Développé par un petit studio de développement tchèque, Kingdom Come Deliverance était attendu par toute une communauté comme le nouveau messie. Ambitieux, le projet promettait une expérience unique, dans un univers médiéval d’un réalisme glaçant.

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Financé par le biais d’une campagne de crowdfunding, Kingdom Come Deliverance était un projet particulièrement ambitieux pour le petit studio indépendant Warhorse Studios, qui signe avec ce titre sa première production. Composé de vétérans de l’industrie, qui avaient notamment planché sur Arma 2, Mafia 2 et Operation Flashpoint, le studio s’est lancé dans le développement d’un titre qui nage à contre-courant de la tendance actuelle, en optant pour un univers médiéval réaliste. Pas de dragons donc ni de trolls dans cette aventure épique qui propose ni plus ni moins que de (re)découvrir une partie de l’Histoire de la Bohème, une région d’Europe culturellement très riche et qui a été le théâtre d’affrontements majeurs durant le Moyen-Age…

L’aventure débute en 1403, en plein cœur de la Bohème, dans un petit village menacé par l’arrivée de Sigismund et de son armée, le puissant roi hongrois, qui menace d’annexion la région toute entière. Dans la peau d’un jeune homme, fils de forgeron, le joueur découvrira progressivement les us et coutumes locaux avant de se plonger dans une guerre fratricide.

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D’apparence très proche d’un Skyrim, Kingdom Come opte pour une narration très riche, à grands renforts de dialogues et d’interactions avec les PNJ. Riche, le récit a surtout le mérite d’être très immersif en plongeant le joueur dans la peau d’un jeune homme qui a tout à apprendre du monde qui l’entoure. En faisant démarrer le joueur tout en bas de l’échelle sociale, les développeurs ont fait le choix d’une progression lente, qui épouse parfaitement le type de jeu dont il est question ici. Ne vous attendez donc pas à massacrer des hordes d’adversaires dès la première demi-heure de jeu car le rythme de Kingdom Come : Deliverance est beaucoup plus lent que celui de Skyrim. La bonne nouvelle, c’est qu’en dépit de sa lenteur relative, le jeu de Warhorse Studios est un véritable régal à parcourir grâce à sa mise en scène soignée, ses superbes cinématiques et sa bande son très immersive – avec notamment un doublage français intégral.

Sa localisation – l’aventure se déroule, rappelons-le, essentiellement dans l’actuelle République Tchèque – lui donne également un style bien particulier. Car il faut l’avouer, l’histoire, la topographie et l’architecture de cette région sont méconnues. Les décors splendides de la Bohème devront donc séduire rapidement les joueurs. Bien sûr, ils offrent moins de diversité que les environnements d’un Skyrim, mais il s’agit en soi d’une conséquence logique du choix rationnel des développeurs d’opter pour un univers réaliste.

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La seconde grande qualité de Kingdom Come est de permettre au joueur de subir les choix de ses décisions, et d’être véritablement le maître de son destin. Dès les premières minutes de jeu, le joueur remarquera ainsi que chaque dialogue, choix, influencera ses statistiques, renforçant son habilité au combat au corps à corps, sa dextérité ou sa capacité à mentir. Pas très accessibles, les menus du jeu regorgent d’informations qui permettront au joueur de mieux saisir la richesse du jeu. On notera toutefois que les décisions du joueur n’impacteront pas beaucoup la trame principale du jeu, réalisme historique oblige.

Réaliste dans les moindres détails, Kingdom Come Deliverance perd en fun par rapport aux autres jeux de rôle. Par exemple, les vêtements que vous portez impacteront lourdement vos déplacements. Il faudra dès lors régulièrement changer de tunique pour rester efficace dans l’action en optant pour une armure durant les combats, et pour une simple tunique durant les séquences d’exploration & infiltration. Il faudra par ailleurs également penser à se nourrir, à se reposer et à se laver… pour éviter de souffrir d’importants malus.

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Les affrontements nécessiteront également beaucoup de concentration. Pas question ici de se lancer d’un ennemi à l’autre en surfant agilement entre les flèches. Le joueur devra concentrer son attention sur un adversaire, parer les coups et porter le coup fatidique au bon moment. Les premières heures de jeu seront frustrantes à plus d’un titre, mais à condition d’accrocher au principe – et à la lenteur des combats-, Kingdom Come : Deliverance offre une grande richesse de jeu, et une certaine technicité. Notre seul regret concerne les affrontements massifs, souvent confus en raison d’un système de ciblage automatique pas très efficace.

La bonne nouvelle, c’est qu’il est la plupart du temps possible d’opter pour la méthode de son choix pour progresser dans l’aventure, en choisissant la voix rapide (et sanglante) ou la voix plus lente – impliquant dialogues ou infiltration. Les dialogues permettront au joueur d’orienter la discussion, selon ses désirs, vers un affrontement, la manipulation, la complicité ou le charme. On regrettera toutefois là encore que l’intelligence artificielle ne soit pas franchement extraordinaire, tant dans ses choix que ses réactions sur le champ de bataille.

Pour le reste, Kingdom Come s’en sort brillamment à la plupart des étages : la progression est parfaitement maitrisée, le scénario passionnant de bout en bout et l’univers du jeu très riche. Tout au plus lui reprochera-t-on un système de sauvegarde contraignant et un système de crochetage mal-fichu – qui sera peut-être corrigé d’ailleurs par le biais d’une mise à jour.

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Long – il faudra compter entre 30 et 50 heures pour finir l’aventure -, riche en contenu, réaliste, et saisissant, Kingdom Come Deliverance souffre toutefois de quelques petits défauts de jeunesse, à commencer par un nombre impressionnant de bugs – partiellement corrigés par le déploiement d’un gros patch Day 1 – mais qui viendront toujours handicaper la progression du joueur. Il semble évident que ces défauts seront corrigés par la suite, raison pour laquelle il vaut peut être mieux patienter quelques semaines avant de craquer, le temps que les développeurs corrigent la plupart de ces bugs.

D’un point de vue graphique, le titre de Warhorse Studios est en revanche une jolie claque avec ses paysages à couper le souffle, sa végétation épaisse, ses expressions faciales convaincantes et son univers vivant. Les plus grincheux pesteront sur la qualité de détails dès que l’on se rapproche d’un objet, mais n’oublions pas qu’il s’agit ici d’un jeu en open world, vaste et riche en contenu. Si vous souhaitez y jouer sur PC, inutile de préciser qu’il vaut mieux disposer d’une jolie configuration.

Les + :

– De superbes graphismes
– Un gameplay réaliste
– Un univers riche
– Des interactions très poussées
– La bande sonore
– Un doublage français de qualité
– Une solide durée de vie

Les – :

– Des combats assez mous
– Quantité de bugs à corriger…
– Le crochetage
– Le système de sauvegardes contraignant

Conclusion

D’une richesse impressionnante, Kingdom Come Deliverance est un jeu de rôle particulièrement séduisant pour quiconque s’intéresse à l’Histoire. Beaucoup plus réaliste qu’un Skyrim, le titre de Warhorse Studios propose une véritable plongée dans l’univers médiéval, à la découverte d’une Bohème méconnue. Si le jeu souffre encore de nombreux bugs, d’un système de sauvegardes mal pensé et de mécanismes de jeu parfois contraignants, difficile de ne pas être séduit par son réalisme, la beauté de ses décors, sa bande sonore extraordinaire et son gameplay, qui poussera le joueur à explorer les différents choix à sa disposition pour arriver à ses fins. Imparfait par nature, le jeu de Warhorse Studios n’en reste pas moins un incontournable pour tous les amateurs de jeux de rôle.

16/20