Facebook veut que vous lui communiquiez vos sextapes et photos de nu

Par posté le 25 mai 2018

Dans le but de lutter contre le phénomène du revenge porn, Facebook propose à ses utilisateurs de lui envoyer ses photos intimes.

Crédit photo : AFP

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En partenariat avec des associations et organismes spécialisés dans la protection de la vie privée sur Internet (dont la Cyber Civil Rights Initiative aux USA, le YWCA Canada, la Revenge Porn Helpline du Royaume-Uni et le bureau australien de l’eSafety Commissioner), Facebook lance un programme qui permet aux utilisateurs d’envoyer des photos ou des vidéos intimes qu’ils craignent de voir partagées sur le réseau sans leur consentement.

Les personnes peuvent dès lors contacter leur organisation locale (cela est pour l’instant uniquement possible en Australie, au Canada, au Royaume-Uni et aux États-Unis) qui leur remettront un formulaire à compléter. Elles recevront ensuite un lien d’upload unique et sécurisé pour envoyer l’image ou la vidéo. Facebook crée ensuite une empreinte numérique qui permet aux serveurs d’identifier et de bloquer le contenu sensible en cas de mise en ligne sur Facebook, Messenger ou Instagram. Celui-ci sera ensuite définitivement supprimé des serveurs dans un délai de sept jours.

“Nous ne souhaitons pas que Facebook soit un lieu où les gens craignent de voir leurs photos intimes partagées sans leur consentement”, avait écrit Antigone Davis, la responsable de la sécurité de Facebook, dans un communiqué publié en novembre dernier. Ce mardi 22 mai, elle indiquait sur le compte Facebook Safety que “Les gens ne devraient pas avoir la possibilité de partager des images intimes pour heurter autrui”, invitant ainsi les utilisateurs à envoyer leurs contenus intimes à Facebook.

Lutter contre le revenge porn

Le but du programme est de pallier au phénomène du revenge porn (vengeance pornographique, en français) qui consiste à partager publiquement sur Internet des photos ou des vidéos au contenu sexuellement explicite, sans le consentement de la ou des personnes apparaissant sur le contenu en question. Cela est pratiqué dans le but de causer du tort à cette personne, soit par pure vengeance, soit, s’il s’agit d’un piratage, pour faire du chantage et ainsi réclamer une somme d’argent pour supprimer le contenu exposé.

Mais il y a un hic dans le procédé proposé par Facebook pour lutter contre le phénomène. En effet, son algorithme de détection n’est pas imparable et peut facilement être berné. Celui-ci rencontre de fait encore des difficultés à identifier une photo légèrement retouchée ou même recadrée.

Antigone Davis précise que l’entreprise espère apprendre de cette phase de test pour améliorer ses outils afin de lutter efficacement contre “ces situations dévastatrices”. Reste encore à savoir si les utilisateurs concernés oseront confier leurs photos intimes à une entreprise privée telle que Facebook, surtout suite au scandale Cambridge Analytica qui avait révélé que les données de millions d’utilisateurs avaient été exploitées par un cabinet d’analyse.

Rédacteur sur les plateformes Geeko et Belgium-iPhone. Cinéphile acharné et authentique gamer.

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