Test – Conan Exiles : quand RPG rime avec survie

Par posté le 28 mai 2018

Après une longue attente, le studio Funcom nous livre enfin son RPG survivaliste Conan Exiles. Ambitieux, le projet a toutefois frôlé à plusieurs reprises la mort clinique, la faute à un accouchement pour le moins douloureux…

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Le studio norvégien Funcom sort officiellement son nouveau bébé : Conan Exiles. Un projet de longue haleine puisque les joueurs impatients pouvaient déjà parcourir les terres d’Hyboria depuis plus de 14 mois sur PC. Un sacré périple pour le studio donc, qui a pris plus d’un risque dans le développement de ce titre. Ce n’est pas à sa première tentative d’adaptation de l’œuvre de Robert E. Howard, puisque le studio sortait déjà en 2008 Age of Conan, un MMORPG qui souffrait malheureusement de nombreux bugs. On est en droit de se demander si ce nouvel essai sur les terres d’Hyboria est digne de la légende de Conan. Pour ce « nouveau » titre, le studio s’est tourné vers le modèle de jeu survivaliste, où esclavage et massacre sont de bons tons.

Conan or not Conan

Si Conan n’a qu’une intervention limitée dans l’aventure, son univers macabre et cruel est parfaitement retranscrit dans ce jeu. Sur fond de survie, les plus assoiffés de sang pourront largement trouver leur compte. L’ambiance s’installe dès les premiers instants puisqu’on découvre notre personnage, crucifié sur une croix au milieu d’un désert, attendant patiemment sa mort. Macabre, l’introduction du jeu donne directement le ton.

C’est l’occasion pour le joueur de modeler son avatar à son goût. Choix de l’ethnie, taille, religion, traits du visage, coupe de cheveux et même taille de la « virilité », on peut dire que le concept de personnalisation est poussé à l’extrême.

Après une apparition presque divine de Conan, nous voilà laissés à notre propre sort. Avec ce titre, Funcom ne nous livre pas un scénario très intéressant à l’inverse de l’univers dans lequel on devra progresser. Notre survie assurée grâce aux différentes sources d’eau et massacres de bêtes sauvages, il sera également question de conquérir des terres et asservir les autres tribus.

Survivre demande des efforts

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Reprenant les principes de base des jeux de survie, Conan Exiles exigera du joueur de se montrer attentif aux besoins primaires de son personnage ; soif, faim, température et encombrement. Des points qui occuperont une certaine partie de l’aventure et qui seront plus ou moins facilités – ou non – par l’environnement souvent brutal dans lequel on évolue.

Tuer des animaux, boire dans un cours d’eau, cueillir et ramasser des objets pour se vêtir et se construire un abri donnent une assez bonne expérience de simulation de survie avec des conséquences logiques ; manger de la viande crue intoxiquera notre personnage, par exemple. Bien fichu, mais plutôt basique comme point de départ.

Conan Exiles, c’est aussi beaucoup de crafting, à savoir de l’artisanat. Une grande partie de l’aventure se résumera à récolter des ressources et construire des matériaux et autres structures afin de se confectionner des objets toujours plus puissants. À force de monter de niveau, des nouvelles recettes d’artisanats seront disponibles et pourront être apprises grâce à des points d’aptitudes gagnées.

Les recettes sont très diverses et se montrent très nombreuses. Malheureusement, la récolte des ressources nécessaires s’avère assez répétitive et leur nombre augmentera en fonction de la puissance des objets. Si cela peut gêner certains joueurs, d’autres, plus adeptes de ce genre de crafting seront ravis.

La légende des barbares

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L’autre aspect du jeu consiste à massacrer et asservir les autres habitants du royaume. En explorant les différentes terres, le joueur rencontrera toutes sortes de populations qui ont un point commun assez primitif, elles n’aiment pas trop les visiteurs étrangers. Une réaction qui se terminera le plus souvent en bain de sang. Beaucoup de sang.

Le monde de Conan Exiles s’avère être extrêmement grand et varié et ses secrets sont multiples. Chacune des parties – désert, forêt ou glacier – présente leurs propres caractéristiques et oblige le jouer à s’adapter. Les monstres, les matériaux et les civilisations changent en fonction de l’environnement ce qui poussera les plus curieux à s’aventurer un peu partout sur cette immense carte. Au-delà des massacres, il sera question d’asservir les pauvres âmes qu’on rencontrera sur notre route, histoire d’agrandir notre pouvoir et notre empire.

Seul contre le monde

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Le vrai plus de Conan Exiles est sa diversité des modes. Autant on peut choisir la difficulté des modes, autant on peut choisir de joueurs en solo, en coopération ou en ligne. Le mode en ligne propose également deux sous-genres ; joueur contre joueur ou joueurs contre l’environnement, avec la possibilité de s’associer.

Si sur le papier, c’est plutôt attrayant, la réalité est bien différente puisque la pauvreté des serveurs rend presqu’impossible le jeu en ligne. Assez paradoxalement, alors que le jeu est vendu comme un titre multijoueur, la majorité des joueurs progresseront dedans en solo. Les différents serveurs ne permettent d’ailleurs d’accueillir que 40 joueurs, autant dire qu’on est très loin d’un MMORPG à la World of Warcraft. Malheureusement, la progression que vous aurez réalisée sera sauvegardée sur ce serveur uniquement. Ce qui veut dire qu’en cas de surcharge des serveurs, les plus avancés ne voudront plus aller ailleurs sous crainte de perdre leur empire…

Un goût de version inachevée

Autre mauvaise nouvelle, le jeu intègre de nombreux bugs, comme son prédécesseur Age of Conan. C’est un comble quand on sait que le jeu est accessible depuis plus d’un an. On a l’impression que c’est une version non terminée que nous livre Funcom ici. Conan Exiles aura clairement besoin de plusieurs mois de travail pour corriger tous ses défauts. Les développeurs étant très actifs, nul doute toutefois que les prochaines mises à jour corrigeront les défauts du jeu.

Que ça soit taper sur un ennemi, monter sur les parois d’un rocher, sauter dans l’eau et autres, la grande majorité des animations et de l’ergonomie en général manquent de finitions. La caméra ne suit pas les mouvements si bien qu’on frappe souvent dans le vide au lieu de fracasser l’ennemi. L’ajout du verrouillage de cible serait un plus. Grimper sur les parois des montagnes prête parfois à rire tellement l’opération peut se révéler catastrophique, le personnage ne touchant même pas les murs et grimpant dans le vide.

Un univers riche et diversifié

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Et cela contraste beaucoup avec la beauté des décors. Pour cet aspect, les développeurs ont fait du beau travail tant au niveau des graphismes qu’au niveau de la diversité des environnements. La carte est d’ailleurs d’une assez grande taille, ce qui permet une belle exploration. Désert, neige ou forêt, chaque partie a sa propre identité une faune et une flore caractéristique ; plantes exotiques, créatures et donjons redoutables, la diversité donne envie d’en explorer plus. L’un des gros points forts du jeu.

Le tout étant sublimé par des jeux de lumière d’une grande qualité, offrant des spectacles magnifiques lors du lever du soleil. On notera que l’alternance jour/nuit a un réel impact sur l’aventure. Il est vraiment déconseillé de s’aventurer la nuit sans sa torche tellement la nuit est sombre et les ennemis nombreux.

Le travail sur l’ambiance musicale et sonore est sympathique dans le sens où les interactions avec les décors sont respectées en termes de bruitages. Pareil avec les animaux et humains, ces interactions étant soulignées par une musique épique qui nous prévient gentiment si on a été détecté par un ennemi.

Les dialogues sont plutôt anecdotiques. Lors des combats, quelques menaces fusent de part et d’autre. À certains moments clés, notre personnage tente des déclarations philosophiques sans aucun impact.

Les + :

- On retrouve parfaitement l’univers de Conan, le barbare
- L’aspect jeu de survie est assez bien construit
- Les décors sont très beaux et variés
- L’univers est riche et complexe
- Les possibilités sont immenses
- Une durée de vie infinie

Les – :

- Des bugs par milliers
- Des animations d’un autre âge
- Le mode en ligne pratiquement injouable

Conclusion

Attendu au tournant, Conan Exiles ne parvient pas tout à fait à convaincre, la faute en grande partie à ses nombreux bugs, ses animations d’un autre âge et son mode multijoueur décevant. Celui-là même qui était censé donner tout son intérêt à ce titre à part… Dans la pratique, le jeu de Funcom s’impose toutefois comme un jeu de survie assez fun, qui sort des sentiers battus avec ses mécanismes de jeu particuliers, et qui parvient à créer son propre univers, en se basant sur une licence forte. Visuellement très beau, le titre édité par DeepSilver est donc une semi-déception, qui devrait toutefois s’améliorer progressivement au cours des prochains mois…



13/20


Pigiste chez Geeko et Belgium-iPhone.
Twitter : @JennMrtns

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