On en entend de plus en plus parler et l’évolution technologique penche en ce sens : la conduite totalement autonome se rapproche de nous à pas de géant. Nous n’y sommes pas encore et il reste du chemin à parcourir, mais les autorités européennes ont d’ores et déjà mis en place un barème pour les degrés d’autonomie d’un véhicule.

Crédit photo : AFP.
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Niveau 0

Le niveau zéro représente l’absence d’autonomie logicielle dans un véhicule. En clair, l’électronique n’est pas intrusive et ne prend jamais la main sur la maniement de la voiture. On peut classer dans cette catégorie divers systèmes d’avertissement, tels que les radars de recul ou encore les alertes de franchissement de ligne. Quelques marques proposent par exemple des sièges qui vibrent à gauche ou à droite quand le véhicule détecte que le conducteur se déporte de façon dangereuse ou non préméditée et qu’une ligne est franchie. Mais dans tous les cas, la voiture n’agit jamais toute seule, c’est au conducteur de gérer 100 % de la conduite.

Niveau 1

Les toutes premières aides à la conduite qui entrent dans la catégorie « autonome » ne prennent en charge qu’une partie des commandes, dans une situation bien spécifique. C’est par exemple le cas de l’aide aux manœuvres, qui laisse le soin au conducteur de gérer l’accélérateur et le frein tandis que le véhicule s’occupe de tourner le volant. Le régulateur de vitesse adaptatif, qui régule la vitesse sur une plage donnée (en général entre 30 et 180 km/h) en fonction de la distance par rapport à la voiture qui précède, entre également dans les systèmes de niveau 1.

Niveau 2

Le niveau 2 représente un intermédiaire et étend quelques dispositifs de niveau 1. Les fonctions Park Assist entièrement autonomes en font partie. C’est une batterie de capteur qui détecte si une place est assez grande pour le véhicule et qui propose au conducteur de la garer toute seule. La manœuvre est entièrement automatisée, mais le conducteur doit être en mesure de reprendre la main immédiatement en cas de problème. Même en cas de défaillance technique, il est tenu pour responsable car il n’aura pas su maîtriser son véhicule.

Niveau 3

C’est actuellement le niveau le plus haut admis légalement pour un véhicule commercialisé. A ce stade d’autonomie, la voiture peut gérer toute seule quelques situations prédéfinies, comme par exemple la conduite sur autoroute et dans le trafic, ou elle est capable de maintenir une vitesse donnée en fonction de la voiture qui la précède, mais également de rester dans une voie. Certains véhicules vont même jusqu’à changer de voie automatiquement sur simple impulsion du clignotant, si les conditions le permettent. Le chauffeur peut alors temporairement faire autre chose quand le pilote semi-automatique est engagé, et détourner ponctuellement son regard de la route.

Les Tesla équipées de l’Autopilot sont de Niveau 3, au même titre que certaines Volvo, Audi, BMW, Mercedes… La plupart requièrent toutefois que les mains soient sur le volant 90 % du temps afin de s’assurer que le conducteur reste vigilant. La loi est encore ambigüe sur la question de la responsabilité en cas d’accident alors qu’un pilote semi-automatique est engagé. Tout reste à faire étant donné que la technologie n’est pas encore franchement démocratisée.

Niveau 4

Par rapport au degré précédent, le niveau 4 augmente considérablement la responsabilité de la machine, qui peut conduire sans action requise de la part du conducteur sur une portion de trajet spécifique. En théorie, le niveau 4 permettra donc au conducteur de ne plus prêter attention à la route quand le pilote automatique est activé et de vaquer à toute autre occupation. De même pour le parking : le conducteur pourra enclencher la fonctionnalité, sortir de sa voiture et la laisser se garer toute seule, sans intervention de sa part. Quelques technologies de la sorte en sont déjà à un stade très avancé chez BMW.

Pour la mise en place de la conduite autonome de niveau 4, il faut toutefois que l’infrastructure réseau soit totalement adaptée et décuplée. Le véhicule a en effet besoin d’une quantité de données gigantesque pour anticiper toute éventualité et réagir en conséquence. C’est à ce stade que la 5G et ses promesses de débits entreront en jeu, de manière à fournir une technologie stable sur laquelle se reposer. Pour le moment, les experts prédisent l’arrivée des premiers véhicules de niveau 4 pour 2021.

Niveau 5

Enfin, le niveau 5 correspond à la conduite 100 % autonome en toute circonstance. En clair, le transport de personnes sans que celles-ci n’ait besoin de faire quoi que ce soit si ce n’est entrer une destination dans le GPS. Tous les grands constructeurs planchent sur des voitures totalement autonomes. Des ingénieurs de Mercedes ont par exemple parcouru des milliers de kilomètres sur divers continents à bord d’une Classe S autonome, pour le programme Intelligent World Drive. Les voitures sans conducteurs sont donc en pratique déjà sur nos routes, mais ne seront pas disponibles en série tout de suite. De même, la loi devra évoluer rapidement et se montrer claire pour accueillir les voitures autonomes, sous peine de créer des situations grises où l’on ne saura pas qui sera responsable, du constructeur ou des passagers.