Test – State of Decay 2 : une suite sans aucune saveur

Par posté le 17 mai 2018

Jolie surprise à l’époque, State of Decay avait entrouvert les portes pour une nouvelle franchise qui aurait pu rapporter gros à Microsoft. Sa suite enterre malheureusement tout espoir de voir l’univers de la série prendre son envol.

state of decay 2

Rappelez-vous, en 2013, un petit studio indépendant livrait un jeu indé ambitieux qui proposait aux joueurs de tenter de survivre à une invasion de zombies en établissant sa propre colonie. Le projet avait à l’époque attiré l’attention de Microsoft, qui l’avait pris sous son aile jusqu’à la sortie du jeu, au format numérique. Joli succès commercial, le premier volet avait poussé Microsoft à supporter le développement d’une réédition du jeu sur Xbox One, et d’une suite, plus ambitieuse, qui sortirait au format physique cette fois.

Reprenant dans les grandes lignes le concept de son ancêtre, State of Decay 2 joue essentiellement la carte du multijoueur pour tirer son épingle du jeu. Se rapprochant d’un Walking Dead dans son concept, State of Decay 2 propose donc au joueur de prendre la direction d’un petit groupe de survivants dans un univers post-apocalyptique. Face à des hordes de zombies, il faudra établir une colonie, sécuriser un périmètre et organiser des missions pour chercher denrées, matériaux et survivants et agrandir ainsi sa colonie.

state of decay2 b

Ne vous attendez toutefois pas à un jeu scénarisé puisque State of Decay 2 appartient au genre des bac-à-sable. En début de partie, le joueur devra choisir un couple de héros, qui présentent tous des particularités différentes, apprendre les rudiments du gameplay à travers un bref tutoriel, puis choisir sa carte de jeu (au nombre de 3).

Assez étonnamment, et même si le principe est bien pensé, les débutants auront beaucoup de mal à se faire au principe du jeu. Par exemple, il n’existe aucun aperçu des 3 cartes avant de poser son choix. Une courte vidéo aurait pourtant suffi à convaincre le joueur de son choix…

Lorsque la partie se lancera, le même problème se posera. Ceux qui n’ont pas essayé le premier volet seront à nouveau perdus. Certes, des missions permettent de guider le joueur dans sa progression, mais celui-ci devra apprendre par coeur les mécanismes de survie. Car State of Decay 2 n’est pas un bête shooter. Il faudra également passer du temps à construire sa colonie – établir un potager par exemple, pour répondre aux besoins des survivants, augmenter le nombre de lits pour accueillir de nouveaux résidents, améliorer le système de barricades, etc.

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Après avoir appris les rudiments de la survie, le joueur partira en mission pour récupérer différents équipements. Le scavenging est une partie importante du gameplay, et le joueur devra fouiller le moindre recoin pour récupérer denrées, armes et matériaux de construction pour améliorer son infrastructure. Un concept amusant quelques heures mais qui montre vite ses limites. Car en dehors de ça, et des missions de sauvetage de survivants, le jeu ne propose pas grand chose à se mettre sous la dent.

Quelques petites idées permettent toutefois d’ajouter un peu de piquant à la partie, notamment la fameuse “peste rouge”, une maladie que votre joueur pourra contracté une fois mordu par une créature infectée – heureusement, elles ne courent pas les rues! -, et qui nécessitera l’usage d’un sérum pour être soignée, sans quoi votre joueur quittera définitivement ce monde. Une permadeath amusante, qui ajoute un certain enjeu, même si dans la pratique le joueur pourra incarner par la suite d’autres personnages.

Pour survivre face à cet apocalypse zombie, le joueur pourra compter sur ses coéquipiers, son armement, ses statistiques (à améliorer!), des véhicules et sa faculté à gérer le danger, car oui, State of Decay 2 peut être très exigeant. Lorsqu’un personnage est infecté, que la colonie est à cours de ressources et que vos alliés sont attaqués, il devient vite nécessaire de faire un choix, et des dommages collatéraux surviennent quasi systématiquement.

D’un ennui mortel en solo – compte tenu de la pauvreté de son scénario, de sa mise en scène d’un autre âge (oubliez le multi-angle, bonjour le grand angle!), de ses dialogues creux -, State of Decay 2 ne présente qu’un intérêt mineur en multijoueur, à quatre, en coopération. Pourquoi mineur? Car même s’il a été pensé pour être joué à plusieurs, le jeu reste mal pensé : les bugs sont légion, quelques ralentissements occasionnels sont font ressentir, les ennemis sont généralement peu nombreux, et l’I.A. est tout bonnement catastrophique. Ajoutez à cela des sensations maigres lors des gunfights, et vous comprendrez que State of Decay 2 ne tient pas la comparaison avec les autres jeux du même genre. Le cul entre deux chaises, le jeu d’Undead Labs présente toutefois quelques bonnes idées, comme la maintenance de sa colonie, ou la présence de créatures infectées par une grave maladie, fort agréables.

STATE OF decay 2 d

A cela, il faudra ajouter une multitude de défauts, parmi lesquels des menus peu ergonomiques, une réelle avarice au niveau des explications apportées au joueur, des coéquipiers gérés par l’I.A. qui ne font preuve d’aucune anticipation, une absence totale d’objectif sur le long terme qui aura pour effet que la majorité des joueurs lâcheront leur manette après 3 à 5h de jeu, et une horrible répétitivité du gameplay.

Trop stressant pour la majorité des joueurs, vite irritant et surtout pas assez fun car parfois trop réaliste – devoir emmener systématiquement un bidon d’essence supplémentaire pour chaque mission, pour éviter de tomber à court d’essence est un calvaire! -, State of Decay 2 est loin, très loin d’être un grand jeu. Il n’en reste pas moins un concept amusant pour les survivalistes, qui ne séduira toutefois qu’une minorité de joueurs. Dommage, car sur le papier, le jeu était pourtant très séduisant.

La réalisation technique de State of Decay 2 ne lui fait malheureusement pas non plus honneur. Si le jeu est plus beau que son ancêtre, il est loin, très loin même d’égaler le niveau des dernières superproductions. On aurait pu fermer les yeux sur ce défaut s’il était vendu une dizaine d’euros, mais au prix auquel il est affiché (40€ tout de même!), difficile d’être généreux. D’autant plus que les bugs sont nombreux et qu’aucun effort n’a été fait au niveau de la mise en scène. Cerise sur le gâteau, les séquences de nuit son absolument injouables tellement il fait noir. Le fin faisceau de la lampe torche n’aidant pas à se diriger, on finit par naturellement modifier l’affichage sur sa télé…

Les + :

- Un concept séduisant
- La permadeath
- Quelques bonnes idées…
- La coop à quatre

Les – :

- Trop cher! (40€)
- Bourré de bugs
- Des graphismes honteux
- Zéro scénario
- Un concept trop répétitif
- Vite agaçant
- Les passages de nuit
- La mise en scène

Conclusion

Suite sans saveur d’un titre qui proposait pourtant un concept séduisant, State of Decay 2 rate pratiquement sa cible sur tous les plans. Laid, tellement mal pensé qu’il en devient agaçant, très mal scénarisé et bourré de bugs, le jeu de survie d’Undead Labs est un véritable fiasco. Sur le papier pourtant, le jeu avait tout pour séduire, à commencer par la présence d’un mode coopératif à quatre. Dans la pratique toutefois, on remarquera que le jeu n’a aucun intérêt en solo et souffre de beaucoup trop de défauts et bugs pour s’imposer comme une référence en multijoueur. A vouloir en faire un titre ultra-réaliste et orienté sur la survie, Undead Labs a fait de son jeu un titre agaçant et incapable de procurer le moindre fun. A éviter donc, même si le premier volet vous avait plu…



07/20


Responsable des blogs Geeko et Belgium-iPhone. Retrouvez-moi sur twitter : @etiennefroment

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2 Comments

  1. yooko

    20 mai 2018 at 22 h 03 min

    Faudrait jouer au jeu avant de le critiquer

  2. Somu

    21 mai 2018 at 8 h 44 min

    C’est quoi ce teste on dirait que vous n’avez pas joué au jeux et bcp des choses que vous trouvez chiantes sont pertinentes au yeux des gens.. amenez de l’essence partout, c’est normal ….en quoi c’est chiant ?

    De plus le jeu coûte 29 euros.. franchement c’est quoi ce test..

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