6 choses à retenir de l’intervention de Mark Zuckerberg devant le Congrès

Par posté le 11 avril 2018

Le CEO de Facebook apparaissait hier devant le Congrès américain, où il a passé cinq heures à répondre –ou éviter de répondre- aux questions concernant l’utilisation des données personnelles par le réseau social. En voici un résumé.

Crédit photo : AFP

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Des excuses attendues

On le savait, Mark Zuckerberg a commencé par présenter ses excuses personnelles au Congrès. « C’était mon erreur, je suis désolé » en faisant référence aux détournements d’informations personnelles. Il ajoute avoir mis beaucoup trop de temps pour identifier les ingérences étrangères via le réseau pendant la campagne électorale. Le sénateur Richard Blumenthal avait d’ailleurs fait imprimer un panneau affichant les excuses à répétitions du patron de Facebook.

Une liste des excuses publiques de Mark Zuckerberg.

Une liste des excuses publiques de Mark Zuckerberg.

Le monopole de Facebook

Quand on lui a demandé si une alternative à Facebook existait dans le secteur privé, Mark Zuckerberg n’a pas su répondre. Une question posée pour sous-entendre la position de monopole du réseau social. Le jeune dirigeant a ensuite répondu ne pas avoir l’impression que Facebook détient le monopole, mais sans pouvoir nommer un concurrent direct. Il a toutefois laissé entendre qu’il n’était pas opposé à une réglementation des grands groupes internet demandés par de nombreux élus lors de l’audition.

L’arroseur arrosé ?

« Seriez-vous à l’aise à l’idée de partager avec nous le nom de l’hôtel dans lequel vous avez dormi la nuit dernière ? », a demandé un sénateur. Mark Zuckerberg, un peu surpris par la question, a répondu par la négative : « Non, je ne choisirais sans doute pas de partager cela avec vous ». Cette réponse a fait énormément parler dans les médias, mais il ne faut pas oublier que rien n’oblige les utilisateurs à publier tous les détails de leur vie privée sur le réseau social.

Facebook collabore avec les autorités

Autre point important abordé par les sénateurs : l’interférence russe dans la campagne présidentielle de 2016, qui d’après les services de renseignements américains aurait favorisé l’élection de Donald Trump. Le réseau social aux deux milliards d’utilisateurs est accusé d’avoir servi – au même titre que Google et Twitter – d’outil de manipulation et de propagande. Mark Zuckerberg a assuré que Facebook travaille avec le procureur spécial Robert Mueller, responsable de l’enquête du Russiagate.

Une version de Facebook payante ?

Voilà une déclaration qui a fait aussi beaucoup parler : « Il y aura toujours une version de Facebook qui sera gratuite ». Le patron de Facebook laisse-t-il sous-entendre qu’une version payante de Facebook verra le jour ? Pour l’instant, rien n’indique concrètement que le réseau se dirige vers un changement de modèle économique, même si l’idée est lancée. « C’est gratuit (et ça le restera toujours) », indique par ailleurs la page d’accueil du réseau.

Facebook est responsable du contenu disponible sur la plateforme

C’est une déclaration étonnante puisqu’elle va à l’encontre de la pensée habituelle des compagnies internet, qui se déclarent souvent comme des « plateformes neutres », dont les contenus reposent sur la responsabilité des utilisateurs. Mark Zuckerberg a déclaré voir Facebook comme un média à part entière, et reconnaît donc la responsabilité de Facebook dans le contenu publié.

Cette affirmation lancera le sénateur républicain Ted Cruz, qui demande alors comment Facebook garantira la liberté d’expression si une forme de modération est appliquée. « Je comprends cette inquiétude(…), mais je m’efforcerai à ce qu’il n’y ait aucun parti-pris dans notre activité », a répondu Mark Zuckerberg. Ces déclarations mettent Facebook dans une situation délicate : d’un côté, appliquer une forme de modération – au risque de se faire accuser de censeurs- et de l’autre, défendre une liberté d’expression chère à internet – au risque de laisser passer des contenus immoraux.

Que l’intervention du PDG soit vue comme un succès ou pas, le cours de l’action Facebook est remonté de 4.50%. Mark Zuckerberg se présente aujourd’hui devant le comité de l’Énergie et du Commerce pour une seconde audition.

Pigiste chez Geeko et Belgium-iPhone.

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