Test – Gravel : un jeu de course délicieusement arcade

Par posté le 6 mars 2018

Développé par le studio Milestone – connu notamment pour son travail sur la licence WRC et la série Screamers -, Gravel redonne vie à un genre qui avait pratiquement disparu depuis des années : la course arcade.

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Fin des années 90, un nouveau genre de jeu crée l’enthousiasme chez les gamers. Sous l’impulsion de Sega et de Midway, de nombreux studios se lancent dans le développement de jeux de course “arcade” à la conduite surréaliste et aux sensations fortes. Le succès de Gran Turismo, Forza Motorsport et Project Cars prouvera toutefois au fil des années l’intérêt des consommateurs pour des titres prônant une conduite plus réaliste.

Nostalgique par nature, le dernier projet du studio italien Milestone redonne vie à un genre dont on pensait avoir fait le deuil depuis longtemps. Car si l’arcade n’est pas totalement morte, les derniers jeux de course plus accessibles comme Forza Horizon ou Need for Speed sont toutefois par nature très différents des jeux de course arcade old school qui avaient vu le jour sur Nintendo 64, PS One, PS2 et Xbox et qui prônaient une conduite par essence totalement surréaliste.

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Se rapprochant davantage d’un Dirt que d’un Gran Turismo ou d’un Forza Motorsport au niveau de son approche du genre, Gravel nous propose de prendre part à des courses offroad dans des environnements poussiéreux qui vont du stade de Los Angeles au désert namibien en passant par le col du Mont Blanc. Contrairement à Dirt toutefois, Gravel met davantage l’accent sur la vitesse, le sensationnalisme et le fun que sur le réalisme ou les sensations de conduite. Totalement surréaliste, la conduite ne nécessite ici pratiquement aucun skill. On notera d’ailleurs qu’il est assez rare de freiner si ce n’est pour prendre un virage à 90 degrés.

Très fun à parcourir, le jeu de Milestone souffre toutefois de nombreux défauts, à commencer par une physique totalement surréaliste qui poussera le joueur à user et abuser de la fonction “rembobiner”, qui permet de revenir dans le temps de quelques secondes pour éviter un crash. Il n’est pas rare d’envoyer l’un des rivaux valdinguer dans les airs ou de voir son propre véhicule faire un saut prodigieux dans une direction totalement aléatoire. De vilains bugs qu’on aurait aimé ne pas croiser dans une version définitive du jeu, mais qui auront toutefois l’atout de beaucoup amuser la galerie.

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Si les tracés sont plutôt variés, on regrettera le manque d’ambition des développeurs, qui semblent s’être contentés de respecter leur cahier des charges sans véritablement surprendre les gamers. La plupart des tracés sont des copiés-collés de ce qu’on trouve dans d’autres titres et on aurait aimé davantage de spéciales dans des environnements sortant des sentiers battus, comme la Namibie ou l’Alaska. Car c’est bien cet aspect totalement décomplexé qui donne à Gravel son sex-appeal. Les tracés des quelques spéciales rencontrées dans le mode carrière du jeu donne au titre un cachet très particulier et représentent à eux seuls une bonne raison d’investir dans ce jeu.

Autre gros atout du titre de Milestone : son très joli catalogue de véhicules, qui comprend une bonne quarantaine de bolides authentiques, et pour la plupart légendaires. Délirant en multijoueur, le titre de Milestone souffre d’un manque d’ambition au niveau de son mode solo, qui se résume à une succession de courses. Pas de vrai mode carrière donc ni de scénario gonflé à gros renfort de cinématiques. Et c’est finalement ce que l’on reprochera le plus à cette petite production. Amusant, et même agréable à parcourir, Gravel manque cruellement de profondeur, de finition et trahit un réel manque d’ambition des développeurs.

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On notera d’ailleurs que visuellement, le jeu est très loin de faire honneur aux supports sur lesquels il tourne. Les décors manquent cruellement de détails, les environnements sont fades et même si Milestone a tenté de rendre un peu plus vivants les décors en ajoutant des hélicoptères qui survolent le tracé, des baleines qui sautent dans l’océan et un blizzard qui réduit la visibilité, difficile d’être impressionné par les visuels du soft, qui restent très en deçà de ce qu’on trouve à l’heure actuelle chez la concurrence.

Pour autant, Gravel est loin d’être un mauvais jeu. Divertissant, fun et accrocheur, le titre de Milestone tire son épingle du jeu de par son côté totalement délirant et sa prise en main accessible. Pas le titre de l’année mais plutôt une bonne surprise.

Les + :

- Fun et accessible
- Des décors plutôt variés
- Un garage bien fourni
- Une solide durée de vie

Les – :

- Visuellement raté
- De gros bugs de collision
- Un réel manque d’ambition
- Des tracés sans inspiration

Conclusion

S’il s’agit plutôt d’une bonne surprise, Gravel n’en reste pas moins un jeu de course arcade qui manque cruellement d’ambition, tant sur le plan technique qu’au niveau de sa réalisation globale. Rempli de bugs, le titre de Milestone souffre également d’un cruel manque d’inspiration au niveau de ses tracés et de son mode carrière. Il compense ces quelques défauts par un gameplay fun et efficace, une solide durée de vie et des décors relativement variés. Certainement pas le jeu de l’année mais un très bon défouloir quand même.



12/20


Responsable des blogs Geeko et Belgium-iPhone. Retrouvez-moi sur twitter : @etiennefroment

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