Certes, le rythme du jeu est relativement lent, mais le scénario est ponctué de quelques séquences d’action et de passages plus nerveux, durant lesquels les décisions des joueurs auront une importance capitale sur le scénario.

On notera d’ailleurs qu’outre l’objectif “principal” de chaque mission – par exemple, sauver l’otage d’un androïde hors-de-contrôle -, le joueur devra également réaliser de nombreux objectifs secondaires pour faire progresser l’enquête, en améliorant par exemple ses relations avec son partenaire policier, ou en choisissant – ou non, de sauver une enfant.

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En plus de nous livrer une aventure inoubliable – et plutôt longue de surcroît -, Detroit Become Human peut également se targuer d’être une jolie vitrine technologique pour la PS4 avec ses graphismes à couper le souffle. Alors bien sûr, les environnements sont de taille très modeste, et il s’agit d’un jeu hybride, qui offre une maigre liberté d’action. Toutefois, la prestation n’en reste pas moins impressionnante, tant au niveau du game design que de la quantité de détails entraperçus. On sent que Quantic Dream a réalisé des efforts considérables pour plonger le joueur dans un univers qui lui paraisse le plus crédible possible.

On notera par ailleurs qu’au niveau de la bande sonore également, Detroit Become Human frappe très fort, avec des doublages en anglais d’une très grande qualité, des sous-titres français efficaces, et des bruitages et musiques qui immergent parfaitement le joueur dans l’univers futuriste du jeu.

Accessible, en dépit de sa complexité narrative et de son sujet très sérieux, long en dépit de son gameplay simpliste, visuellement superbe en dépit de l’immensité de son univers, Detroit Become Human est une fantastique démonstration de la part des développeurs de Quantic Dream, et assurément l’un des titres incontournables de cette année 2018. Passer à côté serait en tout cas une grossière erreur, tant pour les passionnés de science-fiction que de cinéma, tant il s’agit une fois encore d’une œuvre maîtresse.

Les + :

- Une solide durée de vie
- La réalisation graphique
- Un univers très riche
- Les nombreux embranchements scénaristiques
- Des doublages soignés
- Des personnages centraux soignés
- Une jolie fresque futuriste
- La patte “Quantic Dream”
- La bande sonore

Les – :

- Quelques raccourcis scénaristiques
- Quelques lenteurs
- Un gameplay très assisté

Conclusion

Plus qu’un simple jeu d’aventure, Detroit : Become Human est un véritable film e science fiction interactif qui nous plonge dans un univers dans lequel les androïdes font partie intégrante de la société. Véritable chef d’œuvre de science-fiction, le jeu de Quantic Dream nous livre une exploration intelligente et touchante de notre futur. Fidèle à son ADN, le studio propose également au joueur de faire ses propres choix pour faire progresser le scénario selon ses affinités. Une approche intelligente qui transforme cet ouvrage en un véritable “film dont vous êtes le héros”. Visuellement irréprochable, le jeu de Quantic Dream fait également office de belle démo technique pour la PS4, sans toutefois se transformer en un blockbuster. Les développeurs de Detroit ont préféré une approche plus narrative et plus intelligente. Une œuvre majeure à côté de laquelle les amateurs de films de science-fiction ne peuvent passer…



17/20


Responsable des blogs Geeko et Belgium-iPhone. Retrouvez-moi sur twitter : @etiennefroment

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2 Comments

  1. dodolasomur

    6 juin 2018 at 11 h 18 min

    Ok je vois le genre de “journaliste” que vous êtes…

    Ça donne 17/20 à un jeu QTE, n’apportant rien par rapport aux précédents titres de Quantic (qui ne me fait vraiment pas “dream”)

    “Une œuvre majeure”… lol, je n’accordais déjà aucune crédibilité à ce “testeur” qui ne semble s’adresser qu’aux Casual gamer, ce qu’il semble être en réalité.

    • dsk

      6 juin 2018 at 14 h 17 min

      Et les Casual gamer, c’est de la merde? C’est cela ton propos?
      Le jeu a eu 79 sur metacritic (dont 8.7 pour les userScore). Ce journaliste semble plus proche de ses confrères, et “légèrement” en dessous de l’ensemble des joueurs (casuel ou non).
      Alors, ton avis de d’expert inconnu, osef.
      Continue tes LOL kikou LOL comme analyse pertinente, pas la peine de pérorer, tu sembles sans level.

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