Attendu au tournant, le nouveau God of War ne déçoit pas. Mais est-il vraiment aussi bon que la presse le prétend?

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En développement depuis des années, ce véritable reboot de la franchise – qui ne se nomme d’ailleurs pas “God of War 4” – s’annonçait comme l’un des plus gros blockbusters de cette année, mais également comme une belle exclusivité pour le catalogue de la PS4.

Tirant parfaitement parti des capacités de la PS4 Pro, le jeu du studio Santa Monica se veut avant tout une joli démonstration technique pour la machine de Sony, destinée à faire écouler par palettes entières le modèle “Pro de la machine”.

Et, nouvelle génération de console oblige, Sony n’a pas hésité à repartir d’une feuille blanche pour cet épisode, dont l’action se déroule huit ans plus tard, sur les terres de Midgard. Exit la Grèce antique donc et place à un univers qui rapproche davantage God of War de l’excellent Hellblade : Senua’s Revenge.

Plus posé, le scénario du jeu se rapproche ici de celui-ci d’un gros blockbuster hollywoodien. Dès le début de l’aventure, le cadre est posé : Kratos vient de perdre sa chère et tendre, et lors d’une partie de chasse avec son fils, il se fait attaquer par un groupe de créatures abominables, issues des contes & légendes vikings.

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Le décor est posé et très vite, le joueur se laisse enchanter par le cadre merveilleux de cet épisode qui promet un beau voyage dans les contrées enneigées. L’originalité de cet opus vient du fait que Kratos n’est pas seul cette fois puisqu’il est accompagné de son fils, qu’il formera tout au long de son périple. Si le concept est très intéressant sur le papier, et permet l’introduction de plusieurs nouveaux mécanismes de jeu – Kratos pouvant notamment demander à son fils d’attirer l’attention d’un ennemi en décochant plusieurs flèches dans sa direction, pour le prendre ensuite à revers -, on regrettera toutefois que la relation père-fils qui est dépeinte dans le jeu reste très cliché.

Pour autant, God of War reste un voyage narratif très agréable à suivre, notamment de par sa mise en scène, pensée sous la forme d’un très long plan-séquence. Forcément, tout n’est parfait, et on regrettera notamment quelques problèmes de rythme avec des passages trop soutenus et d’autres au contraire qui décrocheront quelques bâillements chez le joueur. La créativité des développeurs n’en reste pas moins impressionnante et témoigne d’un réel rapprochement entre le septième art et le jeu vidéo. Car plus que jamais, God of War sur PS4 se rapproche d’un bon gros blockbuster américain.

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Les développeurs ont d’ailleurs procédé à de nombreux changements au niveau du gameplay au cours des cinq années de développement qui ont été données à ce nouvel épisode. La caméra passe ainsi à la troisième personne, offrant au joueur une meilleure immersion dans les combats mais également plus de précision dans les actions. S’il reste beaucoup moins technique qu’un beat them all traditionnel, God of War n’en reste pas moins un excellent divertissement et surprendra par ailleurs les joueurs de par l’impressionnante montée en puissance de Kratos, qui découvrira au fil de l’aventure de nouveaux pouvoirs et armes, toujours plus puissants.

Car oui, God of War est un titre plus technique qu’il n’y paraît au premier regard. Pour vaincre ses adversaires, et les titanesques boss, le joueur devra user de toutes les subtilités du gameplay, apprendre à utiliser le talent de distraction de son fils, et enchainer les combos efficacement.

Là où les développeurs marquent des points, c’est justement dans le fait que God of War n’enchaine pas les arènes de combats à un rythme effréné. Le jeu prend le temps de se poser, entre deux affrontements, en surprenant le joueur avec quelques énigmes – qui restent très faciles à résoudre -, des objets à récupérer, des quêtes annexes et des décors plus vastes à explorer. Les combats de boss représentent bien sûr les moments les plus intenses du jeu. Mais ils ne sont finalement qu’une petite partie de ce que God of War a à proposer aux joueurs.

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Car oui, le périple s’annonce long, très long même pour un beat them all / jeu d’aventure puisqu’il faudra plus de 20 heures au joueur lambda pour finir God of War en ligne droite. Comptez beaucoup plus si vous êtes du genre à explorer le moindre recoin et à réaliser toutes les quêtes annexes.

On regrettera toutefois que si le titre reste bien nerveux, le bestiaire ne soit finalement pas très varié par rapport aux anciens opus, et le design des créatures pas toujours très inspiré. Un peu plus de diversité et d’originalité n’aurait pas fait de mal au jeu. La mythologie nordique n’en reste pas moins très bien exploitée.

Autre petit défaut du titre, commun à tous les titres appartenant au même genre : une certaine répétitivité ne tarde pas à pointer le bout de son nez malgré la créativité des développeurs. Ceci étant dit, les affrontements de boss ajoutent le piquant nécessaire pour relancer l’intérêt du joueur.

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Toutefois, ne nous voilons pas la face. Sans ses graphismes à couper le souffle, sa direction artistique et sa bande sonore très riche, God of War n’aurait probablement pas fait le même effet. Car oui, il s’agit là d’une très grosse claque graphique qui exploite pleinement le potentiel de la PS4 Pro avec ses effets visuels superbes et ses décors grandioses – et tourne d’ailleurs très bien aussi sur PS4 -. Et, à plus d’un titre d’ailleurs, le jeu se laisse agréablement déguster pour ce qu’il est : un magnifique défouloir, aux visuels somptueux. Difficile d’y voir le jeu de l’année, tant au final God of War n’introduit rien de vraiment neuf, mais à plus d’un titre, il s’agit là d’un incontournable sur la console de Sony.

Les + :

– Des graphismes à couper le souffle
– Une narration efficace
– Une solide durée de vie
– Une incroyable montée en puissance
– La mythologie nordique
– Plusieurs combats de boss, dantesques
– Une bande sonore réussie
– Le final
– Très fluide

Les – :

– Un bestiaire pas très varié
– Un rythme haché
– La relation père / fils, trop cliché
– Quelques passages trop répétitifs

Conclusion

S’il souffre de quelques petits défauts, ce nouveau volet de la franchise God of War n’en reste pas moins une excellente pioche, et un très bon point de départ pour les développeurs, qui au vu du final, ne tarderont à nous livrer une suite. Délicieusement violent, le God of War cuvée 2018 est incontestablement une très grosse claque graphique. Au niveau du gameplay en revanche, peu voire pas de grosses surprise en dehors de la relation père-fils, qui a permis aux développeurs de se lâcher au niveau du gameplay, en introduisant quelques petites nouveautés intéressantes. Dantesque, le jeu de Santa Monica propose également une aventure riche en rebondissements, parfaitement mise en scène à travers des cinématiques sous la forme d’un long plan-séquence, dans un univers graphique radicalement différent de celui des précédents volets de la série, et pour cause puisque le nouveau God of War nous emmène à la découverte de la mythologie nordique. Belle claque graphique, God of War a tout du bon gros blockbuster. On lui reprochera toutefois un rythme parfois haché, un bestiaire pas très varié et quelques passages qui auraient gagné à être plus courts… Mais que les fans ne se trompent pas, il n’en reste pas moins un excellent divertissement!

17/20