Test – Where the Water Tastes Like Wine : le jeu qui vagabonde

Par posté le 19 mars 2018

Véritable OVNI sorti à la fin du mois de février sur PC, Where the Water Tastes Like Wine plonge le joueur dans le folklore et l’univers du vagabondage à l’américaine pour revisiter à sa sauce le jeu narratif. Une expérience aussi épurée qu’unique en son genre.

Where the Water tastes Like Wine

Issu du studio indépendant Dim Bulb Games, Where the Water Tastes Like Wine propose un road trip (à pied) au cœur d’une Amérique remplie de marginaux, touristes déboussolés et autres vagabonds. Après une partie de poker perdue face à un loup démoniaque, le joueur incarne un squelette géant qui explore le moindre recoin de la carte des États-Unis dans le but d’y récolter un maximum d’histoires, contes et autres légendes tour à tour tendres, effrayantes, palpitantes ou drôles. Des histoires qu’il sera à son tour possible de raconter à différents personnages (16 en tout) lors d’une conversation nocturne autour d’un feu.

Where the Water tastes Like Wine(1)

Le jeu se déroule ainsi en deux grandes phases : l’une où l’on foule, état par état, une carte modélisée en 3D des États-Unis afin de dénicher la moindre histoire qui s’y cache, et l’autre où l’on choisit de raconter ces histoires à différents protagonistes en fonction d’une thématique précise. Si le joueur choisi de raconter la bonne histoire, l’intérêt (symbolisé par un œil qui s’ouvre petit à petit en haut de l’écran) de votre interlocuteur s’éveille et, au terme de la nuit, ce denier pourra vous confier un récit plus important. Dans la première phase, le ton des histoires peut parfois être orienté par le biais d’un choix de réponse, et, une fois apprises, elles peuvent aussi être enjolivées ou détournées au fil de vos rencontres.

Quelques autres mécaniques interviennent dans le gameplay (comme la possibilité de faire du stop, prendre un train ou devoir gérer son argent ou la faim), mais cela n’a finalement que peu d’intérêt et ressemble plus à des ajouts pour tenter de diversifier l’ensemble que de véritables mécaniques bien pensées. Le but du jeu est littéralement de nous raconter des histoires, à la manière d’un livre illustré.

Where the Water tastes Like Wine(2)

 

Très épuré d’un point de vue visuel, le jeu propose d’ailleurs peu d’animations, et ce sont des vignettes fixes qui illustrent les récits. Le style graphique adopté est assez sombre, dans des tons gris, bruns et verts, et les dessins affichent un trait noir très marqué qui appuie le style si particulier du titre. Les phases d’exploration sont par contre beaucoup moins séduisantes, avec une carte très basique et une sorte de papier peint baveux en guise d’horizon. Ajoutez à cela la cadence franchement lente du personnage dans ses déplacements et de nombreuses saccades, et vous obtenez une progression assez moche et ennuyante sur celle-ci. L’ergonomie est de son côté elle aussi assez pénible, avec une interface manquant cruellement de clarté.

Heureusement, la plupart des histoires sont très bien écrites et seules quelques-unes d’entre elles s’avèrent inintéressantes. Le jeu mise tout sur sa qualité d’écriture et sur son atmosphère, qui est rehaussée par une excellente bande-son, même si cette dernière peut s’avérer redondante à la longue. Il est d’ailleurs amusant de retrouver le chanteur Sting au casting vocal, l’ancien leader du groupe The Police doublant la voix du loup que vous rencontrez au tout début de l’aventure, dont on est finalement plus spectateur qu’acteur, le jeu se laissant plus lire et regarder que véritablement jouer. Certains apprécieront, d’autres rejetteront purement et simplement la proposition qui est à ce point épurée à presque tous les niveaux (sauf en ce qui concerne l’écriture des histoires, donc) que l’on aurait tendance à préférer se plonger dans un bon vieux livre fait de papier et d’encre.

Les + :

- Une belle qualité d’écriture
- Très bonne bande-son

Les - :

- Un gameplay trop simpliste
- Une exploration de la carte assez pénible
- Très redondant à la longue
- Des soucis d’optimisation et d’ergonomie
- Quelques histoires inintéressantes

Conclusion

Where the Water Tastes Like Wine est un jeu qui se regarde et se lit plutôt qu’il ne se joue. Épuré tant au niveau du gameplay que de son esthétique, ce titre indépendant propose une expérience purement narrative, ou presque, dans laquelle il faut pouvoir s’immerger. Un jeu totalement à part dans le paysage vidéoludique actuel, bourré de petits défauts, mais qui mérite que l’on y jette un petit coup d’œil. On vous conseillera toutefois d’attendre de futures soldes pour vous y essayer, le prix de base étant un peu élevé (une vingtaine d’euros) pour ce type de produit bancal qui manque de finition.



10/20


Rédacteur sur les plateformes Geeko et Belgium-iPhone, je suis un cinéphile acharné ainsi qu’un authentique gamer, amateur de technologies. Trois noms incontournables qui ont forgé ma geekitude grâce à leur génie: John Carpenter, Shigeru Miyamoto et Steve Jobs.
Twitter : @SamuelTub

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