La semaine dernière, la Commission européenne a annoncé qu’après le Brexit, l’ensemble des citoyens et des entreprises britanniques n’auraient plus le droit d’utiliser un nom de domaine en “.eu”.

Crédit photo : AFP
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La Commission a commenté cette décision à travers une lettre adressée aux parties prenantes : “À compter de la date du retrait, les entreprises et organisations établies au Royaume-Uni, mais pas dans l’UE, ainsi que les personnes physiques y résidant ne seront plus habilitées à enregistrer (ou renouveler) les noms de domaine .eu”.

Un peu plus loin dans cette lettre, la Commission a suggéré que les domaines .eu existants pourraient être supprimés sans aucun droit d’appel : “À la suite du retrait du Royaume-Uni, le titulaire d’un nom de domaine ne remplit plus les critères généraux d’éligibilité… Le titulaire d’un nom de domaine en .eu aura le droit de révoquer ce nom de domaine de sa propre initiative et sans soumettre le différend à un règlement extrajudiciaire des conflits.“

Aucune entreprise ou résident britannique ne sera éligible à un enregistrement, ni même au renouvellement des contrats déjà existants concernant les noms de domaine .eu.

317 000 sites en danger

En comparaison avec le nombre de sites web enregistrés en .co.uk, le nombre de sites anglais à avoir choisi un nom de domaine européen est très faible. D’après Nominet, l’agence qui gère les domaines .uk et qui avait mis au point en 2016 une carte recensant les différents noms de domaine, plus de 10 millions de sites utilisent l’extension .uk. Cette mesure prise par la Commission européenne touchera tout de même 317 000 sites, soit un dixième de l’ensemble du registre britannique. À titre d’exemple, le site Leave.eu qui avait mené une campagne pro-Brexit, devra basculer vers un nouveau nom de domaine.

D’après un rapport trimestriel de l’EURid, le consortium qui régularise le domaine TLD .eu, le Royaume-Uni est le quatrième plus gros pays de l’Union européenne à posséder des sites web en .eu. D’ailleurs, l’EURid a également publié un communiqué sur son site Web. L’organisation a laissé entendre qu’elle n’avait pas été consultée à ce sujet, puisque nous pouvons lire : “EURid, le gestionnaire de registre TLD .eu, a reçu hier après-midi le lien vers la communication de la Commission européenne concernant le Brexit et le TLD .eu.”

The Registrer, le magazine en ligne britannique, attire l’attention sur la nature incontestable de cette décision et sur le fait qu’il n’y a pas une période post-Brexit pour que les propriétaires de domaines .eu puissent transférer leurs sites. C’est, en effet, inhabituel, car, historiquement, les changements ont toujours été gérés de manière plutôt lente.

Beaucoup d’éléments qui laissent suggérer aux citoyens britanniques que cette décision est personnelle de la part de l’UE.

La réponse de l’Estonie

Bien entendu, il est toujours possible pour les citoyens Britanniques de garder un nom de domaine .eu. Pour cela, ils peuvent créer une petite entreprise dans l’un des états membres.

C’est là, justement, qu’interviendrait l’Estonie, qui, grâce à son programme d’e-citoyenneté, permettrait de créer une entreprise dans le pays afin de bénéficier de certains avantages que propose l’Union Européenne sans avoir à y vivre ou y travailler.

Article rédigé par Maxim Lopez