Comment l’éthique des véhicules connectés définira qui survivra dans un crash

Par posté le 24 avril 2018

Plusieurs zones d’ombres entourent encore le fonctionnement des véhicules autonomes, et notamment en ce qui concerne les accidents de la route.

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Si de manière générale les véhicules autonomes devraient faire chuter le nombre d’accidents sur les routes, aucun système n’est infaillible et le récent accident d’un véhicule autonome d’Uber avec un piéton dans l’Arizona prouve – s’il fallait encore – que les véhicules sans conducteurs pourraient facilement se transformer en machines à tuer en cas de dysfonctionnement.

Les véhicules autonomes détectent les personnes, animaux et objets en mouvement à l’aide de tout un attirail de capteurs placés à l’avant et à l’arrière du véhicule. Ceux-ci sont capables d’anticiper les déplacements et de réagir instantanément pour éviter un crash. Certaines espèces animales donnent toutefois du fil à retordre aux ingénieurs automobiles. Ainsi, Volvo expliquait en juillet dernier avoir beaucoup de mal à anticiper les déplacements des kangourous – principale cause d’accidents sur les routes australiennes.

Parce que les systèmes seront par définition infaillibles, il faudra donc développer une éthique, qui sera employée pour définir la réaction du véhicule en cas d’accident. L’Allemagne était ainsi le premier pays à présenter des règles d’éthiques, établies par un comité de spécialistes, que les constructeurs automobiles devront suivre à la lettre. Selon la ligne de conduite dictée par l’administration allemande, il n’y aura aucune discrimination de genre, de race, de sexe ou d’âge, ce qui signifie que toutes les vies se vaudront.

Dans la pratique donc, en Allemagne, un véhicule autonome devra choisir de sacrifier le moins de personnes possible en cas d’accident. Mais la logique pourrait être totalement différente dans un autre pays…

En 2016, le MIT avait ainsi soumis un test aux internautes, dans lequel ceux-ci devaient soumettre les choix qu’ils pensaient les plus éthiques.

Vaut-il mieux renverser une personne âgée qui traverse au vert ou deux enfants qui jouent au milieu de la route et enfreignent la réglementation ? Sans surprise, les personnes qui avaient participé au test tendaient à sauver de préférence les enfants et les femmes, mais aussi les personnes ayant « une importante valeur sociale », comprenez par là les médecins ou hommes d’affaires aux détriments des SDF ou des malfrats.

Moral Machine / MIT

A cela s’ajoute bien sûr la question du conducteur. Aura-t-on le choix de définir si notre véhicule doit plutôt renverser une jeune fille ou sauver sa vie au risque de mettre celle du conducteur en danger ? La sécurité du conducteur passera-t-elle avant celle du passant ? D’un pays à l’autre, la législation devrait être différente.

Il n’est pas impossible également que certains constructeurs donnent davantage d’importance à la vie du conducteur – un choix éthique douteux qui pourrait toutefois se transformer en un véritable argument de vente.

Bref, un joli nœud qu’il sera sans doute très difficile de démêler…

Retrouvez l’intégralité de notre dossier “La voiture du futur” à cette adresse.

Responsable des blogs Geeko et Belgium-iPhone. Retrouvez-moi sur twitter : @etiennefroment

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