Test – City of Brass : Quand les créateurs de BioShock nous content les Mille et Une Nuits

Par posté le 16 mai 2018

Développé par le studio australien Uppercut Games fondé par d’anciens membres d’Irrational Games (Bioshock 1 & 2), City of Brass est sorti de sa phase “Early access” sur Steam pour voir officiellement le jour sur PC, PS4 et Xbx One. Son univers des Mille et une Nuits cuisiné à la sauce rogue-like tient-il du génie ? Réponse sans plus tarder.

City of Brass

City of Brass place le joueur dans la peau d’un voleur armé d’un sabre et d’un fouet qui va devoir se frayer un chemin dans une cité maudite où les habitants ont été transformés en squelettes, génies et autres djinns. Comme tout bon voleur qui se respecte, votre but est d’amasser un maximum de trésors et de lever au passage la malédiction qui frappe cette cité du Moyen-Orient. C’est en tous cas ce que nous évoque entre les lignes le très succinct didacticiel du jeu, City of Brass étant dénué de toute autre forme de narration.

Et on recommence encore et encore…

Le titre s’apparente dès lors à un plus ou moins long run durant lequel le joueur conserve son équipement, mais aussi ses points de vie. Chaque mort est donc synonyme de « retour à la case départ » mais, heureusement, lorsqu’un boss est éliminé il est possible de se téléporter au niveau qui suit (via un portail situé à l’entrée de la cité).

Pour faciliter ou corser l’aventure, des bénédictions ou fardeaux peuvent être activés en début de partie. Diminuer le nombre de pièges, augmenter le nombre de cœur, supprimer la limite de temps imposée par le sablier, autant de « réglages » qui s’avéreront indispensables pour explorer de façon un peu plus sereine les murs de cette vieille cité qui va vous donner bien du fil à retordre. Les ennemis sont en effet particulièrement offensifs et les pièges suffisamment retors pour vous faire enrager dès les premières tentatives. Mais une fois les mécanismes maîtrisés et la bonne stratégie adoptée (y aller de front sera la plupart du temps punitif), on se laisse prendre par le challenge proposé par City of Brass et la frustration fait dès lors place à la persévérance.

City of Brass(1)

Un gameplay qui fouette

Simple et efficace, le gameplay manque toutefois de profondeur pour provoquer de grandes sensations. Globalement, il n’y a qu’un seul type d’attaque pour le fouet comme pour le sabre. Pas de coup circulaire avec le fouet ni de parade à l’horizon. Dommage. Les combats ne sont dès lors pas très excitants, même si il est possible d’étourdir ou de faire tomber les ennemis en visant leur tête ou leurs pieds à l’aide du fouet. Pour compenser cette monotonie, les gars d’Uppercut Games misent tout sur le décor et les nombreux pièges qu’il contient. Gouffres, barrières de piques, brasiers, il est possible de pousser ou de tirer les ennemis vers ceux-ci pour les éliminer. Sympathique, d’autant que chaque niveau est créé de manière procédurale, ce qui offre des possibilités différentes à chaque run.

L’équipement, très limité, peut être amélioré en achetant certains bonus auprès de marchands régulièrement présents dans les niveaux. Seul hic, on ne sait jamais vraiment ce que l’on achète avant de l’avoir essayé (et donc d’avoir dépensé son or durement gagné) ! Fouet enflammé, fouet de glace, squelette fantôme qui se bat à vos côtés, ces améliorations, sans être indispensables, élargissent sensiblement les possibilités.

City of Brass(3)

On aurait souhaité un jeu plus complet

Notons enfin que le joueur dispose de trois vœux à dépenser parcimonieusement durant la campagne. Ceux-ci permettent de convertir des génies maléfiques en tourelles de défense, d’avoir accès à des objets rares auprès des marchands ou encore de régénérer sa barre de vie auprès d’un génie de soin, ce qui est d’ailleurs l’un des rares moyens de récupérer de la vie de manière significative (des cœurs individuels sont parfois présents chez les marchands, mais cela est bien insuffisant).

Une nouvelle preuve de la difficulté et du manque d’équilibrage de ce jeu qui, en l’état, laisse un arrière-goût amer de frustration. Un rééquilibrage ainsi que quelques ajouts ne feraient certainement pas de mal à ce titre que l’on sent pourtant conçu avec un réel amour pour le genre et qui possède en son cœur un beau potentiel. Tel qu’il est, et vendu une vingtaine d’euros, City of Brass s’en tire in extremis avec les honneurs, mais semble avant tout prédestiné aux amateurs de rogue-like et aux speedrunners en manque de challenge.

Les + :

- L’ambiance Mille et Une Nuits
- Les graphismes soignés
- Les niveaux aléatoires
- Une bonne rejouabilité
- Un tarif accessible (20 €)

Les - :

- Aucune narration
- Une difficulté assez élevée
- Un bestiaire limité
- Des coups peu variés
- Le chronomètre
- Une campagne un peu courte (4-5 heures)

Conclusion

City of Brass devrait ravir les amateurs de rogue-like en quête de challenge. Simple mais efficace, son atmosphère des Mille et Une Nuits finalement trop peu représentée dans le jeu vidéo en fait un titre qui séduit par son charme et son accessibilité, mais peut s’avérer aussi rapidement agaçant. Pour le dompter, il faudra s’y plonger et y passer des heures. Mais une fois maîtrisé, il procure de bonnes petites sensations et offre surtout une bonne rejouabilité grâce à ses niveaux générés aléatoirement. Pour autant, et malgré son prix de vente relativement bas (20€), difficile de le conseiller au grand public tant au premier contact le jeune peine à séduire avec son absence totale de narration, son bestiaire limité, ses coups fort peu variés, et sa campagne qui manque de piquant.



12/20


Rédacteur sur les plateformes Geeko et Belgium-iPhone. Cinéphile acharné et authentique gamer.

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