Les plus grands constructeurs se sont lancés dans la course aux voitures et camions autonomes, il est donc logique de voir le phénomène s’étendre à d’autres moyens de transport, et les bateaux autonomes seront là bien plus vite que vous ne le croyez.

Crédit Photo : AFP
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Il faut le savoir, environ 90% du transport de marchandises mondial passe par la mer. En 2014, 10 milliards de tonnes de marchandises ont été transportées. Par comparaison, le fret aérien représente à peine 2 millions de tonnes.

Sur les millions de bateaux qui parcourent le globe, on dénombre malheureusement quelques grosses catastrophes : l’échouement du pétrolier Exxon Valdez en 1989, qui déversa les 40.000 tonnes de pétrole qui transportait au large de l’Alaska ou le naufrage du Joola, surnommer le Titanic sénégalais, qui couta la vie à près de 2000 hommes.

Ces catastrophes, pour n’en citer que deux, ont souvent un point commun : l’erreur humaine. Aujourd’hui, les technologies sont mûres, et selon l’ingénieur de la marine Michael Johnson, « Des bateaux qui valent et transportent des millions de dollars de marchandises ne devraient pas pouvoir être conduit manuellement dans les rochers. Nous avons la technologie pour contrôler ces bateaux ».

L’ingénieur s’est demandé ce qu’il pouvait faire pour éviter les catastrophes, il a alors créé Sea Machines, une start-up spécialisée dans le système connecté d’assistance de conduite pour navires de ravitaillement. Sea Machine commercialisera son système de navigation autonome cet été.

Toujours selon Michael Johnson, la révolution autonome va arriver beaucoup plus rapidement que pour le secteur automobile, où l’on ne verra pas de voitures autonomes –hors phases de test- pendant au moins plusieurs dizaines d’années. Les bateaux autonomes, eux, seront commercialisés avant 2020.

Les avancées dans le domaine de l’automatisation maritime sont impressionnantes, car, premièrement, les bénéfices s’avèrent colossaux, et deuxièmement, car un système de conduite sur mer est nettement plus simple à mettre en place qu’un système sur route.

Au niveau des bénéfices que l’automatisation des bateaux pourrait rapporter, l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique indique que la valeur totale des marchandises passées par les ports américains en 2016 s’élevait à 1.5 trillion de dollars.

Des firmes comme Rolls Royce et de nombreuses start-up se sont lancées dans la course à l’automatisation de navires ces cinq dernières années. L’Organisation maritime internationale (OMI), qui définit les standards pour les eaux internationales, s’est déjà montrée intéressée par les débouchés et a lancé une étude pour connaître l’impact des bateaux autonomes.

Enfin, ajoutons un point positif au système d’autopilote : la qualité des manœuvres progressera-les plus gros navires mettent plusieurs kilomètres pour corriger une direction-, augmentant ainsi le rendement.