Suite directe d’un jeu qui avait marqué les esprits lors de sa sortie en 2010 de par sa direction artistique et son univers charmant, Ni No Kuni II s’annonçait comme l’un des jeux de rôle les plus séduisants de 2018…

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Avec le premier Ni No Kuni, le studio japonais Level-5 s’était associé avec un grand nom de l’animation, à savoir le studio Ghibli à qui on doit notamment le film d’animation Mon voisin Totoro. Sorti en 2010 au Japon – sur Nintendo DS – et arrivé seulement en 2013 en Europe – sur Playstation 3 –, Ni No Kuni s’était avéré être une franche réussite. Si la collaboration n’est plus d’actualité pour ce second volet, la direction artistique semble avoir gardé son influence.

On notera que les aventures du second volet se déroulent plusieurs centaines d’années après les événements du premier. Il n’est donc pas nécessaire de connaitre l’histoire de Ni No Kuni premier du nom pour se lancer dans sa suite, L’Avènement du nouveau Royaume.

Souris, rats et aventures

Comme pour le premier titre, l’aventure prend place – le temps d’une brève introduction – dans le monde réel. En voiture avec le Président Roland, le joueur est projeté malgré lui dans l’univers particulier des Mistigris et Ratrocrates, deux espèces humanoïdes, mais qui se rapprochent plus des souris pour les premiers et des rats pour les seconds. Légèrement troublé et étonnement rajeuni, Roland va rapidement prendre la défense du jeune roi souri, Evan, en proie à un coup d’état de la part des Ratrocates. Après une extraction plus ou moins difficile du château royal, Roland et Evan vont s’associer pour une aventure rocambolesque afin de réunir tous les peuples du monde et reprendre le pouvoir aux Rats.

Ni No Kuni II est une belle histoire pleine de rebondissements. Plus qu’une simple reconquête du pouvoir, il s’agit également d’une aventure « humaine » puisque le jeu abordera des thèmes aussi variés que la politique, le social, l’économie et la défense. Le tout cadré par une sorte de quête initiatique dans laquelle Roland se montrera un véritable maître pour l’apprenti dirigeant Evan.

Un royaume, tu construiras

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Sous son aspect de RPG, Ni No Kuni II intègre de belles surprises en terme de gameplay. En effet, il ne sera pas seulement question d’exploration et de combats ici, mais aussi de construction. En tant que souverain apprenti, le joueur devra mettre sur pied un nouveau Royaume pour Evan. Entendez par là qu’il faudra s’occuper autant des bâtiments que des sujets qui disposent chacun de leurs propres compétences.

Comme dans Age of Empires, il faudra donc gérer ses ressources financières et matérielles pour mettre au point un royaume digne de ce nom. Au-delà des infrastructures, le joueur pourra ouvrir des marchés, planter des potagers, jardins et autres pour ne jamais tomber à court de matières premières.

Amusant au premier abord, ce système de gestion n’est pourtant pas un simple ajout pour passer le temps, puisqu’il s’agit véritablement d’un point crucial du jeu. Les sujets peuvent acquérir de l’expérience dans leur domaine et augmenter de niveau, voire apprendre de nouvelles compétences. Au fur et à mesure que le royaume prend place et forme, l’impact sur le reste de l’histoire se fera véritablement sentir.

Un grand pouvoir amène de grandes responsabilités

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Qui dit coup d’état, dit forcément ennemis. En tentant de reconstruire son royaume, Evan devra mettre tout en œuvre pour le protéger. C’est à ce niveau que se place le second aspect du gameplay du titre ; le mode Bataille. Accompagné par quatre groupes de soldats, l’apprenti roi que le joueur incarne devra mettre tout en oeuvre pour déjouer les attaques des ennemis à proximité de son royaume.

Plus qu’un mode de combat, il s’agira surtout d’un mode stratégique puisque chaque troupe de soldats correspond à une forme d’attaque. En effet, leur couleur traduit une spécialisation qu’il faudra guider grâce à une molette pour les placer face aux adversaires. Une difficulté supplémentaire s’ajoute avec un principe de touchera/touchera pas l’ennemi. Ajoutez à cela deux jauges, l’une pour la puissance, l’autre pour la rapidité des mouvements et attaques et vous comprendrez que le gameplay du titre est plus complexe qu’il n’y paraît.

Les bases du RPG, tu garderas

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Deux systèmes de jeu qui s’emboitent parfaitement dans le fondement principal du mode RPG de Ni No Kuni II. En dehors de l’aspect construction et défense, le titre reste un jeu de rôle de qualité. Le joueur devra ainsi partir explorer les terres et découvrir de nouvelles cités, terrasser ses ennemis en duel et récolter divers objets. L’exploration de nouvelles cités permet de réaliser des quêtes pour recruter de nouveaux sujets et mercenaires.

C’est d’ailleurs dans ce mode que l’on pourra se confronter à des monstres beaucoup plus impressionnants que lors des phases Batailles. Énormes, immenses, agressifs et hauts en couleur, les ennemis titanesques valent le détour pour des affrontements épiques. Si la tâche s’annonce trop compliquée, pas d’inquiétude puisque des familiers peuvent apparaître sur l’arène, sorte de souris “Moussquetaires”, pour vous aider à terrasser les méchants gros monstres.

Des étoiles dans les yeux et les oreilles

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Malgré l’absence du studio Ghibli, Ni No Kuni II prend forme dans des décors d’une très grande beauté, tel un véritable film d’animation. On ressent forcément l’influence du grand Hayao Miyazaki, présent sur le premier volet. Et c’est du plus bel effet, les décors et les personnages sont variés et traduisent un très bon travail artistique. En découvrant de nouvelles cités, on peut voir que chacune d’entre elles possèdent leur propre identité. Une identité qui prend forme dans l’esthétique des bâtiments, des rues et de l’ambiance qui en ressort.

On pourrait regretter que le jeu ne soit pas disponible en langue française – sous-titré en français -, mais le plus gros point faible se trouve plutôt dans le manque de réaction des personnages lorsqu’ils parlent. On ne peut pas vraiment dire qu’ils parlent justement, puisqu’ils manquent souvent de réactivité et d’émotions, c’est dommage. Point faible contrebalancé par les musiques du fameux Joe Hisaishi qui dynamisent parfaitement l’aventure.

Les + :

– La direction artistique
– Les musiques de Joe Hisaishi
– La diversité des modes de jeu
– Le mode construction du Royaume
– Les combats
– L’univers (paysages et personnages) est rafraîchissant

Les – :

– La résolution des quêtes est parfois un peu poil répétitive
– On regrette l’inutilité de certains décors

Conclusion

Difficile d’égaler le premier titre où la direction artistique avait été assurée par le studio Ghibli et, pourtant, Ni No Kuni II relève le défi. Bien qu’un poil moins beau que le premier, le titre se renouvelle par sa richesse de gameplay. Bien plus qu’un simple jeu de rôle, le jeu de Level-5 mélange plusieurs styles de jeu en alternant phases de combat, d’exploration et de gestion. Plus riche qu’il n’y paraît, le titre séduit surtout de par son univers enchanteur, sa bande sonore exceptionnelle et ses décors colorés. Sans forcément briller, Ni No Kuni 2 est une suite maîtrisée, qui mérite le détour que vous ayez terminé ou non le premier volet.

16/20