Enorme surprise au moment de sa sortie sur PS4, Hellblade Senua’s Sacrifice débarque près d’un an plus tard sur la console de Microsoft dans une édition intégrale qui tire parfaitement parti des capacités de la Xbox One X…

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Très grosse surprise l’an dernier, Hellblade : Senua’s Sacrifice était à la fois une claque graphique qui montrait tout le potentiel de la PS4 Pro et un incroyable jeu indé, qui mélangeait brillamment les genres tout en faisant découvrir la mythologie nordique aux joueurs.

Alors qu’on pensait le titre exclusif à la PS4 (et au PC), Ninja Theory a finalement annoncé en début d’année sa sortie sur Xbox One. Une bonne surprise pour les gamers qui n’avaient pas eu la chance de mettre les mains sur cet excellent jeu d’aventure…

Car oui, si le gameplay de Hellblade ne séduira pas tous les joueurs et son format narratif le destine à une certaine élite, il s’agit sans aucun doute de l’un des meilleurs titres indés que nous ayons pu approcher ces dernières années.

Tout d’abord, parce qu’il se destine à un public mature, avec ses séquences parfois très dures à avaler, psychologiquement, sa violence extrême et la poésie de ses dialogues. Difficile toutefois de plonger d’entrée dans son scénario, à la fois si simple et si complexe. Si simple parce qu’au final il ne décrit que le voyage d’une jeune femme dans le monde d’Hellheim, l’enfer viking, à la recherche de la déesse de la mort, dans une quête qui servira à sauver uniquement son cher et tendre, massacré par les vikings. Complexe car le jeu est davantage une allégorie qu’une histoire – l’aventure prend en grande partie place dans la tête de la jeune Senua, qui a souffert des affres de la guerre et souffre indirectement d’un dédoublement de la personnalité. Symbolique, le voyage initiatique de la jeune Senua n’en reste pas moins plaisant et singulièrement différent de ce qu’on a l’habitude de voir dans les jeux à l’heure actuelle…

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Difficile d’ailleurs également de définir Hellblade, un jeu qui mélange différents genres de façon brillante. Certes, le début de l’aventure frustrera plus d’un joueur. Les deux premières heures de jeu sont mal rythmées, l’intérêt est difficile à saisir et on a étrangement la sensation de se retrouver dans un puzzle-game, mais cette première impression disparaîtra aussitôt les portes d’Hellheim franchies. Le jeu prend alors une toute allure, mêlant brillamment exploration dans des décors absolument superbes, combats très techniques en arène, affrontements de boss absolument dantesques, énigmes et séquences de courses-poursuites.

La marge de progression est également très importante. Les premiers affrontements sembleront ainsi d’une facilité déconcertante. Deux coups pour frapper, un pour parer, un autre pour faire une roulade… et c’est à peu près tout. Le gameplay d’Hellblade est rudimentaire pour un hack & slash. Dans la pratique toutefois, le titre est beaucoup plus complexe que d’apparence. Le timing joue en effet un rôle majeur dans Hellblade. Lorsque le joueur affrontera 3 ou 4 ennemis à la fois, il devra veiller à suivre du regard leurs déplacements, établir une stratégie pour écarter l’un d’eux du groupe et l’affronter pour ensuite passer au suivant, et veiller constamment à éviter de lever sa garde au mauvais moment. Hellblade est un titre exigeant. D’ailleurs, les développeurs ont été vicieux au moins d’ajouter une caractéristique inédite à leur jeu. Lorsque le joueur meurt, il a le droit de recommencer la séquence de jeu, mais son bras se putréfiera progressivement. A force de mourir, le bras de Senua se transformera pour ne plus ressembler qu’à un morceau de chaire en putréfaction. Si l’intégralité du bras est putréfié, la partie s’effacera et le joueur devra tout recommencer depuis le début… En mettant les affrontements en facile et en ne fonçant pas trop tête baissée dans les combats, il restera toutefois possible de voir le bout de l’aventure même pour les joueurs qui ne sont pas habitués à ce style de jeu.

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Si les affrontements sont suffisamment nerveux pour tenir le joueur scotché à son pad, certaines séquences de jeu viennent maladroitement déséquilibrer la progression. Il s’agit en l’occurrence de ces séquences où le joueur devra rechercher des “runes” dans le décor – concrètement, il s’agira de rechercher des formes en superposant plusieurs éléments du décor depuis plusieurs angles de vues, dans des environnements de taille relativement modeste. Des séquences de jeu qui viennent fortement ralentir la progression et ne présentent pratiquement aucun intérêt si ce n’est de rallonger artificiellement la durée de vie du jeu. Hors, au début de l’aventure, elles représenteront à elles seules environ 70% du gameplay avec l’exploration…

La bonne nouvelle, c’est que dès le cap des 2 heures de jeu passé, les choses s’accélèrent, les combats s’intensifient et surtout les affrontements avec les boss sont de plus en plus costauds. Dantesques, les affrontements contre les boss représentent des passages particulièrement spectaculaires et jouissifs qui justifient presqu’à eux seuls l’achat d’Hellblade.

Costaud, le jeu propose une durée de vie de 8 à 12 heures, selon la difficulté choisie et votre capacité à progresser rapidement.

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Poignant, le récit en laissera plus d’un admiratif. Les autres, insensibles aux charmes de l’histoire, se tourneront vers les affrontements nerveux du jeu, qui promettent des heures de plaisir intense. Alors certes, on pourra reprocher à Hellblade ses énigmes répétitives, son rythme haché et le fait que les affrontements se déroulent uniquement en arène. Mais globalement, pour un titre vendu seulement 30€, Hellblade est un jeu d’une rare qualité, qui parvient à proposer une expérience de jeu radicalement différente tout en nous faisant découvrir la mythologie nordique d’une façon ludique.

Visuellement, le jeu de Ninja Theory est également une claque, que ce soit sur PC, PS4 ou Xbox. Il sera toutefois préférable d’y jouer sur Xbox One X ou PS4 Pro pour se rendre compte de tout le talent des développeurs, qui poussent les deux bécanes dans leurs derniers retranchements. Les décors sont d’une beauté et d’une profondeur à couper le souffle, l’animation exceptionnelle, les effets visuels splendides et le niveau de détails proprement ahurissant. Sur le plan sonore, Hellblade réalise également un sans faute et flirte littéralement avec la perfection avec des bruitages d’un réalisme surprenant, une spatialisation du son, des morceaux qui nous plongent dans la noirceur du jeu et des voix d’une qualité exceptionnelle.

Les + :

– Un prix doux (30€)
– Une bonne durée de vie (environ 10h)
– Des graphismes à couper le souffle
– La direction artistique
– Les combats de boss
– La beauté des décors
– La bande sonore
– La narration
– La permadeath
– L’ambiance noire

Les – :

– Les énigmes, redondantes et agaçantes
– Un rythme haché
– Les 2 premières heures de jeu
– Des combats en arène uniquement

Conclusion

Un an après la PS4 et le PC, c’est au tour de la Xbox d’accueillir l’excellente Hellblade : Senua’s Sacrifice, un jeu d’aventure d’une noirceur rare, qui fera découvrir aux joueurs la mythologie nordique à travers les yeux de la jeune Senua. Riche scénaristiquement, le jeu de Ninja Theory mêle brillamment les genres et parvient à plonger le joueur dans un univers particulièrement sombre. Toutes les séquences de jeu ne se valent toutefois pas. Si les affrontements, combats de boss et séquences d’exploration séduisent, les énigmes représentent incontestablement le plus gros défaut du jeu, et hachent la progression dans l’aventure. Véritable claque graphique, Hellblade a en outre le mérite d’être proposé à un prix très compétitif. Passer à côté d’une telle merveille sans se retourner serait dès lors une très grossière erreur…

16/20